LES CANAUX DU NORD AU SUD. - LE DETROIT DE L'OUEST A LEST
Beaucoup de marins d'expérience sont d'accord pour recommander aux grands bâtiments l'emploi des canaux laiéraux dans le sens du Sud au Nord; mais ils-sont moins affirmatifs lorsqu'il s'agit de la traversée inverse. En effet, les vents sont fréquemment favorables au large, pour faire route du Nord, au Sud; la grosse mer y est beaucoup moins redoutable, puisqu'on ne fa pas de l'avant. Donc les bâtiments passant du Pacifique à l'Atlantique ue donneront dans les canaux latéraux, sauf désir contraire du capitaine, que s'ils sont faibles, eu état douteux, ou dépourvus de qualités nauliques. Ajoutons que les petits voiliers, auxquels le passage du Sud au Nord est, pour ainsi dire, interdit, tant il serait long, peuvent aussi l'essayer dans le sens qui nous occupe en ce moment, sous la réserve d'y rester longtemps s'ils éprouvent des contrariétés.
Nous allons examiner rapidement les particularités que peut offrir le passage du golfe de Penas au détroit de Magellan; nous ne donnerons, bien entendu, aucun détail sur les ports qui se présenteront: nous nous bornerons à de simples renvois aux paragraphes convenables. Rendus au détroit de Magellan, c'est-à-dire à la baie Slioll, qui est le point de jonction, nous attaquerons la traversée du détroit de l'Ouest à l'Est et nous verrons à quels navires cette navigation peut convenir. Les renseignements sur le temps, le vent, les marées, les -cartes, les indigènes et les ressources ont élé donnés de la page 118 à la page 121, pour ce qui concerne les canaux latéraux. Nous prions le lecteur de vouloir bien y recourir.
Décidé à s'engager dans les canaux pour gagner le détroit de Magellan, un bàliment, d'où qu'il vienne, reconnaîtra le cap Très Montes (vue N° 1, 2° série). Si le temps est propice, il fera route directement pour aller chercher les lies Ayautau, dans le Nord de la baie Tarn. S'il y a crainte de ne, pouvoir atteindre avant la nuit ni le havre Haie ni le havre de l'Ile (page 153), le bâtiment relâchera au port Otway ou au port Kelly (pages 157 et 159). Les petits navires ont encore la ressource du port Ballenas et du mouillage temporaire de l'île Sombrero, mais il faut de la prudence et un temps maniable pour aller les chercher.
Le capitaine attendra à l'un de ces mouillages que les circonstances
APPENDICE
soient favorables pour entrer dans la baie Tarn et le canal Messier. Les îles Ayanlau, Wager et Byron constituent les meilleurs points de reconnaissance (vue N° 2, 2° série); on voit les sommets de ces îles de 30 ou 40 milles. L'île Sombrero et le point culminant de l'île Millar guident dès que l'on est un peu plus près.
Les vues N os 3 et 4 (2° se'rie) sont à consulter entre les îles Ayautau et le havre Haie; la baie Fatale sera toujours évitée, quelles que soient les circonstances.
La navigation n'offre aucune difficulté dans la partie Nord des canaux. Le havre de l'île (page 153) et l'anse Connor (page 152) sont, après le havre Haie, les meilleurs points de relâche. A partir du Search Inlet, les capitaines se préoccuperont de suivre attentivement les terres de façon à connaître exactement leur position en approchant du goulet Anglais; la vue N° 10 bis (T série), prise avant d'arriver à la pointe Ommaney, montre, ainsi que les deux suivantes, que le mont Albion, situé dans le Sud du goulet Anglais, a une importance considérable pour le passage du goulet du Nord au Sud.
Pour que le capitaine engage son bâtiment dans le goulet Anglais , il faut que les circonstances soient favorables et qu'il y ait encore assez de jour pour que l'on puisse atteindre l'un des mouillages situés dans le Sud du goulet. Obligé de mouiller dans le Nord, un navire a le choix entre la baie Hait, le havre Gray et l'anse Hoskyn. La baie Hait est de plus en plus délaissée (page 151).
Au contraire, un bâtiment ayant devant lui du temps et des circonstances favorables franchira le goulet Anglais sans s'arrêter (carte N° 3016; vues N ' 10 1er, 11 , 12 et 10 quater). Ces vues sont échelonnées .de telle sorte qu'avec un peu d'attention on est conduit jusqu'à portée de l'île Mi-Chenal, et alors il n'y a plus d'erreur possible. On ne perdra pas de vue que les îles situées au Nord du goulet Anglais sont assez difficiles à reconnaître, parce que certaines d'entre elles sont très près de la côte et qu'on ne les en distingue qu'avec peine; cependant l'île •Thomas (celle qui se trouve au Nord de l'île Lamarmora) présente près de son centre un pic très bien défini et en même temps YEntrance Rock est une bonne marque pour aller chercher l'îlot Loney (voir, pour les courants, la page 149). Comme les bâtiments s'enfonçaient parfois dans la baie Magenta au lieu de suivre la bonne route, les Chiliens ont élevé sur le sommet de l'île Cavour une pyramide blanche (page 149) qui se voit de l'île Daly etmême de plus loin : cette marque et celle de la pointe Cedar facilitent la navigation.
S'il est trop tard pour continuer vers le Sud, pour atteindre, par exemple, le havre Grappler, les grands bâtiments jetteront l'ancre dans l'excellent havre Eden; les moyens auront le choix entre le havre Éden et le port Simpson; enfin les petits se réfugieront soit dans l'un des deux premiers, soit dans l'anse Lucas (pages 143 à 146).