‹ Patagonie. Détroit de Magellan et canaux latérauxChapitre 30 sur 67 · BAIES BEAUFORT ET SHOLL · texte numérisé non relu

BAIES BEAUFORT ET SHOLL

lit

[chap. i".| CAP TAMAR.

diquée verbalement ont cru qu'où appelait cap Tamar la partie Ouest de l'Ile Tamar. Celle confusion est d'autant plus probable qu'en 18G2 toutes les lerres de celte région étaient mal déterminées.

Du reste, pendant ses travaux hydrographiques, le capitaine Mayne voulut étudier la question; son canot à vapeur sonda pendant une demi-journée sur l'emplacement de la roche Diamant, mais sans pouvoir la trouver. Puis le Nassau lui-même et l'aviso le Ringdove gouvernèrent, en partant du port Tamar, de manière à laisser la roche par leur travers, à toute petite distance. Le temps était très clair, et cependant les capitaines ne virent ni herbes ni remous : ils exprimèrent les plus grands doutes sur l'existence simultanée des deux roches. LeBeindur et l'Albatros*, navires de S. M. Britannique, arrivèrent aux mêmes conclusions, ainsi que le croiseur français le Seignelay, commandé par M. le capitaine de vaisseau Aube, et le vapeur français la Junon.

A ces témoignages conlre l'existence de la roche Diamant il n'est possible d'opposer que deux rapports contradictoires : le premier est celui du capitaine du Suwanee, qui dit avoir vu le danger en 1865; le second est celui du commandant de la corvette chilienne le O'Higgïns, qui prétend avoir aperçu l'écueil par basse mer d'équinoxe et en avoir passé à 50 mètres. Selon cet officier, la roche Diamant serait à 2 milles dans le S. S. E. et non dans le Sud du cap Tamar: il l'aurait aperçue sous la forme d'un plateau de 5 mètres de diamètre, découvert de 60 centimètres.

Il est probable qu'une épave a été vue par ce dernier officier et qu'il l'a prise pour un rocher, car de 1874 à 1878, indépendamment des exemples cités plus haut, tous les navires anglais passant le détroit ont recherché la roche Diamant, et pas un d'eux ne l'a trouvée. Un avis du bureau hydrographique de Londres, du 30 septembre 1878, annonce qu'à cette date l'écueil en question est supprimé sur les cartes et documents de l'Amirauté anglaise.

Quant à la roche Astrée, elle a élé trouvée par les Anglais là où nos cartes l'indiquent sur les relèvements ci-après :

Le cap Tamar, masquant l'île Ronde, au S. 87° E.;

La pointe Ouest de l'île Tamar au N. 6° E.

Pour en passer dans le Sud, il suffit de tenir l'île Ronde ouverte du cap Tamar, ou plus précisément encore, détenir ladite île Ronde entre le cap Tamar et le rocher Sentry; mais un peu plus de marge ne nuira pas. (Voir le plan N° 2972 et la carte N" 3397.)

Dans toute la partie du détroit où nous sommes en ce moment, les marées sont faibles; le flot, portant dans le S.E., est seul sensible, et encore dépasse-t-il rarement } nœud de vitesse.

Page 1