‹ Patagonie. Détroit de Magellan et canaux latérauxChapitre 32 sur 67 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

CAiMAUX LATÉRAUX ET CÔTE 1)1 LARGE.

1 De la baie Slioli au détroit de Conception : aa° N. E. Variation en 187 rj : j Du détroit j e Conception à la sortie des canaux : a 3° N. E.

Diminution annuelle a'.

S' l". CANAUX LATERAUX.

GÉNÉRALITÉS. — Ou désigne sous le nom de canaux latéraux la série d'artères navigables réunissant le Scareach, sur le détroit de Magellan, au golfe de Penas, à 300 milles plus au Nord. Le navire chemine entre la côte de Patagonie et une série de grandes iles dont les principales sont l'archipel de la Reine Adélaïde, l'île Hanover, l'archipel de la Mère de Dieu et l'ile Wellington.

La route des canaux latéraux est bonne pour les vapeurs; ils y (ont roule sans fatigue et débouquent sur le Pacifique par 48° de latitude, ayant évité les parages de la grosse mer et des plus grands mauvais temps. Essayée d'abord timidement par de petits vapeurs, celte voie a ensuite été fréquentée par des navires de plus en plus grands. La dernière édition des instructions anglaises, datée de 1875, estime qu'après l'exemple donné en 1868 par la frégate française l'Astrée, longue de 80 mètres, ou doit admettre que les vapeurs les plus grands peuvent s'engager dans les canaux. Nous ajouterons que des marins expérimentés conseillent, néanmoins, aux grands navires e» bon état de préférer la haute mer, où la route se fait sans le souci de la navigation près de terre. C'est à chaque capitaine de peser le pour et le contre. Quant aux voiliers , si petits qu'ils soient, il ne remonteront jamais du Sud au Nord, et c'est à peine si la traversée inverse leur a été conseillée par de très rares capitaines.

Les rives des canaux sont presque partout élevées et abruptes; l'intérieur présente des pics innombrables. Les dangers sous-marins, très peu nombreux, sont généralement indiqués par des goémons; les vigies les distinguent souvent de la mâture , alors qu'on ne voit rien du pont. Comme dans le détroit, il faut calculer les étapes de manière à mouiller avant la nuit; mais si l'on était surpris et torcé de passer la nuit sous vapeur, on se trouverait bien d'envoyer à terre quelques marins chargés d'entretenir un feu.

GAiNAUX LATERAUX.

TEMPS ET MARÉES. — Le climat est frais, humide et venteux; le vent dominant est celui du Nord, qui s'engouffre dans les canaux comme dans un entonnoir; il souffle parfois avec fureur, mais ne soulève jamais de grosses lames, tant les espaces sont restreints. Au large, le vent du Nord passe ordinairement au N. 0.. puis brusquement à l'Ouest avec un redoublement de force; les bourrasques de cette direction ne sont pas de longue durée, et si le temps doit s'embellir, le baromètre monte pendant que le vent tourne au Sud. Si, au contraire , il incline de nouveau vers le N. 0., il y aura redoublement de mauvais temps; le baromètre baissera. Dans les canaux, l'action des montagnes empêche de ressentir les variations inlerme'diaires et les vents faits soufflent toujours soit du Nord, ou à peu près, soit du Sud, ou à peu près. Avec les vents de la partie Nord on a presque constamment de la pluie; ceux du Sud donnent du beau temps, mais ils durent beaucoup moins longtemps que les autres. A de rares intervalles, on rencontrera des se'ries de calme et alors la navigation sera des plus faciles. Mais la règle, c'est la pluie, pluie intense et fatigante , gênant la vue, très pe'nible et tout aussi fréquente l'été que l'hiver. Dans cette dernière saison la neige remplace fréquemment la pluie.La chaleur relative et la longueur des jours sont les seuls avantages de l'été.

-Le baromètre atteint son minimum avec les vents de N. 0. et son maximum avec ceux du S. E. En hiver il gèle, mais c'est assez rare. Des données précises manquent au sujet du thermomètre.

L'établissement du port est, dans toute l'étendue des canaux, de 12 heures environ, avec des écarts de trois quarts d'heure au plus. Le courant est toujours faible, sauf dans le goulet Anglais. La mer ne marne jamais de plus de t m 80 à 2 mètres.

RESSOURCES. — EAU. — BOIS. -Les moules sont communes et fort appréciées des équipages. Eu été, les Indiens vendent quelques fruits ressemblant à nos groseilles. Il y a de bon poisson tout le long des canaux, et quelques navires ont fait de bonnes pêches à la ligne; mais on ne connaît pas de plages convenables pour jeter et haler la seine. Les canards du genre micropterus , les oies et les cormorans abondent; certaines de ces oies sont mangeables. Dans quelques ports on peut trouver des oiseaux-mouches et de rares grimpereaux. Les ilols rocheux abritent souvent des phoques et des lions de rner; les baleines sont nombreuses dans le golfe de Peiias; on a tué des loutres au port Otway.

Le hêtre est l'espèce la plus commune ; sous les grands arbres croissent des arbustes et des broussailles formant un second plan. Ils sortent d'une mousse molle et spongieuse, dans laquelle on enfonce jusqu'aux genoux. Dans la partie Nord des canaux, et surtout à partir du, havre Grappler, on rencontre des conifères qui brûlent bien mieux

[cuap. 11.] DES ÎLES KA1RWAY À LA BAIE OTTER. 121

que les hêtres, e'iant plus résineux. Mais la bonne qualité des bois en question a malheureusement causé leur diminution rapide; chaque jour il faut aller les chercher de plus en plus loin. Le havre Gray, la baie Hait, les havres Eden et de l'Ile (hland), sont très recommandés pour la qualité de leur bois de chauffage. Nous insisterons sur la nécessité de brûler de bonne heure bois et charbon plutôt que du bois seul. L'eau abonde partout.

Les Indiens paraissent peu nombreux; ils voyagent d'un bout à l'autre des canaux. Bien qu'ils n'attaquent jamais les navires de guerre, on recommande d'armer les marins pendant les corvées de canots. Ces indigènes passent pour voleurs.

Il faut un œil exercé à l'analyse des terres pour bien naviguer dans les canaux. Les deux séries de vues de M. le commandant Pierre et de M. le vice-amiral Cloué faciliteront beaucoup la tâche des capitaines.

DONNER DANS LE CANAL SMYTH. — On entend par canal Smyth la partie des canaux latéraux qui s'embranche à la baie Sholl sur le détroit de Magellan, remonlc dans le Nord pendant 45 milles , jusqu'à la passe Victory, et s'infléchit alors au N. 0. pour rejoindre le détroit de Nelson et, de là, le Pacifique.

L'entrée du canal Smyth n'offre pas de difficultés; la carte N° 3143 en donne la vue. Après avoir doublé Pile Tamar, en se méfiant des rochers qui la prolongent, on fera route vers le Nordjusqu'à reconnaître le pic Sainte-Anne, le mont Joy et les îlots Fairway. On laissera ces derniers à petite distance par tribord el l'on distinguera sans tarder la pointe Ancud. La plus grande et la plus Sud des iles Fairway est en même temps la plus élevée; elle se voit donc seule lanl que les autres ne sont pas ouvertes. En venant du Nord, on s'écartera de bonne heure des iles Fairway à cause de la roche Lynch : celte roche est à fleur d'eau à basse mer et à 3 encablures du plus Nord des Ilots. Des bancs de goémons s'étendent entre les îles et le rocher.

On recommande aux grands navires de ne dépasser la baie Sholl que s'ils peuvent atteindre le mouillage des iles Otter ou celui de l'île Longue, à 25 ou 28 milles plus au Nord. Il n'y a pas, pour des bâtiments longs, de mouillages intermédiaires.

DES ÎLES FAIRWAY A LA BAIE OTTER. — Le premier mouillage qui se présente est le havre Deep ou Profond, ainsi nommé à cause de ses très grandes sondes. Cet excès de profondeur enlève toute importance à ce havre, qui est seulement à (i milles de la baie Sholl. Le capitaine Mayne a jugé inutile de le visiter. Skyring dit que rentrée a | de mille de large, que le mouillage esta environ { mille de la pointe exlérieurede l'entrée, par le travers de l'ouverture d'une lagune, fonds de 55 à 65 mètres. Deux bras de mer extrêmement étroits s'é-

CANAUX LATERAUX.

tendent à 1 mille dans le Nord et dans le Sud du havre. Le capitaine du Chacabuco dit (1879) que le bras Sud possède à son extrémité un mouillage bien abrité par 31 mètres, fond de pierre et vase. Les navires petits et moyens peuvent seuls en profiter; ils ne le feront qu'en cas de nécessité. On laisse par tribord un fort banc de goémons lorsqu'on entre dans le havre Deep. (Voir la vue N° 28, l re série.)

Poursuivant notre roule pendant à milles et passant sur la côte Est, nous rencontrons la baie Burgoyne, dont le Nassau a fait le tour; le fond varie de 73 à 21 mètres. En plusieurs endroits on peut mouiller à toucher la terre avec une amarre sur la plage. La baie est exempte de dangers et parfaitement abritée. La pointe Hugh, morne dénudé situé sur la côte Nord, est élevée de GO à 90 mètres et sert d'amer pour entrer. Un autre point saillant du voisinage est l'ile Verte, ainsi nommée parce qu'elle se détache eu vert sur le fond jaunâtre de l'ile Renouard.

La baie Pylades est d'un accès facile et libre de tout danger intérieur. Elle présente des fonds de 55 mètres à l'entrée et de 29 au fond, où l'on est bien abrité, excepté par les vents d'Ouest. Cette baie est indiquée comme relâclie possible lorsque les vents d'Est rendent la baie Sholl trop mauvaise.

La baie Antoine est saine, mais il n'y a mouillage qu'à toucher terre avec des amarres sur le rivage. En l'ace de la baie Antoine, et de l'autre côté de l'ile Reuouard, nous remarquons les baies Goods et Nord ou North (plan N° 2022). Les deux mouillages portés sur ce plan sont impropres pour les grands navires et médiocres pour les petits. En prenant le mouillage de la baie Goods, on se défiera d'un récif qui avance jusqu'à 250 mètres au Nord et au N. N. des îlots de la presqu'île Williams. Les roches dont ce récif se compose sont souvent indiquées par des goémons, mais pas toujours. Le fond, presque partout de roches, donne à peine de tenue. Le mouillage du Nord ne vaut pas mieux. Le Nassau put s'amarrer à quatre dans la petite anse de la partie Ouest; mais, en cas de mauvais temps, il eût dû appareiller.

Il est recommandé de veiller au moment où l'on passe à l'Ouest de l'île Shoal, parce que, à certains moments de la marée, le courant porte droit sur elle. Alors il faut lui donner un bon tour.

Le groupe Evans consiste en plusieurs petites îles, dont la plus haute a 18 mètres; elles sont dénudées et blanchâtres, avec du goémon au large de leur côte S.E. On peut ranger ce goémon, mais on évitera de s'y engager. L'île Simpson a un pic bien défini, haut de 220 mètres et se détachant au-dessus des collines qui s'élèvent sur toute la longueur de l'île. La côte Ouest de cette île est bordée d'îlots et de roches entourés de goémons; il en est de même de l'ile Isabelle. L'ile

[chap. u.] HAVRE DEEP. — CHENAUX MAYNE ET GRAY. 123

Richards, qui forme l'autre côté du chenal, est stérile, tantôt blanchâtre, tantôt grisâtre, suivant l'éclairage. La \ue N° 29 de la l re série sera consultée avec fruit.

Au Nord de l'île Isabelle, la route est un peu délicate, tout au moins par temps obscur. En effet, nous rencontrons devant nous les cinq îlots Shearwater, dont le plus haut a 10 mètres; ils se voient bien par eux-mêmes, mais il y a-lieu de parler de deux dangers qui les avoisinent, Le premier s'appelle le rocher Pearse et gît à 3 encablures dans le S. 0. des Shearwater; il est petit, affleure l'eau à marée haute, et n'est pas bien apparent, quoique environné de goémons. L'autre se nomme le rocher Alert et est à un peu plus de 3 encablures dans le N.O. des îlots Shearwater: Il a trois petites tètes paraissant toujours hors de l'eau, mais si fines qu'elles ne sont pas très visibles; de petits goémons les entourent. Par temps sombre, on s'approchera doucement de ces roches, en stoppant si c'est nécessaire. Si l'on ne peut les trouver, on ralliera prudemment la rive opposée , du côté du cap Colworth. (Voir vues N° s 30 et 31 , 1" série.)

Négligeant la baie Clapperton, absolument inconnue, nous arrivons à la baie Retreat, qui est grande et bien abritée. Mais le fond y est trop considérable pour qu'on ait un bon mouillage ; les sondes de 60 mètres se trouvent tout près du rivage. Le havre Hose, sur la côte Est, paraît à première vue parfaitement disposé, mais il ne vaut pas mieux que le précédent : les fonds sont de 90 mètres à moins de 2 encablures de terre. La baie Tandy peut abriter une goélette; la baie Oake donnerait au besoin asile à un bâtiment de 300 à 400 tonneaux, mais la baie Otter est si voisine qu'elle sera toujours préférée.

CHENAUX MAYNE ET GRAY (carte N° 3143; vues N os 31 et 36, l re série). — Arrivé par le travers delabaie Tandy, le navire a devant lui deux chenaux laissant entre eux un massif d'îles et d'ilôts : le chenal de l'Est a pris le nom du capitaine Mayne; l'autre s'appelle le chenal Gray. Le premier est moins profond que le second, mais il est plus large, plus direct et moins encombré de dangers. C'est lui que nous décrirons lo premier; il peut être pris par tout navire ne calant pas plus de 8 mètres.

Les îles Connor se distinguent de bonne heure; on les laissera par bâbord pour venir chercher à la sonde une chaussée étroite reliant la pointe Dashwood aux îles Otter. C'est la première fois, depuis l'entrée du canal Smyth, qu'il est possible d'obtenir le fond, dans le chenal, avec une sonde à main. Cette chaussée, dont les plus petits fonds sont de 12 mètres, est prolongée par un banc de 6 à 7 mètres s'étendant jusqu'aux deux îles Bedwell et Cunningham. Au centre, il n'y a pas moins de 6™8, et, comme la mer reste plate, tout navire calant 6 mètres peut y mouiller convenablement. Un capitaine a si-

CANAUX LATERAUX.

gnalé une roche découvrant à mi-flot à 40 mètres environ dans le S. 0. de la pointe Dashwood (roche Mijrmidon).

Les bâtiments moyens comme longueur peuvent pénétrer dans la baie Otler elle-même, petit bassin formé par les trois îles Bedwell, Cunningham et Campbell : les deux antres portées sur le plan indiquent les meilleurs points de mouillage. Pour entrer, on se rapprochera de l'ile Cunningham, afin d'éviler le fond de 5 mètres de l'île Bedwell. Au mouillage du N. E. on découvre, entre les îles Bedwell et Campbell, les îlots qui en sont à l'Est;

Après avoir doublé l'île Bedwell , les navires continuant leur roule vers le Nord reconnaîtront 1 îlot Bradbury, qui sera laissé par tribord; puis ils se placeront de manière à relever cet îlot au S.25°E. et iront chercher, ayant le cap au N. 25° 0. , la bouée de l'île Summer : elle est mouillée par 9 mètres (de basse mer), cylindrique, peinte en rouge, et porte un globe de même couleur. On y relève : le centre de l'île Cutler au N. 1°E. ; le centre de l'île Nord du groupe Francis au N. 23° 0.; le centre de l'île Dixou au S.63°0.; l'îlot Bradbury au S. 26° E. Il faut laisser la bouée par bâbord et passer à la ranger, puis gouverner sur l'île Francis et reprendre, par son travers, la route au milieu du chenal.

Déjà juste, comme profondeur, pour les plus grands navires, le chenal Mayne s'envase, parait-il, avec une rapidité très grande, de 1 décimètre par année, au dire de certains rapports. On ajoute que les varechs poussent aussi très vile et qu'ils occupent la moitié du parage. „

En l'étal actuel des choses, le passage dont nous nous occupons en ce moment est très vanté comme mouillage de graud navire. La simple inspection de la carte montre combien il est facile à prendre. C'est à cause de toutes ces commodités que la baie Hartwell a été négligée, car en plus d'un endroit un navire y serait bien mouillé.

Les navires voulant prendre le chenal Gray ont besoin de plus de vue que ceux qui suivent le chenal Mayne. L'œil seul peut faire parer les deux bancs recouverts de goémons qui sont entre les îles Foley et Verecker. On peut passer indistinctement d'un côté ou de l'autre de ces bancs. Après les avoir doublés, gouverner sur l'île Hoskyn, que l'on contournera à 3 encablures au plus, pour éviter le haut-fond de 5 m 5 qui se détache de l'île Orlebar. Ce haut-fond paré, on viendra promptement au N. E. pour éviter les dangers à l'Est de l'ile Orlehar; ensuite, on ralliera le mi-chenal.

Si l'on fait celte roule à marée basse, on remarquera une pointe de sable parsemée de petits rochers qui s'étend assez loin dans l'E. N. E. delà pointe Verte et semble atteindre un autre banc de même nature partant de la côte de Patagonie. D'aucun côté on ne doit passer trop près de celte pointe Verte. En naviguant dans le voisinage des che-

[ohap. h.] BAIE OTÏKR —CANAL BANNIE. - BAIE DE L'ISTHME. 125

naux Mayne et Gray, les marins observeront que la rive de l'Ouest est élevée et accore, tandis que celle de l'Es! est basse jusqu'au pied du mont Burney, élevé de 1,769 mètres et couvert de neiges perpétuelles. Le sommet de cette montagne est rarement visible.

CANAL BANKEN. — Les Chiliens ont donné le nom de canal Bannen au bras de mer qui sépare l'île Longue de la côte de Patagonie. Ils ont reconnu que le récif Vixen est en réalité un grand banc de sable qu'ils ont appelé Alcérreca et qui réduit la largeur du canal à 200 mètres. D'après eux, le canal Bannen est droit, profond, et navigable, même pour de grands bâtiments, à la condition de se tenir à plus de 20 mètres et du banc et de l'île Longue. Cette dernière est entourée de goémons et le banc est signalé par la couleur jaunâtre de l'eau.

A 1 encablure dans le S. S. E. de la pointe Verte, l'île Longue présente une petite pointe, a 20 mètres de laquelle se détache un récif découvrant à marée basse. Les petils fonds continuent pendant environ | mille dans la direction du I\. E., mais ils sont très bien indiqués par du goémon, lequel va s'unir à celui qui, parlant de la pointe Verte, longe la côte occidentale de l'île Longue.

La poinle siluée sur le continent, dans le N. E. de la pointe Verte, a reçu le nom de poinle Peligrosa; elle projette à l'O. S. 0. un haut fond balisé par du goémon, lequel semble, à première vue, rejoindre celui de l'île Longue; mais il y a entre les deux une passe d'environ 400 mètres, entièrement saine, avec 18 mètres de fond, et 9 mèlres des deux côtés, à la naissance du goémon.

DE L'ÎLE LONGUE A LA BAIE DE L'ISTHME. — L'île Longue doublée, le navire aura par bâbord la baie Fortune, s'ouvrant sur la côte orientale de l'île Baverslock, à contours encore indéterminés; c'est un bon mouillage pour un petit navire (plan N° 2022), niais il est trop restreint pour un grand. Quoiqu'il y ait du fond entre l'île Low et la terre, on recommande de passer toujours par le Sud de l'île Low et de donner un bon tour au rocher Àdeona (à fleur d'eau à marée haute), qui en est dans le S. E. Les goémons de ce danger s'étendent à une grande distance.

La baie Fortune dépassée, nous renconlrons sur bâbord l'île Cutler, qui doit son nom au pécheur de phoques américain Cutler. Ce marin intelligent fut utile au capitaine Kiug en lui donnant des renseignements importants et exacts. C'est sur la foi de ses rapports que fut dessiné le canal Cutler, bras de mer permettant de donner dans le détroit de Nelson et de là dans le Pacifique. Cette artère, n'étant pas fréquentée, est encore mal connue. La vue N° 34 de la l™ sériedonne le dessin de l'île Culler et des parages voisins.

BAIE DE L'ISTHME. — AIGUADE ( plan N" 2832 ; vues N" s 34 et 35 ,

CANAUX LATERAUX.

il]

1™ série). — Cette baie est découpée dans une terre escarpée beaucoup plus haute que toutes celles près desquelles on a passé depuis l'entrée du canal Smyth; cela est cause qu'au moment où l'on y entre elle paraît beaucoup plus petite qu'elle ne l'est en réalité. Cet effet d'optique produit souvent des hésitations.

La baie de l'Isthme est un des meilleurs mouillages du détroit et des canaux; on y abriterait aisément trois frégates et plusieurs petits navires. L'avertissement si précis donné par le plan N° 2832 nous dispense de toute instruction se rapportant à l'entrée; nous y ajouterons seulement que le banc Le Clerc brise dès qu'il y a de la mer. On remarquera sur le plan l'enfoncement du N.N.E. , qui est un véritable port, quelquefois appelé baie Mallet. Cet enfoncement ne peut guère servir qu'aux petits navires, mais on peut avoir l'occasion d'y envoyer des embarcations. En effet, un sentier d'Indiens y aboutissant conduit à la baie Oracion, éloignée seulement de 200 mètres, de l'autre côté de la presqu'île Zach. Or la baie Oracion est complètement exposée aux vents descendant du détroit; on peut donc y juger le temps qu'il fait dehors tandis que le bâtiment est tranquillement mouillé dans la baie de l'Isthme. Le sentier dont nous venons de parler sert aux Indiens pour le transport de leurs pirogues; ils y ont disposé d'un bout à l'autre des sortes de rouleaux en bois.

Pour la baie de l'Isthme, les noms français et les noms anglais présentent quelques différences que nous signalons ci-dessous, en vue de l'intelligence des documents étrangers.

Page 1