CHAP. III
Terhallen et Sesanibre sont deux petites iles élevées, situées à l'entrée de la baie Nassau; elles sont situées à 8 milles dans le S. E. q. S. de la pointe Guanaco; devant Sesambre, la plus Sud des deux, il y a un récif indiqué par du goémon.
Pour un navire qui va dans l'Ouest du cap Horn il est peut-être préférable de traverser la baie Nassau et de doubler le faux cap Horn plutôt que de cbercher à s'élever dans l'Ouest en haute mer, comme on le fait ordinairement. Il n'y a pas d'autres dangers que ceux marqués sur la carte; la mer est comparativement belle, et on peut mouiller la nuit, soit dans la rade de Gorée, soit dans la rade Nord, ou dans la baie Orange. Quand il vente trop pour gagner au vent, c'est au moins une satisfaction que de pouvoir rester tranquille, évitant les accidents, et maintenir sa position, au lieu d'être entraîné sous le vent et peut-être de faire des avaries au large. Il y a moins de courant dans la baie qu'au large, près du cap Horn.
Nous ferons observer que le conseil du capitaine King, relatif au passage de la baie Nassau, rencontre des contradicteurs.
Observation. — Dans la baie Nassau, le compas est très irrégulier; il devient paresseux et peut causer de graves erreurs, si l'on n'y porte une sérieuse attention. Pendant les travaux du Beugle, l'aiguille magnétique a été affectée d'une manière remarquable dans plusieurs des iles de ce groupe, quoiqu'on n'ait pas observé de grandes différences à bord du bâtiment. Dans une occasion, en faisant une ascension au sommet de l'île Maxwell, dans le Sound Franklin (entre les iles Hermile), le compas fut placé, pour la commodité, sur un rocher, et l'on s'aperçut que l'aiguille avait été tellement influencée par la nature ferrugineuse de cette roche, composée de quartz et de grands et nombreux cristaux de hornsblende, que ses pèles étaient exactement renversés. Ensuite, en prenant une série de relèvements sur un objet très éloigné, à diverses stations distantes de 50 mètres de cette roche magnétique, on trouva que la plus grande différence s'élevait à 127°. Ou n'obtint cependant pas de déviation sensible dans la vallée située au fond de l'anse Saint-Martin, où la variation du compas fut observée avec plusieurs instruments et comparée à des relèvements astronomiques; il ne parut pas que l'aiguille subît d'influence locale.
Les îles Hermite ou îles du Cap Horn sont composées de grès vert, dans lequel le hornsblende et le felspath sont plus ou moins visibles, et la présence, du fer très apparente, comme on l'a déjà dit. Les côtes sont accores; les montagnes à sommets pointus s'élèvent en pente très escarpée à une hauteur de 300 à 518 mètres au-dessus du niveau de la mer el sont couvertes, jusqu'à une distance
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de 61 à 91 mètres de leur sommet, d'une grande quantité d'arbustes et d'arbres verts qui rendent leur accès difficile.
L'île Hermite est haute et inégale à son extrémité Est; elle descend en pente vers le cap Ouest, qui est bas. Le pic Kater est élevé de 530 mètres au-dessus du niveau de la mer; les îles Herschel et Wollaston renferment aussi des montagnes. Les passes qui existent entre ces îles sont profondes et n'offrent pas de dangers; les quelques roches qu'on y rencontre sont visibles au-dessus de l'eau et couvertes de goémon 1res épais. Il y a quelques roches au large de l'ile Chanticleer, à l'entrée de l'anse Saint-Martin, mais elles sont trop près de terre pour qu'on y prenne garde; il n'existe aucun danger dans le Sud de ces îles, et on peut les ranger de près sans crainte.
L'ile Deceit est la plus orientale du groupe, et de l'Est son apparence est assez semblable à celle de Diego Ramircz. Devant le capDeceit, qui est sa pointe Sud-Est, il y a plusieurs rochers au-dessus de l'eau; à 2 milles dans le S. S. E. du cap git un groupe de rochers à tète élevés de 9 à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Ressources. — On Irouve en abondance de l'eau et du bois dans l'anse Saint-Martin , sur la côte Est de l'île Hermite; mais on ne peut pas toujours se les procurer, à cause de l'escarpement de la côte et de la houle qui entre parfois dans la baie. L'eau est très colorée par les matières végétales qu'elle traverse, mais son usage n'a pas offert d'autres inconvénients que celui de donner une couleur plus foncée au Ihé et quelquefois un goût désagréable. Le bois y était tordu et rabougri, et n'a pas paru être bon à autre chose qu'à brûler.
Les côtes de l'ause Saint-Martin sont bordées de plantes marines qui servent à protéger les embarcations quand elles y abordent, et parmi lesquelles on peut prendre du poisson à la ligne ou à la foène dans les endroits où les petits ruissseaux d'eau douce tombent dans la mer. Les Indiens font la pêche de la manière suivante : ils attachent au bout de la ligne un coquillage que le poisson avale avec avidité, et comme il ne peut le rejeter, on le tire à la surface et on le prend à la main.
Au fond de la baie, et même dans beaucoup d'autres endroits, à quelques pieds à peine du lieu où atteignent les grandes marées, on trouve une grande quantité de céleri. Ce légume est surtout beau au mois de décembre; mais on peut également s'en procurer en automne.
Le CAP HORN est la pointe la plus méridionale des îles Hermite. Il n'y a rien de bien frappant dans l'aspect de ce promontoire, quand on le voit à quelque distance; mais lorsqu'on passe auprès, il est très remarquable et présente vers le Sud des escarpements noirs et élevés; il a environ 152 mètres au-dessus du niveau de la mer. A