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DOUBLER LE CAP HORN

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qui lui a été adressée par le capitaine Smyley, et qui contient d'intéressantes indications sur les avantages incontestables que présente la roule par l'Ouest des Malouines. Il expose que pendant longtemps les navires destinés à l'Océan Pacifique avaient l'habitude, après avoir franchi le parallèle de la Plata, de passer dans l'Est des Malouines, les uns pour éviter le danger de l'Aigle, les autres pour ne pas être jetés sur la côte Est de Palagonie. Or, suivant lui, l'écueil n'existe pas plus que la côte n'est à craindre. Il dit avoir cherché l'Aigle dans les circonstances les plus favorables, et n'a jamais rien trouvé. Quant à la crainte d'être jeté sur la côte Est de Patagonie, il allirme qu'après avoir passé 22 ans de son existence presque continuellement entre la Plata et les Shetland du Sud il n'a jamais vu le vent souffler en côte douze heures de suite, bien que le genre de pèche auquel il se livrait le forçât de se tenir près de terre.

Nous terminerons ces citations en reproduisant les conseils de Maury, qui nous semblent résumer parfaitement les instructions des différents auteurs dans ce qu'elles ont de commun, et qui présentent d'ailleurs l'avantage d'être basées sur un grand nombre d'observations:

«La règle sera de passer toujours dans l'Ouest des Malouines. Ou prendra le détroit do Lemaire, s'il est possible de le faire pendant le jour, car les courants y sont singulièrement forts et variables; puis on rangera le cap aussi presque le permettront les vents et les rochers de la côte. Mais si, après le détroit de Lemaire et avant d'avoir doublé le cap, on trouve les grandes brises d'Ouest, il ne faudra pas lutter contre elles près de terre; il sera préférable de prendre la bordée du Sud pour aller trouver des brises moins fraîches, ce qui aura lieu probablement à une distance des côtes variable selon la direction du vent.

tt Toutefois, même en prenant ce parti, il faudra soigneusement profiler des variations de la brise et préférer en général, jusqu'à ce que le cap soit doublé, la bordée qui donnera le plus d'Ouest. Les navires se rendant à Valparaiso ou aux Intenuedios ne devront pas, avec bon vent, faire autant d'Ouest au Sud du parallèle de 50° S. que ceux qui vont plus au Nord, en Californie par exemple. Ces derniers couperont convenablement le parallèle de 50° S. tant qu'ils seront à l'Est de 100° ou 112° O., et le plus souvent ils couperont ce parallèle entre 82° et 92° O.v

De tout ce qui précède, un seul point de la question reste exactement prouvé : c'est la détermination de l'époque la plus favorable pour effectuer de rapides traversées. Nous avons déjà dit que les moyennes extraites de Maury ne peuvent laisser le moindre doute à cet égard. Mais encore faut-il ajouter que rien ne prouve d'une manière positive que la saison des traversées moyennes les moins longues

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soit la meilleure au point de vue des coups de vent et des chances d'avaries graves.

Quant à la route à suivre, nous pensons que la diversité extraordinaire des opinions émises à ce sujet doit fournir cet enseignement, qu'aucune règle absolue riest bonne pour cette navigation spéciale et qu'il est seulement possible de donner des conseils généraux que chacun des navigateurs modifiera suivant les circonstances et les qualités du bâtiment.

CONSEILS GÉNÉRAUX. — Lorsqu'on sera parvenu au parallèle de 50° Sud, ensuivant les indications données ci-dessus, on pourra tracer sur la carte une ligne joignant la position du navire au cap San Diego (détroit de Lemaire), et l'on fera tout son possible pour se tenir dans l'Ouest de cette ligne. Pour cela, et comme les vents sont toujours dominants du N. 0. au S. 0., on profitera des vents de la partie du N. 0. pour faire route au S. q. S. 0. et même au S. 0. du monde, de manière à se placer bien au vent el à pouvoir faire sans inconvénient le S. S. E. du monde quand le vent baiera la partie du S. 0. La plus mauvaise saison pour effectuer cette fraction de traversée sera celle comprise du 1" janvier au 1 er avril, période pendant laquelle les vents souffleront le plus souvent du S.O.

En arrivant à l'entrée du détroit de Lemaire, avec un navire à voiles, on n'hésitera pas à tenter le passage si l'on a des vents bien établis de la partie du Nord, de N. E. à N. 0., avec un baromètre ferme et des apparences de temps bien établi; enfin, si l'on se sent maître de sa manœuvre. Dans tout autre cas, et si l'on éprouve de l'hésitation, il faudra se résignera doubler la Terre des Etats, en passant à bonne distance dans l'Est du cap Saint-John : on aura ainsi l'esprit tranquille, et la traversée sera un peu plus longue.

Avec un bon navire mixte, avec un grand aviso ou une corvette par exemple, on n'aura aucune excuse à donner si l'on ne prend pas le détroit de Lemaire, à moins toutefois que l'on ne trouve dès l'entrée de fortes brises de S. 0. à S.E. ou un temps de mauvaise apparence.

En tous cas, on fera son possible pour passer le détroit pendant le jour, en raison des courants irréguliers et violents contre lesquels on devra se tenir en garde.

En sortant du détroit de Lemaire, la route à suivre pour aller doubler le cap sera à peu près le S.O. Or il sera facile de s'en tirer si l'on a le bonheur d'avoir des vents de N. E. à N. 0., ce qui n'est pas rare du tout; et, dans ce cas, on fera une très belle traversée, en doublant le cap à petite distance. Mais si l'on trouve des vents d'Ouest ou de S. 0., que faire? Fitz-Roy pense que le mieux est de louvoyer près de terre, en profitant de toutes les embellies, et en allant se mettre à l'abri, en cas de mauvais temps, dans diverses baies de la Terre de

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