‹ Paternité;Chapitre 14 sur 89 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d'un pied leste encore, la tète légcrenicnt penchée, chemina au long des talus lleuris de marguerites et de lotiers.

Derrière lui. le cocher faisait claquer hruyamnient son fouet. Au fond de la coaihe, le martellement saccadé de renclumc retentissait dans l'appentis d'un maréchal-ferrant ; pendant les intervalles de silence, on percevait comme des sons de fifres invisibles la chanson des alouettes. Peu à peu ces bruits rustiques réveillèrent en l'âme de l'inspecteur général des souvenances depuis bien longtemps endormies...

Il se revit grimpant cette même rampe, à • vingt-quatre ans. en automne, par une après-midi toute pareille. Il s'en allait alors, léger d'argent et riche d'espérances, prendre possession de son poste de garde général au Val-Clavin. Plus ingambe, mais moins philosophe qu'aujourd'hui, il sondait d'un icil inquiet l'àpre soli-

tude du plateau de Langres et ne se rassérénait un peu qu'en pénétrant dans les bois accidentés qui entourent le village.

Delaberge se souvenait de la sensation d'isolement qu'il avait éprouvée en arrivant au soir dans ce petit bourg de trois cents feux, situé au confluent de deux ruisseaux dont la réunion forme la rivière de l'Aube.

Tombant sans transition en ce pays sauvage, au sortir de l'Ecole de Nancy, il s'y était trouvé tout d'abord esseulé et désorienté. L'hiver y était rude, les distractions nulles. La société se composait de deux ou trois employés, de quelques propriétaires campagnards, tous mariés et peu disposés à recevoir chez eux le nouveau venu.

Comme il s'était ennuyé pendant les jours sombres de décembre et de janvier! Durant deux mois la terre restait couverte de neige et il était impossible de sortir. La besoerne n'abun-

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