DEUXIÈME PARTIE liil
•' Venez, — murmura-t-elle : — lums serons mieux dehors pour causer... ■•
11 la suivit et, par les allées enst)leillées, elle le conduisit jusqu'au milieu du parc. Il y avait là, dans un carrefour en étoile, un pavillon construit en branches d'arbres et en mousse. Dans chaque façade moussue s'ouvraient de larges baies vitrées dont, à l'intérieur, la claire transparence laissait voir de tous côtés la fuite verdoyante des avenues. L'unique pièce était tendue de toile grise, meublée de sièges rustiques et d'une table où l'on avait préparé des rafraîchissements.
'< Installons-nous ici, — dit madame Camille en s'approchant de la table,— nous y serons tranquilles, et, comme vous devez avoir grand chaud, je vais vous confectionner d'abord un verre de sirop de framboises. »
Ces apprêts hospitaliers, la discrète intimité de ce pavillon que les retombées des hêtres voilaient de verdure.
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la figure ouverte et rougissante de la jeune veuve assise en face de lui, tout cela enivrait subtilement Delaberge et lui faussait peu à peu le sens de la réalite.
Avec la naïve présomption d'un homme qui, dans sa vie, n'a guère expérimenté l'amour, il interprétait au gré de ses désirs les façons d'agir de Mme Liénard . De vagues réminiscences de romans lus autrefois lui revenaient au cerveau et lui faisaient croire à une tendre et délicate préméditation de la part de la jeune femme.
Le choix de ce pavillon isolé, les précautions prises pour échapper à d'indiscrets regards, donnaient à ce tête à tête une couleur galante qui troublait délicieusement son cœur de vieux garçon.
Quand il eut vidé son verre, il tourna vers Mme Liénard un regard tendrement questionneur.
" Vous vous demandez, n'est-ce pas> — comnienca-t-elle.' — ce que j'ai de