CANAUX DE LA TRINITE ET WIDE
del Mono, dans le S. E de l'île Davis. Plus loin, nous voyons le port Henry, à la sortie même : c'est une relâche de premier ordre, décrite en même temps que la côte extérieure (page 159). S'il fail trop mauvais pour prendre le large, on s'y réfugiera en toute sécurité.
LE CANAL WIDE. — Du Nord de l'île Topar jusqu'au golfe de Peiîas il n'y a pas de sortie latérale sur l'Océan Pacifique , attendu que la côte occidentale des canaux est formée d'un seul tenant par la grande île Wellington , qui mesure 137 milles du Nord au Sud. La partie méridionale du bras de mer longeant cette île se nomme le canal Widc ou Large, nom qui cesse à l'île Saumarez, où le passage se rétrécit.
Sur les 30 milles que mesure le canal Widc la route est extrêmement simple, si simple qu'on ne doit pas craindre de la faire de nuit, pour peu que le temps soit passable. Les courants étant très faibles, les indications du loch suffisent pour indiquer les approches de l'île Masou, devant laquelle on attendra le jour. Cependant nous devons dire qu'on rencontre très souvent des glaces sortant des bras de mer du voisinage. Les documents que nous possédons ne disent rien sur les époques où les glaçons sont le plus à craindre. S'ils suivent là les lois générales, ils seraient moins nombreux pendant les mois d'hiver, c'est-à-dire mai, juin, juillet, août et septembre; octobre serait l'époque de la fonte, c'est-à-dire celle du plus grand nombre de blocs en dérive. Cette opinion semble confirmée par l'extrait cidessous des Annales hydrographiques , relatif au passage de la frégate TAslrée en octobre 1868 • itNous commençons à rencontrer des glaçons dans le canal Wide par 50° de latitude. Ils sont nombreux et serrés dans le grand bras de mer qu'on laisse à tribord en cet endroit (Buropa Inlet). Avant d'arriver en face du bras situé par 49° 56', sur la côte Est, nous voyons les glaçons devenir de plus en plus serrés et obstruer complètement le canal. Us sont de petite dimension et n'arrêtent pas notre roule; nous nous contenions d'embarder pour éviter les plus gros. Le bras de mer situé par 49° 56' est entièrement rempli par une banquise compacte; on voit au fond de ce bras un magnifique glacier. Après avoir fait environ 3 milles au milieu des glaçons nous retrouvons le canal libre et ne rencontrons plus que des blocs assez gros, mais très éparpillés, ce qui ne nous gêne nullement. Ils augmentent en nombre à l'approche du canal Est de l'île Sauniarez, mais jamais assez pour nous donner de l'inquiétude sur la sécurité de notre route. » Ajoutons à ces renseignements que le Nassau rencontra dans les mêmes parages, pendant le mois d'avril, des blocs grands comme des navires. Un autre bâtiment en a signalé en juin, ce qui serait contraire à la règle des eaux libres en temps de gelée. Il est vrai que le mois de juin est peut-êlre l'époque de la formation des glaces.
138 CANAUX LATERAUX. [chap. il]
Baie «âge Sur la côte occidentale du canal Wide on remarque d'abord la baie Gage, bras aussi étroit que sinueux et dans lequel il faut faire 4 milles avant de trouver où jeter l'ancre.
L'anse Latitude est située plus au Nord, par 50° 51' 45" S. et
76° 44' 45" 0., au Nord du cap Alexander, dans une baie qui se trouve dans l'Ouest de ce cap; elle se reconnaît facilement du bord opposé du canal. L'ouverture, dans sa plus petite largeur, mesure 150 mètres et est accessible aux grands navires; la sonde y accuse de 27 à 31 mètres d'eau.
A un peu plus de 1 kilomètre en dedans de l'entrée on rencontre la pointe Élisa, qui forme avec la côte Nord une grande baie à fond de vase. Le brassiage, bien que considérable entre l'ouverture et la pointe Élisa, ne dépasse pas 40 mètres dans cette dernière baie; elle est abritée par de hautes collines, d'où tombent de violentes rafales, qui, à cause de leur courte durée, ne raidissent pas les chaînes. A l'exception d'une plage située au fond de la baie, les côtes de la baie sont rocheuses.
Quand on aura reconnu l'anse, ou gouvernera, pour en franchir l'entrée, en rangeant de préférence le côté Est, qui est plus accore; après l'avoir dépassé, on fera route au S. 57° 0. environ, pour laisser la pointe Élisa à une centaine de mètres dans l'Est. Arrivé dans le voisinage de la pointe, on verra dans l'Ouest une cascade remarquable qui tombe de la hauteur, et à 100 mètres en dedans de l'alignement de la cascade avec la pointe Élisa on laissera tomber l'ancre par 33 à 37 mètres d'eau.
La baie Sandy est à peine connue; M. Trivelt, capitaine du Labouchère, a fait un rapport qui doit éloigner les bâtiments de cet endroit. Faisant route à petite vitesse, sous vapeur, il trouva en dedans des pointes un plateau avec des sondes de 22 à 29 mètres; mais de ce plateau s'élevait une roche sur laquelle le navire toucha. Partout ailleurs le Labouchère ne [rouva, même à toucher terre, que des fonds énormes. Il quitta la baie sans avoir mouillé et passa la nuit sous vapeur.
Sur la côte orientale, les ressources ne sont pas beaucoup plus grandes. La baie Open doit être évitée, parce que le vent et la mer du large s'y précipitent par le canal de la Trinité. Plus au Nord, trois Inlets, ou bras intérieurs, s'ouvrent par les latitudes de 50°, 49" 55' et 49° 47'; ils s'appellent respectivement l'Europe, le Penguin et le Ringdove Met. Les deux premiers ne sont pas connus; quant au dernier, il tire son nom de l'aviso le Ringdove, qui s'y jeta par mauvais temps et y avança jusqu'à 5 milles du canal. Il rencontra constamment des fonds de 13 à 25 mètres sans aucun danger apparent. H fit beaucoup de cas de ce mouillage. Les marées lui semblèrent, pour ainsi dire, nulles.
Palagonie. — Page 1 38.
Le lieutenant Samuel W. Véry, de la marine américaine, signalé un mouillage, par 31 mètres de fond, à A de mille en dedans de la pointe Sud d'entrée de l'inlet Ringdove, appelée pointe Hyacinthe; le Richmond était mouillé à 180 mètres environ dans le S. 57° E. du milieu du plus Est des trois îlots qui se trouvent juste en dedans, ou dans l'Est, de l'extrémité Nord de la pointe Hyacinthe; un écrileau sur lequel est écrit : anse Richmond et la date 25 sept. 1876 a été fixé sur un arbre de l'ilol.
Dans le S. S. E. du mouillage du Richmond se trouve une autre île qui, jointe aux trois îlots susmentionnés, forme une petite baie capable d'abriter plusieurs navires. Sur la côte Ouest de cette baie et près de l'extrémité de la pointe Hyacinthe il y a une plage de sable, de coquilles et de galets, de 50 mètres de longueur.
Le fond est dur dans cette baie, et les sondes, autant qu'on a pu le vérifier, varient de 22 à 31 mètres.
Relèvements vrais. Variation : 21° 35' N. E. en 1879.
Voir carte N° 3399 ; instruction N° 500, page 131.
[chap. h.] CANAL WIDE. — ÎLE SAUMAREZ. 139
L'ÎLE SAUMAREZ ET SES QUATRE REACHS. - A l'ile Mason , le canal Wide se divise en deux branches faisant le tour de l'ile Saumarez (vues N os 48 et 49, l ro série). La branche de l'Ouest comprend le Chasm reach et l'Escape reach; celle de l'Est, l'icy reach et le Grappler reach. Nous nous occuperons d'abord du premier de ces deux passages. Il est le plus court, et c'est cependant le moins usité, parce qu'il est étroit; néanmoins il ne présente pas de difliculté sérieuse et les navires n'hésiteront pas à y recourir chaque fois que l'icy reach leur semblera par trop encombré de glaces. Ils trouveront mouillage à l'entrée du canal Veto, entre la pointe Sud de ce canal et les îlots qui le divisent en deux; cependant, comme cet endroit est peu connu, on fera bien de ne s'avancer qu'avec prudence.
On a des renseignements vagues sur un mouillage qui existerait dans le Sud de l'ile Saumarez et qui aurait été appelé, en 1843, port Horatio par le commandant de la goélette chilienne l'Ancud (1) . En venant le chercher, on se défiera d'une roche découvrant seulement à basse mer et existant à -y de mille dans le Sud de la pointe méridionale de Saumarez. La baie Cascade, dans l'icy reach, passe pour être assez bonne; seulement on y est fort exposé aux glaçons dérivant du canal Eyre : ce bras de mer, long de 40 milles, est le lieu principal de formation des glaces. On y rencontre aussi de véritables stations pour les phoques.
Après avoir franchi l'icy reach, on entrera dans le Grappler reach, lequel tire son nom du havre Grappler, l'un des meilleurs ports des canaux et peut-être le plus giboyeux (plan N° 2803; vue N° 51 bis, l re série). On distingue aisément, eu approchant, l'ilol de l'entrée, qui est rond, peu élevé, et entièrement boisé. Dès que l'on ouvre la passe, on voit dans le havre le second ilôt, qui est de forme conique et couvert de mousse verte. Il y a deux passes, mais on devra laisser de préférence l'îlot de l'entrée à bâbord et ne se préoccuper nullement de l'apparence étroite de ce havre, apparence due seulement à la grande élévation des (erres qui l'environnent. L'avertissement donné sur le plan N° 2863 suffit pour guider les bâtiments voulant donner dans le port. Nous signalerons, comme à la baie de l'Isthme, quelques différences entre les noms anglais et français. Sur les caries anglaises, l'ile de l'entrée s'appelle l'ile Cloué; la pointe de droite en entrant, la poinle Aslrée; le Tas de foin, l'ile Diamond, d'après l'aviso français le Diamant; la pointe située dans l'E. q. N. E. du Tas de foin, la pointe Allard, nom d'un officier du Diamant qui a levé le premier croquis du havre Grappler.
fl> Ajoutons cependant que les caries anglaises désignent par part Horalio un pelil enfoncement dans le Sud de la
baie Bacchante; celte dernière baie est elle-même située au Mord de l'île Sauuiarez.
CANAUX LATERAUX.
[tiUAP. 11.]