BAIES BEAUFORT ET SHOLL
LES STRAGGLERS. —
112 DÉTROIT DE MAGELLAN. [chap. i".J
EAU ET BOIS. — Une fois l'île Tamar doublée, le bâtiment voulant prendre les canaux latéraux vient sur tribord pour se diriger vers le Nord. Nous donnons, page 121, les renseignements nécessaires pour entrer dans le canal Smyth; nous voulons ici parler seulement des baies Beaufort et Sholl, qui donnent sur le détroit de Magellan luimême. La première est absolument inutile. C'est une vaste étendue d'eau ne présentant aucun mouillage et terminée par deux bras : celui de droite est le Sound du Glacier, celui de gauche l'Icy Sound. A l'Ouest du bras de mer conduisant aux deux Sounds, on remarque une véritable multitude d'ilôts et de rochers au milieu desquels il est impossible de passer. Les derniers s'appellent Stragglers (traînards); on leur donnera toujours un bon tour. Juste sur la ligne des derniers Stragglers et du cap Philippe, les cartes portent une sonde de 9 mètres signalée par des goémons, au dire de la majorité des rapports : nous disons majorité, car quelques-uns nient l'existence de ces goémons. Ajoutons que les pratiques de ces parages n'attachent aucune importance à ce banc.
Roche GoAi. — En 1879 le lieutenant chilien Goni signale une roche, qui porte son nom, à 200 mètres dans l'O. S. de la roche Freycinet. Elle est indiquée par des goémons; on y a trouvé des tètes de 9 et 13 mètres, avec sondes intermédiaires de 10 à 21 mètres. A 20 mètres dans le N. 0. le fond est de 29 mètres, et un peu plus loin, de 49 mètres.
La baie Sholl est de plus en plus vantée comme poste d'attente pour donner dans le détroit ou en sortir, que l'on vienne de l'Est ou de l'Ouest, qu'on sorte des canaux latéraux ou qu'on y entre. Le pic Sainte-Anne, qui s'élève de 457 mètres au-dessus du centre de la baie (vue N°27, l rc série), est un de ces amers excellents que les capitaines recherchent, surtout dans ce pays de temps obscurs. Le mouillage n'est pas très étendu, mais l'abri y est excellent conlre les vents dominants. Enfin on y a le grand avantage d'être sur la côte Nord du détroit, et comme le vent de N. O. joue souvent au N. N. 0., on peut saisir l'occasion et n'avoir pas plein vent debout. On trouvera le plan de la baie Sholl sur la carte N" 3143, qui donne la partie Sud du canal Smyth, et l'on y suivra facilement les indications suivantes empruntées au Pilote anglais.
(t A environ {■ de mille dans le S. E. de la pointe Henry il y a un petit îlot, appelé rocher plat, qui s'élève à 1°' 50 au-dessus de la haute mer; on ne le distingue que lorsqu'il est ouvert du cap Philippe, et comme les hauts-fonds qui prolongent ce cap sont dangereux, on aura soin de ne rallier la terre qu'après avoir vu le rocher. Dans le N. E. du rocher plat, il existe encore deux rochers qui en sont, l'un à 4 encablures et l'autre à 6 encablures; ils sont juste couverts à marée
fcuAP. f.] DU CAP PHILIPPE AUX EVANGELISTES. 118
haute et prolongés dans le Nord par des bas-fonds longs de encablures; autrement dit on devra se tenir au moins à 12 encablures ou
I mille { dans le Nord du rocher plat. Le plateau rocheux de 9 mètres (roche Freycinet) découvert par le Talisman à 1 mille dans l'Est dudit rocher (position approximative), engage aussi les grands navires à la prudence dans celte direction. Ajoutons que tous les dangers sont indiqués par des goémons.
«Un bâtiment venant du .détroit par le côté du port Tamar gouvernera pour trouver le pic Sainte-Anne. Dès qu'il l'aura vu, il le laissera d'un bon quart sur bâbord et gouvernera ainsi jusqu'à ce qu'il puisse distinguer tous les détails de la côte; alors il verra au large de la pointe Robert (pointe Nord de la baie Sholl) un groupe de petits ilôts rocheux sur lesquels il gouvernera jusqu'à en être à - mille. A ce moment, sinon plus tôt, apparaîtra certainement un ilôt plus grand appelé Moss et qui se trouve dans l'Ouest de la pointe Robert; alors on fera route pour ranger à petite distance la côte Nord de l'îlot Moss et l'on jettera l'ancre lorsque son extrémité Ouest sera à 1 encablure j dans l'Ë. N. E.jN. C'est le meilleur mouillage pour un grand bâtiment, mais un petit peut s'avancer davantage en évitant les goémons.
II y a aussi un chenal en dedans du rocher plat, mais il n'est bon que pour les voiliers ayant vent debout par l'autre passe. Par petit temps, ilserabond'affourcher; avec vent d'Ouest, il vaut mieux n'avoir qu'une seule ancre et hier une longue louée. Ainsi mouillé, le Nassau essuya sans avaries deux terribles coups de vent d'Ouest. Par coup de vent d'Est, la baie Sholl n'est pas très bonne. On lui préférera le port Churruca ou bien l'on fuira du détroit."
On se procure à la baie Sholl de l'eau, du bois, du céleri, des baies (sorte de groseilles), des moules et autres coquillages. 11 y existe un grand nombre d'oies; les unes, dites de goémons, ne sont pas mangeables, d'autres sont bonnes. En arrivant à la baie Sholl, on voit, la plupart du temps, des Euégiens venus du havre Profond, qui est leur station préférée, à 6 milles dans le Nord.
DU CAP PHILIPPE AUX EVANGELISTES. — Le cap Philippe dé|iassé, nous' trouvons sur notre droite la vaste baie Parker, dont le fond est indéterminé et tout parsemé d'îlots. Le capitaine W. Hall, du vapeur FosJ'oro, a trouvé, les iles passées, un prolongement de baie ou canal qu'il a pu remonter pendant 8 milles dans le N. E. On pense aussi qu'il existe dans la partie Ouest de la baie un bras de mer isolant de la grande terre tout le massif terminé par le cap Parker.
On remarquera sur la carte N° 3397 un mouillage situé dans l'Est du cap Parker et marqué havre Lecky. Sou analogie, comme disposition , avec la baie Sholl esl extrêmement frappante. Le capitaine Stokes
Patafronie. "
fciup. \"A
ne jugea pas ce mouillage bon, on J'assure du moins; mais le capilaine Mayne en parle autrement et regrette de ne pas l'avoir examiné. Il est encore mieux situé que la baie Sholl pour les navires sortant du détroit : il est plus au vent que cette dernière et plus près du cap Pillar. Le cap Parker est un bon amer; il fait bien saillie et est couronné par trois monticules remarquables (vue N° 24, i™ série). 11 serait utile de prendre des renseignements sur le havre Lecky auprès des pratiques du pays et d'en lever je plan si les indications sont bonnes.
Dans le N. 0. du cap Parker, nous rencontrons une nouvelle baie encore plus grande et plus indéterminée que la précédente. De nombreuses îles et îlots en barrent l'entrée : elle ne saurait être fréquentée que par des pêcheurs de phoques. La plus remarquable des îles s'appelle le Westminster Hall et est haute de 335 mètres (vue N° 24, l re série); elle est, en réalité, la plus S. E. du groupe Sir John Narborough, qui se compose de neuf grandes îles et de centaines de petites. On pense qu'il y a plusieurs mouillages dans cet archipel, mais leur accès serait si difficile qu'ils n'ont pas été étudiés. Des rochers et des brisants s'étendent au large de cette chaîne, et le mieux à faire est de les éviter. Cependant le Beagle se hasarda au milieu de ces dangers et vint mouiller par 20 mètres dans le S. E. du mont dit d'Observation, qui lui servit de station pour la triangulation. On indique aussi l'île Cupola, du même groupe, comme pouvant, par sa forme, appeler l'attention et servir pour les relèvements.
Plus loin, nous trouvons le cap King, qui nous rappelle le nom du capitaine de VAdventure, puis les îles Evangélistes , qui sont déjà bien au large et que nous ne dépasserons pas. Ce groupe comprend quatre îlots; ce nom leur a été donné par les premiers navigateurs espagnols : Narborough voulut, le changer en celui d'îles Direction, parce qu'ils forment un bon amer, surtout pour les navires arrivant du Pacifique. Ces îlots sont tout à fait rocheux et stériles; à peine sont-ils bons pour servir d'asile aux veaux marins ou pour recevoir les œufs des oiseaux du Pacifique. Cependant, en cas de nécessité, on pourrait mouiller au milieu d'eux et même y trouver un endroit pour débarquer. Avec un temps suffisamment clair, on les voit, du pont d'un navire moyen, d'une distance de 12 à 15 milles. Il serait imprudent de passer entre eux et le cap Victory. En parlant de ce cap, nous noterons que ce n'est pas celui que Magellan avait nommé Viltoria, d'après l'un de ses navires. Le cap Viltoria des Espagnols est devenu le cap King dont nous parlions tout à l'heure.
Ayant achevé au cap Victory la description de la côte Nord du détroit, nous nous reporterons au chenal Cordova pour dire quelques mots de la côte Nord de la Terre de Désolation et arriver ainsi au cap Pillar.
[chap. i".] CÔTE SUD DU SEA REACH. 115
CÔTE SUD DU SEA REACH. — Dans sa partie Sud, ce reach est borné d'un bout à l'autre par l'e'norme île que sir Jobn Narborough a si justement nommée la Terre de Désolation. Le port Churruca, vis-à-vis du port Tamar, et la baie Tuesday, à 14 milles du cap Pillar, méritent, par leurs bons mouillages, d'appeler l'attention des navigateurs.
Passé le chenal Cordova, nous avons à mentionner le petit port Upright, à peine indiqué sur la carte N° 3397 par le petit enfoncement marqué 47; la carte N° 2986 en donne un croquis suffisant pour mouiller. C'est un très petit enfoncement où des vapeurs, même de moyenne taille, peuvent s'abriter contre une bourrasque de N. 0., mais où ils n'auraient pas évitage avec des vents de la partie Sud. Pour les caboteurs, l'abri est excellent contre tous vente, sauf ceux de l'Est. Les îles si nombreuses situées au large du port servent à en indiquer l'entrée. On se guidera aussi sur une dépression fort remarquable de la montagne qui surplombe la baie et sur le cap Upright, haut de 274 mètres et très apparent. Des bancs de goémons s'étendent à bonne distance autour de ce promontoire, que l'on pense être le cap San IIdefonso de Cordova; le port Upright serait le port Santa Monica de Sarmiento, lequel diffère absolument du Santa Monica de Cordova : ce dernier serait à 10 milles 0. N. 0. du cap Upright (voir carte N° 3397). Des remous de courant gênants ont été signalés devant le cap Upright. Deux bancs de goémons gisent dans le Sud de ce promontoire; celui de l'extérieur est à un fort mille de terre, mais il y a passage entre les deux.
DU CAP UPBIGHT AU PORT CHURRUCA. — Toute cette côte a été étudiée par les officiers de Cordova, mais leurs rapports sont obscurs, et Mayne n'est pas même sûr d'avoir bien placé les noms sur leur travail rectifié. Il estime qu'il n'y a aucun parti à tirer ni de la baie Alquilqua, ni du port Uriarle, ni du port Santa Monica; au contraire, il fait grand cas du port Churruca, dont il a levé le plan (N° 2990). Le mouillage dit du Nassau est à 3 milles dans l'intérieur de la terre, fermé de toutes parts, et l'on y est en pleine sécurité, malgré la tenue médiocre qu'offre le fond. L'entrée est bien indiquée par un grand glacier, le seul de ce voisinage situé presque au-dessus du mouillage et surmonté d'un pic aigu très reconnaissable. Le navire venant de l'Ouest n'apercevra le glacier que quand l'entrée de la baie sera bien ouverte. Les îlots Diègues et Diaz serviront aussi d'amers. Laissant de côté les bras Damien et Côme, le bâtiment laissera l'île Casilda par tribord et pourra prendre soit le mouillage d'Oldheld, soit celui du Nassau : le dernier est le meilleur. On remarquera que si l'on dépassait dans l'Est l'alignement de la pointe Rosario par la pointe Dighy, on trouverait des fonds énormes. Pour une courte
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relâche, on peut se contenter du mouillage d'Oldfield. Le bras Lobo est inconnu.
Au sortir et dans l'Ouest du port Churruca, une petite anse dite Darby suffit pour abriter les caboteurs contre les vents régnants.
DU PORT CHURRUCA À LA BAIE TUESDAY. — De l'anse Darby à la pointe Félix, une terre élevée, bordée par une ceinture de goémons, offre de petites échancrurcs dont aucune n'a semblé bonne, même pour de simples caboteurs. A l'Ouest de la pointe Félix (à laquelle on recommande de donner du tour) s'étend une grande baie, large de 5 milles, où l'on ne connaît qu'un seul mouillage, celui du havre Valentine. C'est un triste endroit, où le Nassau, mouillé cependant par kl mètres, avait à peine son évitage. L'entrée est étroite et bordée de roches couvertes de goémons. Le cap Valentine est luimême environné d'herbes marines et d'écueils.
Entre Jes caps Valentine et Guevas, un nouvel enfoncement dans les terres ne mérite aucune mention. De petites échancrures situées dans la partie Ouest n'ont pas paru mériter d'être étudiées. Le plan N° 2990 donne une vue du cap Cuevas.
La baie Truxillo est très engageante comme forme. L'abri y est bon, mais malheureusement les fonds sont énormes. Néanmoins un navire moyen pourrait y jeter un pied d'ancre, sous réserve de se rendre à la baie Tuesday pour un séjour de quelque durée.
BAIE TUESDAY (plan N° 2972). — C'est un des meilleurs mouillages de la partie occidentale du détroit. Les voiliers auraient de la peine à louvoyer dans l'entrée; mais pour les vapeurs, si grands qu'ils soient, les difficultés sont nulles. Le cap Cortado (coupé), que l'on peut considérer comme formant l'extrémité Ouest de Feutrée, est un amer immanquable pour les navires longeant la côte. Pour ceux qui sont dans le milieu du détroit, une remarquable montagne en forme d'aiguille, s'élevant au-dessus du fond de la baie, remplacera la vue du cap, qui disparait un peu dans les terres.
Il est possible de passer soit dans le Nord, soit dans le Sud des Nodales, mais la passe Nord est la meilleure. Les Nodales sont hautes et se distinguent bien; le Quartier- Maître et les roches voisines se voient toujours, ne fût-ce qu'à leurs brisants. Le bâtiment entrera donc sans peine, à petite vitesse, afin de bien choisir son mouillage. Il peut, à la rigueur, jeter l'ancre dans la baie Saint-Joseph, mais les fonds y sont énormes, tandis qu'en poursuivant vers l'Ouest on sera très bien par 36 à 40 mètres, en face d'un canal conduisant à un bassin vaste, mais trop profond comme sondes. Les navires moyens, les avisos par exemple, pousseront jusqu'au mouillage de Ghristmas, où ils auront leur évitage entre deux grands bancs de goémons.
[chap. i".] DU PORT CHURIUJCA AU CAP PILLAR. 117
Les caboteurs peuvent se dispenser d'entrer dans la baie Tuesday; l'anse du même nom, qui s'ouvre entre le cap Cortado et le Quartier- Maître, est suffisante pour eux.
Dans toute cette région, et jusqu'au cap Pillar, les marées continuent à être faibles. Le courant de Ilot (au S. E.) est le seul sensible, et c'est à peine cependant s'il atteint { nœud. Nous rappelons qu'à moins d'avoir devant eux plusieurs heures de jour et un temps de bonne apparence, les navires arrivant de l'Est relâcheront à la baie Tuesday plutôt que de continuer.
DE LA BAIE TUESDAY AU CAP PILLAR. — Le havre SUj-
ring s'ouvre à 3 milles dans l'O. N. 0. du cap Cortado. On y est parfaitement abrité, mais de nombreux rochers restreignent beaucoup le mouillage et rendent fort difficiles l'entrée et la sortie. Cependant le Nassau s'y réfugia pendant un coup de vent et n'y lit point d'avaries, mais il eut beaucoup de peine à sortir; un navire plus grand se fût trouvé dans l'obligation d'attendre une période de calme. En définitive, c'est un endroit à éviter pour les bâtiments de quelque importance.
En quittant le havre Skyring, les capitaines sortant du détroit auront soin de donner un bon tour à la portion de côte qui va du havre Skyring au port Mercy. Des bancs de goémons, que l'on suppose très malsains, s'étendent jusqu'à 1 mille de la côte. Il faudra s'eu tenir à distance très prudente.
Le port Ittercy, qui se présente maintenant à nous, n'est qu'à 5 milles du cap Pillar(plan N° 3188). 11 fut très longtemps recommandé comme dernière relâche avant la sortie du détroit. C'est le port Espagnol de Wallis et le Puerto de la Misericordia de Sarmiento. Des accidents si graves y sont arrivés aux longs vapeurs dont on se sert aujourd'hui, que tous les rapports récents conseillent de préférer la baie Tuesday, quoiqu'elle soit plus loin de la sortie. Ainsi, en 1857, un trois-mâts chilien y l'ait naufrage; le vapeur de guerre Maria- Isabella, de la même nation, ertvoyé pour recueillir l'équipage, se brise luimême à l'entrée; en 1860, perle totale d'un navire chilien; en 1863* la frégate anglaise Sutlej est à deux doigts de faire côte; en 1809, le Nassau y court les plus grands dangers, et le paquebot le Santiago se brise dans le voisinage de l'entrée. Cette liste de sinistres nous parait plus que suffisante pour éloigner les capitaines de cette mauvaise relâche. Cependant, s'ils y sont poussés, ils auront avantage à se tenir dans la partie Nord de la baie, qu'ils attaqueront par la pointe de la Miséricorde. Se bornant à contourner celte pointe et à mouiller à distance suffisante de terre, ils auront autant d'abri que plus au Sud et éviteront la roche douteuse en même temps que les nombreux paquets d'algues qui cachent peul-êlre des écueils. On se souviendra aussi que
W8 CAP PILLAR. [cuap. i".]
la position du rocher Santiago n'est qu'approximative; peut-être est-il plus au large que ne l'indiquent les cartes. Ce rocher dépend de la côte malsaine que nous avons signalée ci-dessus entre le havre Skyring et le port Mercy, en recommandant de lui donner du tour.
5 milles de côte sans mouillage nous conduisent au cap Pillar, dont le côté Est est baigné par le détroit, le côté Ouest par le Pacifique. C'est à la base de ce dernier côté que le cap prend la l'orme arrondie qui justifie, dans une certaine mesure, le nom de cap Pillar (pilier). Deux massifs 1res distincts forment l'ensemble du promontoire. Celui de l'Est est haut de 425 mètres, tandis que la partie Ouest l'est seulement de 390 mètres; sans cesse battue par la houle du Pacifique, cette dernière est rongée, fouillée, et présente de profondes excavations. Un rocher haut de 90 mètres se détache à petite distance du cap. Le capitaine Stokes y débarqua le 25 février 1827, afin de déterminer sa position. En 1829, Fitzroy prit également terre dans une petite crique qui est juste sous le cap. Il voulut monter sur le sommet pour y prendre des angles, mais il dut renoncer à l'ascension, de crainte de compromettre ses instruments.
Ce que nous avons dit de la faiblesse des marées dans le Long reach et le Sea reach n'est plus exact dès que le navire se trouve sur la ligne du cap Pillar par les Évangélistes. Les courants atteignent 3 nœuds et portent, pendant une partie de la marée, sur les îles de Sir John Narborough. Nous avons dit et répétons que les brisants situés au large de cet archipel sont dangereux, mal déterminés, et qu'il importe de s'en éloigner, au moins jusqu'à la publication des travaux qui vont être entrepris de ce côté par M. le capitaine de vaisseau anglais Nares. Le vapeur suivra donc la route recommandée, tandis que le voilier, obligé de louvoyer, dirigera toujours ses bordées vers le Sud plutôt que vers le Nord. Le cap Pillar, les Évangélistes et le Westminster Hall lui fourniront d'excellents relèvements qui le guideront dans sa route et le conduiront au large. Nous donnons, page 158, des détails sur toute la côte extérieure courant parallèlement aux canaux latéraux : ces données peuvent être utiles aux navires remontant dans le Nord par le large.