BAIE EUSTON. — BAIE LATITUDE
de bonne tenue, que la baie est vaste et exposée seulement aux vents de S. E. , qui arrivent graduellement et soufflent rarement avec violence, on peut regarder cet endroit comme un refuge très commode pour toutes sortes de bâtiments et même pour une escadre. L'eau et le bois s'y trouvent en abondance, et, on peut se les procurer facilement. Le brassiage varie dans la baie de 9 ù 3G mètres; le fond est généralement de sable fin piqué. Un grand espace couvert de plantes marines se montre en travers de l'entrée du havre, mais il n'y existe aucun danger, si ce n'est dans un endroit où il n'y a que 7 m 30. (Voir le plan N° 2023.)
Les îles Fincliam sont les premières à reconnaître en remontant dans le N. 0. Entre elles et le cap Gloucester se trouve la cote Breaker, grand espace ouvert de 20 milles d'étendue, rempli de roches et de brisants et exposé à toute la violence des vents d'Ouest; elle est complètement inaccessible pour les navires. La côle environnante est hachée et remplie d'une quantité presque innombrable d'iles, d'îlots et de rochers.
Le cap Tate est élevé et arrondi à son sommet; au large sont plusieurs groupes de roches : les deux plus au Sud s'appellent roches Collège; elles ne sont visibles que lorsqu'on est près de terre. Comme on le verra sur la carte, il n'y a pas de bon mouillage dans celle partie. La côte est très dangereuse et doit être évitée.
Les îles Iiandfall (îles de l'Atterrage) furent ainsi nommées par ie capitaine Cook, parce que c'est la première terre qu'il vit lorsqu'il explora cette côte; son extrémité Sud forme le cap Schettky, hauteur remarquable surmontée de deux sommets; quelques roches à fleur d'eau se trouvent à 1 mille au large. Le cap Inman est un promontoire très remarquable situé à leur extrémité occidentale.
Devanl ce cap sont plusieurs roches détachées sur lesquelles la mer brise avec force, ce qui leur donne un aspect effrayant; la plus au large n'est pas à 2 milles de la côle et se distingue très facilement.
La baie Latitude s'ouvre derrière le cap Inman ; c'est un bon mouillage, quoique exposé parfois à une forte houle qui y pénètre par les grands vents de N. 0. Entre les îles Landfall est un endroit bien fermé où peut entrer un bâtiment ne tirant pas plus de 3 m 7, et. dans lequel il aura un excellent abri et une mer calme; il ne faut pas mouiller par moins de 18 mètres et l'on doit se tenir aussi près que possible de la côte Ouest, avec une ancre dans l'Est, pour le cas où le vent viendrait à souffler de celte partie. Comme dans tous les ports de la Terre de Feu, on y trouve en abondance du bois et de l'eau. La mer est pleine aux changements de lune à 1 heure de l'aprèsmidi. (Voir le plan N" 2023.)
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La baie Otway se trouve en dedans et dans l'Est des îles Landfall ; c'est une vaste étendue d'eau entourée de terres coupées d'îlots et de roches. Un grand nombre de ces dernières sont répandues çà et là dans la baie et la rendent impropre à la navigation. H est probable qu'il existe 'des communications entre cette baie et le détroit de Magellan, car le Sound Dynever et plusieurs aulres canaux courent dans cette direction aussi loin que l'œil peut les suivre des îles Landfall : on n'a pu les explorer faute de temps. Le capitaine King dit: tell est probable qu'il doit exister une communication entre le pertuis Dynever et l'ouverture Abra de Sarmiento, qui est dans le détroit, vis-à-vis de Playa Panla."
En 1871, on a aliîrmé qu'un navire pêcheur de phoques, commandé par don Pedro Louis Bueno, a passé sans accident à travers la Terre de Désolation en prenant le Dynever Sound et l'Abra de Sarmiento (voir page 104).
Les îles Week, sont séparées de l'île Désolation par le passage Murray. Dans leur partie Sud est une rade où il y a bonne tenue par 32 à 36 mètres , fond de gros gravier et de sable avec quelques roches ; elle est exposée aux vents de Sud et d'Ouest et, par suite, ce n'est pas un bon endroit pour mouiller. Au milieu des îles, un petit navire peut trouver un abri très sûr dajis le port Saturday, mais il est d'un accès difficile. Comme on fa déjà dit, l'œil doit être le meilleur guide pour entrer dans la plupart de ces endroits. Ils sont tous du même genre; ce sont des bras de mer renfermés entre des terres élevées, ayant généralemant un brassiage considérable, et les roches y sont balisées par les plantes marines. Les rafales et les violentes bouffées de vent qui descendent de ces terres élevées en rendent l'approche difficile pour toutes sortes de bâtiments et impraticable pour un grand navire. (Voir la carte IN 2023.)
L'île Graves est la plus grande de ce groupe. Le cap Sunday, le promontoire Ouest, est élevé et proéminent; on trouve au large deux îlots et deux rochers dangereux qui sont indiqués sur la carte. Après avoir doublé le cap Sunday, on découvre la baie Barrister; c'est un endroit ouvert, rempli d'îlots, de roches, de brisants, et tout à fait impraticable pour un bâtiment.
Le cap Deseado, qui se montre dans le N.N. 0. des îles Week, est la terre la plus élevée de ces parages, et, par suite, très remarquable; au large gît un îlot de roche à 1 mille du cap; à 2 milles, dans le S. S. E., se trouve une ouverture qui n'a pas encore été explorée ; de cet endroit jusqu'au cap, la côte est très élevée et sans interruption. LVcore des sondes de 90 mètres parait s'étendre jusqu'à
[ciiAr. ni.J BAIE OTWAY. — CAP PILLAK. 197
20 milles de terre le long de cette côte S. 0. de la Terre de Feu, fond de gros sable.
Le havre Dislocation est un endroit de refuge pour un navire affalé sur la côte ou en détresse, mais peu convenable dans tout autre cas. Son entrée est difficile à voir, à cause des roches qui l'obstruent et sur lesquelles la mer brise violemment ; en outre, il y a deux basses sur lesquelles la mer ne brise pas toujours : leur position est exactement indiquée sur la carte. La position du havre Dislocation est reconnaissable à deux montagnes appelées pic Law et pic Shoulder, qui sont les plus remarquables de cette partie de la côle et qui dominent le port. On peut faire de l'eau facilement; les canots peuvent se tenir dans un ruisseau qui descend des montagnes et remplir leurs pièces le long du bord. Le bois y est en abondance.
Les Weatber et Lee Rocks, les roches du vent et de dessous le vent, sont deux dangers placés au large de ce port; les Weather-Rocks sont situés à 2 milles { dans le N. 60° 0., et les Lee-Rocks à 3 milles } dans le S. 22° 0. de l'entrée Sud, qui est étroite et exposée aux vents ré-, gnants étala houle, lesquels peuvent pendant plusieurs jours empêcher un navire de prendre la mer. (Voir le plan N° 2023.)
Instructions. — Pour trouver l'entrée, gouvernez sur les deux pics, en veillant avec soin les roches du vent (Wealher) et de dessous le vent (Lee), toutes deux élevées de plusieurs pieds au-dessus de l'eau, et sur lesquelles la mer brise avec violence; et quand vous serez à moins de h, milles de la côte, vous distinguerez facilement, du haut du mât, l'entrée du port. En donnant dedans, évitez les deux roches de l'entrée et mouillez le plus en dedans possible. 11 n'y a qu'un petit bâtiment qui puisse sortir sans avoir bon vent. Les vents régnants produisent de la houle dans la baie, mais elle est néanmoins parfaitement sûre. Quatre petits bâtiments peuvent s'y tenir en sûreté; le fond*y est très uniforme, variant de 27 à 45 mètres, sable fin blanc.
Les roclies Juges et Apôtres s'aperçoivent en faisant route du havre Dislocation pour aller dans le IN. 0. ; elles s'élèvent de l m 50 à 15 mètres au-dessus de la mer, mais la quantité de brisants qui les entourent indique que les récifs ont une certaine étendue; la roche la plus au large est à 4 milles de terre.
Le cap Pillar, extrémité N. 0. de la Terre de Feu, forme la pointe Ouest de l'entrée du détroit de Magellan. C'est une falaise escarpée; quand on l'aperçoit en venant de l'Ouest, il est surmonté de quatre pics dont le plus méridional est le plus élevé. Les terres sont accores, et à moins de 1 mille du pied du cap on trouve 1 10 mètres de profondeur. (Voir, page 21 1, le passage du détroit de l'Ouestà L'Est*
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et, page 158, la description de la côte du large au Nord des îles Évan-
gélistes.)
Marges. — H y a pleine mer, les jours de pleine et de nouvelle lune, au cap Pillar, à 1 heure de l'après-midi, et à York-Minsler, dans le Chrislmas Sound, à 200 milles environ dans le S. E., à 3 heures.
Dans les endroits interme'diaires, l'heure varie graduellement entre ces limites; l'élévation de la marée varie de l m 22 à l m àà.
Les brumes sont extrêmement rares sur cette côte ; mais un temps pluvieux et sombre, accompagné de vents violents, y règne presque toujours. Le soleil se montre rarement, le ciel, même avec beau temps, étant généralement couvert et nuageux ; il est rare que le temps soit clair.
Vents. — Les coups de vent se succèdent les uns aux autres à de rares intervalles et durent plusieurs jours. Quelquefois, le temps est beau et fixe pendant peut-être une quinzaine de jours, mais c'est bien rare. Les vents d'Ouest régnent pendant la plus grande partie de l'année ; les vents d'Est souillent principalement en hiver, très violemment parfois ; ils sont rarement très forts en été.
Les vents d'Est sont toujours faibles et accompagnés dftbeau temps lorsqu'ils commencent; puis ils augmentent graduellement, le temps change, et souvent ils finissent par passer à l'état de coup de vent. Le plus souvent ils atteignent la force d'une brise à 3 ris aux huniers, puis tombent graduellement ou sautent à une autre aire de vent. Les coups de vent du Sud et les bourrasques du S. 0. sent précédés et annoncés par des bancs épais de gros nuages blancs qui s'élèvent de cette partie de l'horizon et ont des bords très nets et très tranchés. Les vents de N. et de N. 0. sont précédés et accompagnés de nuages chassant très bas; le ciel est obscur et on aperçoit d'autres nuages à une grande hauteur; le soleil les perce avec peine et offre un aspect rougeâtre.
Quelques heures, et même un jour enlier avant un coup de vent de Nord ou de l'Ouest, il est impossible de prendre une hauteur du soleil, quoiqu'il soit visible, parce que la brume des parties supérieures de l'atmosphère empêche son disque d'être distinct et tranché. Quelquefois, mais rarement, avec une petite brise variant du N. N. 0. au N. N. E., on peut avoir quelques jours de beau temps ; mais ils sont généralement suivis de fortes brises du Sud avec de la pluie.
Les vents de Nord commencent toujours par souffler modérément; mais le temps est plus sombre et plus nuageux qu'avec les vents d'Est et est généralement accompagné d'une pluie fine. A mesure qu'ils augmentent,^ tournent graduellement vers l'Ouest et deviennent plus frais entre le Nord et le N. 0. ; le ciel se charge de gros nuages, s'obscurcit,
[chap. ....] DOUBLER LE CAP HORN DE L'EST À L'OUEST. 199
et la piuie tombe abondamment. Quand la fureur du vent de N. 0. est passée ce qui varie de 12 à 50 heures, ou même pendant qu'il vente dur, la brise saute tout à coup au S. 0. et souffle plus violemment. Ce vent chasse alors rapidement les nuages, et en quelques heures le temps devient parfaitement clair, mais de forts grains passent de temps à autre. .
Une fois au S. 0., le vent dure (généralement) plusieurs jours, soufflant avec violence, mais se modérant vers la fin et amenant alors deux ou trois jours de beau temps.
Les vents de Nord commencent généralement pendant l'été; mais ils varient continuellement du Nord au Sud, en passant par l'Ouest, dans celte saison, qui ne mérite guère le nom d'été qu'à cause de la longueur des jours et de la température un peu plus chaude. La pluie et le vent sont plus forts dans les longs jours que dans les courts.
11 faut se rappeler que le mauvais temps ne vient jamais subitement de l'Est et qu'un coup de vent du S. 0. ou du Sud ne saute jamais brusquement au Nord.
Les vents de Sud et de S. 0. s'élèvent subitement et avec violence, et c'est une circonstance à laquelle il faut bien avoir égard pour choisir son mouillage ou éviter les sautes de vent à la mer.
Le temps le plus ordinaire sous ces latitudes est un vent frais variable du N.O. au S. 0., accompagné d'un ciel sombre et nuageux.