‹ Paternité;Chapitre 36 sur 89 · PREMIÈRE PARTIE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE I

cœur. Bien qu'il soit l'adversaire de mon administration, j'espère que nous deviendrons bons amis... Je suis heureux d'avoir fait sa connaissance. »

Cette déclaration, loin d'apaiser Mme Princetot, parut accroître son émoi. Ses deu.\ mains s'étaient rejointes sur son tablier et se tordaient nerveusement. En même temps, Delaberge crut distinguer des larmes sous ses paupières voilées.

■' Qu'avez-vousr — continua-t-il, — on dirait que mes paroles vous chagrinent... Je serais désolé de vous faire de la peine involontairement...

Il s'était rapproché de son hôtesse et, avec une \oï\ plus affectueuse :

— Voyons, Micheline, — murmura-t-i!

doucement, — pourquoi manquez-vous de confiance en moir... Je ne suis pas pour vous un étranger... Souvenezvous qu'autrefois...

Il voulut lui prendre amicalement les mains, mais elle le repoussa avec

le geste indigné d'une dévote qu'on essaierait d'induire en tentation.

— Taisez-vous! — supplia-t-ellc, — ça me fait honte d'entendre reparler de ce temps-là!

— Pourquoi n'en pas reparler? — répliqua-t-il, choqué par cette exagération de pudibonderie ; — maintenant que l'âge nous a mûris, ma chère dame, cela est sans danger... Et d'ailleurs, si jadis nous avons eu le tort d'être trop jeunes, c'est un péché qui est bien effacé aujourd'hui!

Elle cachait sa figure dans ses mains ; volontiers elle eût bouché ses oreilles.

— Taisez-vous ! — répétait-elle,— ah !

mon Dieu, pourquoi êtes-vous revenu ?

— Je ne m'imaginais pas, — réponditil impatienté, — que ma présence vous fût à ce point déplaisante... Vous ne me faites pas l'injure de douter de ma discrétion, je suppose?... Rassurezvous donc, tout cela est resté et restera entre nous.

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