LES CANAUX DU NORD AU SUD
du détroit, les vents régnants permettent de remonter la côte orientale d'Amérique en s'en éloignant beaucoup moins que si l'on a doublé le cap Horn. En effet, tout bâtiment ayant fait cette dernière Toute rencontre la plupart du temps des vents de N. 0. et est obligé d'aller dans l'Est des iles Malouines ou Falkland. 11 est alors exposé à de forts coups de vent et à une mer très grosse du travers. Il gagne difficilement dans le Nord. Les mois compris entre avril et septembre sont les moins favorables pour passer le détroit de l'Ouest a l'Est.
Tout ce qui a trait aux avantages, aux inconvénients et aux divisions du détroit, aux précautions générales, au charbon, au bois, à l'eau , aux provisions , aux marées, aux vents, au temps, au climat, aux indigènes, etc., est traité avec détail de la page 2 à la page 21 : le lecteur voudra bien s'y reporter.
La carte N° 877 suffit pour l'intelligence de ce qui suit; mais les quatre grandes caries qui détaillent les diverses parties du N° 877 seront encore plus commodes (N os 3397, 3398, 2991 et 2869).
Les îles Evangélistes sont visibles à 15 milles, par un temps clair, du pont d'un bâtiment; elles serviront de reconnaissance pour donner dans le détroit, en venant du Pacifique. Les hautes terres voisines du cap Victory s'aperçoivent d'une distance un peu plus grande que les Évaugélisles. La sonde nesera pas négligée pouratterrir, carl'inspection de la carteindique des fonds modérés au large de l'entrée. Le cap Pillai- est également très facile à distinguer : vu de l'Ouest, il montre quatre pics, dont le plus méridional est le plus élevé. Les Apôtres et les Juges seront utiles aux bâtiments arrivant par le S. 0. et atterrissant sur cette côte désolée, dont la vue produit toujours une impression de tristesse. Le Westminster Hall doitêlre également classé parmi les amers excellents. Pour peu que les vents dépendent du Nord , les voiliers devront avoir soin de gouverner franchement au vent de l'entrée et de ne laisser porter qu'au dernier moment pour passer au Sud des Evangélistes.
Une fois les iles Evangélistes bien reconnues, la pluie, le vent et la grosse mer n'empêcheront pas d'entrer; on se gardera seulement des îles Sir John Narborough, dont la limite est encore mal déterminée. Il faut tenir compte des courants de marée tant que l'on est à l'Ouest de la ligne qui passe par les Evangélistes et le cap Pillai; à l'Est de cette ligne, ces courants deviennent, au contraire, insensibles. Le navire a toutes sortes de facilités pour faire roule dans le miljeu du Sea reach ; violemment poussé (sauf le cas très rare du vent d'Est), il acquerra de grandes vitesses; avec des voiles il faut toujours être prêt à manœuvrer, à cause de l'arrivée subite des tourbillons.
Pendant la saison des longs jours (octobre-avrii) ou avec le clair de lune, on peut ne mouiller que dans l'Est du détroit, là où il faut
APPENDICE
tenir un compte sérieux des marées. On a vu des navires à voiles alier en 3 jours du cap Piliar au cap des Vierges, après être arrivés à la baie Laredo sans jeter l'ancre une seule fois. Dans la saison des jours courts (avril à octobre), ou lorsque des contrariétés se présentent, les vapeurs eux-mêmes peuvent avoir à relâcher beaucoup plus fréquemment. Les cartes indiquant tous les ports, il suffira de recourir, avec leurs noms, à la table alphabétique de la fin du volume pour être fixé sur leur valeur.
Nous n'avons d'observations à faire qu'à partir de la baie Laredo, où les marées commencent à être fortes et à devenir l'un des principaux éléments dont il faille tenir compte pour la navigation. Le courant de jusant devra toujours être recherché; malheureusement il est court, car le retard delà marée (page 10), si favorable pour se rendre du cap des Vierges à Punta Arenas, devient, au contraire, nuisible pour naviguer en sens inverse.
Les capitaines ne quitteront ou ne dépasseront la baie Laredo que s'ils ont l'espérance d'avoir une vue suffisante , lorsqu'ils seront en route , et d'atteindre la baie Grégory, qui est distante de 33 milles; ils se pénétreront bien du régime des eaux (page 9). A moins d'être pratique du pays, on ne peut entreprendre cette navigation qu'en se guidant sur des relèvements. Les îles Sainte-Madeleine et Sainte-Marthe sont, avec le cap Saint-Vincent, les amers à recommander.
En quittant la baie Laredo, il ne faut pas craindre de s'élever dans l'Est, de façon à donner un bon tour aux hauts-fonds du cap Porpesse. Le passage du Pélican ne sera pris que par des bâtiments calant 5 m 50 au plus et ayant affaire soit dans la rade Royale, soit dans le havre Pecket.
Le nouveau chenal, n'ayant d'avantage qu'en cas de louvoyage avec vent debout, est peu usité pour aller vers le second goulet, puisque les vents portent presque toujours. Les bâtiments doivent donc manœuvrer pour prendre le chenal de la Reine. A partir du moment où ils relèvent le cap Thorax au N. 0. q. 0. , ils n'ont plus à se préoccuper des hauts-fonds du cap Porpesse; alors, ils longeront la côte Est de l'île Elisabeth à moins de 1 mille de distance et, autant que possible, entre 4 mille et ■£■ de mille. Le plus simple est de se tenir sur l'alignemeut de la pointe Est de l'île Sainte-Marthe par le cap Saint-Vincent.
A partir du moment où la pointe Saint-Sylvestre sera au Nord, le capitaine viendra sur bâbord pour parer les goémons de l'île Sainte- Marthe ; ensuite il se préoccupera du banc de l'île Sainte-Marthe, signalé par une bouée (page 48). En cas d'enlèvement de cette bouée on saura que l'on n'a rien à craindre du banc dans l'Ouest de l'alignement de la pointe Est de l'île Sainte-Marthe par la pointe Ouest de l'île Sainte-Madeleine. On en est absolument paré lorsqu'on est dans