‹ Paternité;Chapitre 48 sur 89 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Mais un paradis où l'on vit constamment en compagnie de soi-même peut devenir monotone à la longue . . .

N'avez-vous jamais songé à en animer la solitude }... ••

Mme Liénard arrêta ses yeux limpides sur son interlocuteur. Elle laissa tomber la tige de roses qu'elle débarrassait de ses épines et, s'accoudant sur la table, resta un moment rêveuse.

Ses lèvres s'entr'ouvraient, comme prêtes à hasarder une confidence, puis se refermaient brusquement.

Il y eut entre eux un silence, tandis qu'elle recommençait à plonger les plantes dans l'eau et à assortir les couleurs.

■< Vous pensez, monsieur, — reponditelle, — que mon isolement est trop complet, n'est-ce pas ?... Mon Dieu, moi aussi, quelquefois... je me demande si je n'agirais pas plus sagement en modifiant ma vie, mais c'est une pente sur laquelle je n'aime pas à conduire mes rêves... Et pourtant... ■>

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Elle secoua brusquement la tête.

Les deux potiches étaient pleines.

Elle se leva, secoua les débris verts qui restaient accrochés à sa jupe, et, prenant l'un des vases, pria Delaberge de se charger de l'autre.

" Je continue à abuser de vous, — remarqua-t-e!le en riant, — mais vous êtes si aimable que je ne crains pas d'être indiscrète...

— Vous avez raison, madame, — répliqua-t-il galamment : — usez de moi comme d'un ami... Je regrette seulement que mes services se bornent à si peu de chose... Je voudrais acquitter plus sérieusement ma dette de reconnaissance envers vous, si hospitalière, si accueillante pour un pauvre esseulé comme moi. Si votre maison vous parait parfois solitaire, c'est du moins une solitude exquise, tandis que l'auberge du Soleil if Or est un ennuyeux désert. »

Ils étaient entrés dans le salon.

■■ Eh bien! — 'reprit Mme Lié-

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