‹ Paternité;Chapitre 35 sur 89 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

minée, sans oser lever les yeux. Il eut pitié de son trouble.

« Vous n'avez pas besoin d'excuses, chère madame, — reprit-il de son ton le plus affable; — je suis bien aise, au contraire, de vous trouver ici, car, depuis mon arrivée, j'ai à peine eu l'occasion de vous entrevoir... Je voulais justement vous faire tous mes compliments au sujet de votre fils avec lequel j'ai eu le plaisir de lier connaissance hier soir...

— Ah!... vous l'avez vur» murmura faiblement Micheline.

Une peur anxieuse altéra plus encore ses traits, comme si le seul fait de cette rencontre eût été un désastre, comme si elle y eût vu le présage de quelque calamité imminente. Ses deux mains qu'elle tenait croisées sous les manches larges de son casaquin se séparèrent et, avec un geste las, ses bras tombèrent le long de son corps.

Son exclamation peureuse, son attitude effarée étonneront l'inspecteur

général. Ses lèvres aux coins infléchis exprimaient un absolu découragement.

Elle avait l'air consterné de quelqu'un qui voit tous ses efforts paralysés par la malechance. Delaberge ne comprenait pas comment la seule annonce de son entrevue avec Simon pouvait produire un tel désarroi. Il supposa que Mme Princetot s'alarmait sans doute à cause de l'hostilité bien connue de son fils à l'égard de l'administration forestière, et redoutait quelque désagréable conflit. Afin de la rassurer, il ajouta :

" Oui, j'ai passé la soirée avec votre fils, à la Roselière...

Un soupir douloureux s'échappa des lèvres de Micheline et redoubla la surprise de son interlocuteur. Il s'arrêta un moment, puis reprit :

— Nous sommes revenus ensemble au Val-Clavin et, pendant cette promenade, j'ai pu reconnaitre que Mme Liénard ne m'avait pas exagéré les brillantes qualités de M. Simon.

C'est un garçon d'esprit et un brave

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