‹ Patagonie. Détroit de Magellan et canaux latérauxChapitre 58 sur 67 · PORT STEWART · texte numérisé non relu

PORT STEWART

[cHAP. III.]

de l'Aventure et entra dans la partie la plus recule'e du port sans se touer; de plus grands navires auraient naturellement beaucoup de peine à en l'aire autant. Au reste, un navire de plus de 500 tonneaux ne doit pas essayer de péne'trer dans le Sound Christmas. Le Beugle resta amarré dans ce port tout le mois de mars, en parfaite se'curité ; mais ses câbles-chaînes s'engagèrent dans les roches et ce ne fut qu'avec beaucoup de temps et de peine qu'on parvint à les lever. (Voir le plan N° 2027.)

Le port Clerfee, à environ 1 mille dans le Nord du port Mardi, est un mauvais endroit pour toute espèce de bâtiments, quoiqu'on y soit en sûreté, une fois dedans; mais l'entrée est difficile, et il est par sa position exposé à de violentes rafales.

La baie de Cook est une vaste étendue de mer située entre les îles Alikhoolip et Waterman. Des terres hachées, des îlots , des brisants , l'entourent et en rendent l'abord impraticable pour des navires. Ses côtes ont été explorées par les embarcations du Beagle. Dans l'Est de la baie de Cook il y a une entrée du canal du Bcagle et un passage qui conduit à Whale-Boat Sound; mais tous deux sont difficiles à traverser pour des navires à voiles, excepté avec bons vents.

Les îles Londonderry forment un large groupe qui remplit presque l'espace situé entre les deux passages mentionnés ci-dessus. L'île Treble, sur la cote Ouest, se fait remarquer par trois pics élevés : elle est visible d'une distance considérable; auprès d'elle sont plusieurs roches éparses indiquées sur les cartes. Les roches Philips sont situées à environ à milles dans le S. 53° 0. d'Alikhoolip, le cap S. 0. de ces îles; elles sont dangereuses, quoique ne couvrant pas, à cause de leur peu de. hauteur et de leur éloignement de la côte.

Les îles Clilbert et Stewart sont à h milles plus clans l'Ouest. Entre ces deux îles est un espace ouvert, exempt de dangers, où le brassiage est considérable et qu'on nomme le passage de l'Advenlurc. Le cap Castlereagh, leur promontoire Ouest, est élevéet remarquable; au Nord de ce cap est un très bon mouillage appelé le port Stewart. Dans la partie N. E. de l'île Gilbert, la plus à l'Est, se trouve l'anse Doris, mouillage sûr pour un petit navire. Il n'y a pas de dangers cachés

dans les environs; l'œil et la carte sont les meilleurs guides.

'Voir

le plan N° 2027.)

Le port Stewart n'est pas grand, mais pour de petits navires c'est un excellent refuge, présentant trois issues, ce qui le rend d'un accès facile par tous les vents. Un navire à voiles peut mouiller à l'entrée et se touer en dedans. Il n'y a nulle part plus de 29 mètres d'eau ; mais généralement le fond est de lia 22 mètres. Au milieu du port

TERRE DK FEU.

gisent deux roches qui reslent juste à fleur d'eau à mer haute; elles sont exactement placées sur la carte. A 1 mille à l'Ouest de l'entrée du milieu s'en trouve une autre sur laquelle la mer brise; ce sont là les seuls dangers. Le bois et l'eau y sont en abondance, comme dans tous les ports de la Terre de Feu, et on se les procure facilement. (Voir le plan N° 2027.)

La baie Desolate est une vaste étendue de mer entre les îles Stewart et la Terre de Feu ; elle conduit aux Sounds Courtenay, Thieves et Whale-Boat.

Les roches et les brisants abondent dans ces canaux et les rendent peu propres à la navigation. Sans doute de petits navires peuvent avec beau temps traverser quelques-unes de ces passes; mais ce serait toujours dangereux, et il ne faudrait pas le tenter sans un motif bien sérieux.

Le eap Désolation, pointe Sud de l'île Basket, est à l'entrée Nord de la baie Desolate; c'est un promontoire remarquable, déchiqueté et présentant de nombreux pics.

Les îles C'a nul en forment un groupe considérable au large de la presqu'île Breknoch, la pointe Ouest de la grande île de la Terre de Feu. Dans le Nord de ces îles et entre elles il existe plusieurs passages où il y a beaucoup d'eau; vis-à-vis de la plupart des vallées ou entre les îles on trouve des mouillages dans lesquels de petits bâtiments peuvent au besoin tenir en sûreté.

Le passage Breeknoch, entre les îles Camden et la Terre de Feu, est large et exempt de tout danger. Les bâtiments qui entrent dans le canal de Barbara ou qui en sortent devront prendre ce passage de préférence à celui des roches Fury.

Le havre Townshend se trouve dans l'île London, la plus grande du groupe : c'est un mouillage sûr, situé à son extrémité orientale. Les pics Horace servent à faire reconnaître sa position. Quelques roches, sur lesquelles la mer brise avec violence, gisent au large des îles et près de l'entrée du passage Pratt. Comme on ne trouve pas fond par moins de 91 mètres, quand on a dépassé ces roches et qu'on donne dans les passes, il faut être sûr delà durée du vent pour entrer dans le port ou en sortir. La tenue y est excellente, et quoiqu'il vienne des terres élevées de l'Ouest de terribles rafales, il n'y a pas à craindre de chasser. (Voirie plan N° 2027.)

LES FURIES DE L'EST ET DE L'OUEST. — L'entrée des canaux Barbara et Cockburn est située entre les îles Camden et Magill.

[cap. m.] LES FURIES. SOUND MELVILLK. 191

Celle enlrée est parsemée d'amas de roches, dont les plus importantes et les plus remarquables sont les Furies, entre lesquelles se trouve le passage qui conduit au canal Cockburn. Elles sont situées dans l'Ouest du cap Scliomberg, lequel forme la pointe Ouest de File London; les Furies de L'Est sont à 4 milles et celles de l'Ouest à 9 milles de ce promontoire. A 3 milles de ces dernières, et dans leur alignement avec celles de l'Est, existe un rocher isole'. Dans l'E. q. N. E. et à à milles } des Furies de l'Ouest gisent les roches Tussac, qui sc-nl au nombre de deux, sans dangers extérieurs. Les bâtiments quientrenl avec des vents d'Ouest devront passer près des Furies de l'Ouest et gouverner sur les roches Tussac. Une l'ois dépassées, on ne rencontre plus de dangers connus à l'entrée du canal Cockburn. Ces ilôts sont très fréquentés par les pêcheurs de phoques; ces animaux s'y rassemblent en grand nombre dans certaines saisons.

SOUND MELVILLE. — Les îles Magill forment un groupe étendu situé dans le Sound Melville, à l'entrée du canal Barbara; on y trouve plusieurs anses et plusieurs mouillages. Le mont Skyring, dans file du même nom, est un point remarquable; il s'élève en forme de pic à une hauteur de 914 mètres.

H existe un grand banc de goémons un peu au Sud de la plus Ouest des îles Bynoe; on l'évitera en ralliant le côté Sud du passage. Des fonds de 20 à 24 mètres ont été trouvés près de ce banc. L'île Bynoe présente un mouillage à son côté N. E.

H y a un îlot à { de mille dans le S. E. de la pointe S. E. de l'île Mortimer. Enfin, dans la passe qui sépare cette dernière île de l'île Kempe, on a rencontré des îlots et des roches non mentionnés sur les cartes; ils sont au côté Sud du canal, et pour les éviter on doit rallier l'île Mortimer.

Eu rangeant de près la côte Sud de l'île Mortimer, on ne trouve pas le fond par 55 mètres. On peut jeter l'ancre dans le Sud de l'île qui gît à 1 mille yjO.N. 0. de l'île Mortimer; on mouillera par 27 mètres entre des bancs de goémons se détachant des pointes S. E. et S. 0. de cette île. Un navire ayant pris ce mouillage aura derrière lui, lorsqu'il sera évité au N.E., un autre banc rendu dangereux par les nombreuses roches noyées qui surgissent en son milieu. (Voir, pour la description du canal Barbara, du passage Adélaïde et du canal Cockburn, pages 89 et 189.)

Le port Tom, dans la partie S. E. de l'île du mont Skyring, est bon et très abrité, excepté contre les violentes rafales qui desc client des hautes terres; mais, au reste, elles sont fréquentes dans tous les ports de la Terre de Feu. Pour les pêcheurs de phoques, il est néanmoins meilleur et plus sûr que le port Fury, qu'ils ont l'habitude de

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fréquenter, et on y trouve tous les avantages qu'offrent les autres porls de la Terre de Feu.

Le havre Fury, situé sur la côte S.E. de l'ile Fury, qui occupe le centre du groupe Magill, est une rade foraine qui n'offre que peu d'abri et un mauvais fond. Son voisinage avec les Furies de l'Est et de l'Ouest et les roches Tussac, sur lesquelles on trouve beaucoup de phoques , fait qu'il est très fréquenté par les pêcheurs. (Voir plan N° 2028.)

L'anse Nord, sur la côte N. E. de l'ile Fury, est un mouillage fermé et convenable temporairement pour de petits navires. Une fois entrés, ils y sont en sûreté; mais on doit se rappeler qu'il n'y a pas de mouillage dans le canal, ni en dedans de l'anse, si ce n'est à toucher la côte du vent. (Voir le plan N° 2028.)

Le canal Barbara, qui conduit dans le détroit de Magellan (English reach), a son entrée tellement obstruée par les roches et les îles ci-dessus qu'aucun chenal ne peut être indiqué de préférence. La carte doit être consultée comme étant le meilleur guide pour cette navigation. Pour de petits bâtiments il n'y a ni danger ni difficulté; ils y trouvent de nombreux mouillages qu'ils peuvent atteindre sans peine. La situation des roches qui gisent devant l'entrée de ce canal est parfaitement indiquée sur la carte; mais néanmoins aucun bâtiment n'en doit tenter le passage, si ce n'est de jour et avec un temps clair, de manière à se fier plutôt à une bonne vigie placée en tête d'un de ses mâts qu'à une carte quelconque. Quatre montagnes remarquables servent à reconnaître très distinctement l'entrée de ce canal :

Les pics de l'île Kempe, qui sont élevés et ont trois pointes;

Les pics de l'ile Fury, qui sont élevés et séparés;

Le mont Skyring, qui est haut et n'a qu'un pic;

Le mont Saint-Paul, qui, vu d'auprès de l'île Fury, a tout à fait l'aspect du dôme de la cathédrale dont il porte le nom, Saint-Paul de Londres. (Voir, page 89, la description du canal Barbara.)

Les îles Agnès et celles qui les avoisiueut n'ont pas besoin d'être décrites; elles sont si bien défendues par les rochers qui les environnent qu'aucun bâtiment ne peut les approcher. L'entrée S. 0. du canal Barbara se trouve entre les îles Magill et Agnès. Aucun bâtiment ne doit s'engager dans ce dédale; et, s'il le fait, il ne pourra naviguer qu'à l'aide de vigies. Ni cartes, ni sondes, ni instructions ne peuvent lui être d'aucun secours, et avec un temps sombre sa position pourrait devenir très embarrassante.

L'île SToire, la plus en dehors de ce labyrinthe, reste à l'O.N.O.^N. du cap Schomberg, à une distance de 34 milles. Elle s'élève d'environ 183 mètres au-dessus du niveau de la mer; une langue de terre remarquable, dans la partie S. 0., se termine par un rocher sem-

[ciup. iii.| HAVRE FURY. — M1LKY-WAY. 198

blable à une tour ou à un clocher. A 1 mille au Sud de celle pointe est une roche sous l'eau sur laquelle la mer brise parfois. Il y a deux autres brisants auprès de la pointe dans la baie.

Entre Vile Noire et le cap Schomberg, qui est situé sur l'île London, il y a beaucoup de récifs et un grand nombre de roches de'lache'es et avancées qui rendent celle côle très dangereuse et impraticable pour les bâtiments. Aucune carte ne peut leur servir de guide; il ne faut naviguer que de jour, avec beau temps et avec de bonnes vigies, si l'on veut entrer dans le canal Barbara, qui débouche dans cette baie, ou en sortir.

La rade Noire offre un bon mouillage; plusieurs bâtiments peuvent s'y abriter, par un beau fond de sable, contre tous les vents de la partie de l'Ouest. On y trouve en grande quantité du bois et de l'eau, que l'on peut se procurer facilement. Dans la partie méridionale de l'île est une crique dans laquelle des embarcations peuvent se trouver en sûreté par tous les temps, mais l'entrée est trop étroile pour des navires.

Le vaste espace compris entre l'île Noire et les îles Agnès est extrêmement dangereux pour la navigation; il est hérissé de roches, les unes à fleur d'eau, les autres élevées de quelques pieds au-dessus de la mer, d'autres entin recouvertes de quelques pieds d'eau. Il y a cependant un espace suffisant pour faire le tour de l'île en sûreté, et par suite un bâtiment n'a pas à craindre d'être surpris par des vents d'Est au cas où il serait mouillé dans la rade Noire. Une roche gît dans celte rade, et à h milles dans l'Est s'en trouve une aulre très dangereuse. (Voir le plan N° 2023.)

MILKY-WAY. — Ce nom a été donné à l'espace compris entre l'île Kempe et l'île Noire parce qu'il est, dans toute son étendue, couvert de roches à fleur d'eau ou élevées de quelques pieds audessus de l'eau.

La mer y brise continuellement. On a vu des bàtiinenls passer à terre du Milky-Way et à toucher les îles Kempe et Agnès, mais c'est une route qu'il est fort dangereux de suivre. Cette partie de la cote n'a besoin d'être connue que pour être évitée. Les roches Tower sont élevées et accores; on peut les ranger de très près d'un bord ou de l'autre.

Marées.-- Dans le canal Barbara, on a trouvé que le courant de flot portait au large, c'est-à-dire dans le Sud, comme c'est aussi le cas dans le canal Cockburn; au reste, tout le système des marées dans cet archipel demande à être observé avec beaucoup de soin et de patience.

Les îles Cirafton sont élevées; les remarques failes sur le carac- Patagonie. 1 3

194 TERRE DE FEU. Ichap. m.]

tère général de la côte peuvent leur être appliquées. Elles offrent plusieurs mouillages, mais le meilleur et le plus accessible est la baie Euston. Derrière elles est le passage Wakefield, qui a été traversé par un bateau pêcheur de phoques. Dans le N. E. se trouve une masse de terres hachées composée d'ilôts et de roches. Le havre Hope, sur la côte Est de l'île James, est un de ceux fréquentés jadis par les pêcheurs de phoques.

L'île Isabelle offre un mouillage qui n'est bon que pour les bateaux de pêche. 11 y a au large de la côte Sud de file Isabelle quelques roches qui se terminent par les roches Kennel, lesquelles sont à 3 milles dans le Sud de la pointe Sud de l'île. Une autre roche à fleur d'eau gît à 3 milles dans le N. 0. q. 0. des Kennel. ,

Le cap Gloucester, qui forme l'extrémité Ouest de l'ile Charles, la plus grande et la plus occidentale de toutes, est un promontoire très remarquable qui ne peut être pris pour un autre. A une certaine distancent apparaît comme une île haute et détachée; mais en approchant on distingue une langue de terre basse qui le réunit à l'ile. Une roche, sur laquelle la mer brise, est située à 1 mille environ dans le N. 0.; il n'y a pas d'autre danger. Le cap étant accore, il peut être rangé de près.

BAIE EUSTON. — Le cap Gloucester sert de reconnaissance pour cette baie, qui offre un des meilleurs mouillages de cette côte, qu'on peut approcher et dont on peut s'éloigner par tous les vents sans aucun risque, et dans lequel une flotte peut s'abriter en toute sûreté de tous les vents, excepté du S. E., qui est le moins fréquent sur cette partie de la côte. En venant de l'Ouest et doublant le cap Gloucester, on aperçoit une île élevée dans le S. E., à 7 milles de distance : c'est l'île Ipswich; entre elle et le cap est la baie Maria, dans laquelle on trouve beaucoup de roches et de brisants.

Quand on double l'île Ipswich, il faut se tenir à distance des roches sous l'eau qui se trouvent à 1 mille de l'extrémité S. E. de cette île. La mer y brise généralement, mais pas toujours cependant; il n'y a pas d'autre danger caché.

Après avoir paré ces roches, il faut ranger de près l'île Leading et gouverner sur l'entrée du havre Laura, que l'on apercevra sous une haute montagne pointue. On choisit son mouillage où l'on veut, si on a l'intention de mouiller dans la baie Euston; ou bien on s'avance aussi loin qu'on le juge à propos dans le passage qui conduit au bassin Laura; on mouille et l'on se haie jusqu'au mouillage indiqué sur le plan.

Le bassin contient assez d'eau pour un navire de dimensions modérées, mais il est plutôt convenable pour un pelit navire. Les grands bâtiments peuvent mouiller dans la baie, et comme le fond est égal et

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