‹ Paternité;Chapitre 5 sur 89 · PREMIÈRE PARTIE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE I

et de riiitclligence que ce propriétaire retiré en son village ? Et dans dix ans, dans quinze ans au plus, quand il aura cessé d'être un des rouages importants de l'administration, quelle perspective aura-t-il > La vieillesse désorientée et solitaire d'un fonctionnaire en retraite, qui languit en son désœuvrement et ne sait où aller planter sa tente.

Alors, de nouveau, comme un spliinx harcelant, se dresse devant lui la question qui le tracassait : — A-t-il passé l'âge où l'on peut sans imprudence se marier et se créer une famille > — Cette fois (grâce peut-être à l'inlluence de ce gai soleil de mai), la réponse se formule en son esprit avec moins de trouble et d'hésitation.

Il a toujours mené une vie sobre et il constate en lui un fonds de vigueur virile, une réserve des verdeurs de la jeunesse. Ce n'est pas une illusion, il ne se laisse pas duper par de fausses apparences. Il jouit d'une

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santé de l'^r, il n"a perdu ni ses dents ni ses cheveux; ses muscles ont toute leur solidité, ses articulations toute leur souplesse. Dans le monde ofdcici où il fréquente, il s'est aperçu quelquefois que les femmes se plaisent encore en sa société. D'ailleurs, il ne serait pas assez fou pour épouser une toute jeune fille ; mais s'il rencontrait d'aventure une personne approchant de la trentaine, agréable et sympathique, rien ne s'opposerait à ce qu'il sonsfeât au mariage. Il n'a que cinquante ans. Il pourrait voir encore ses enfants grandir, passer de l'adolescence à la jeunesse, et, qui saitr peut-être vivrait-il assez longtemps pour les marier à leur tour...

Avoir des enfants, un lils dans lequel il se retrouverait, cela redonnerait un essor et un but à son énergie...

(^uand il s'examine à fond, Delaberge s'avoue même que dans ce changement d'état ce qui lui sourit surtout, ce sont moins les charmes de la

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