‹ Paternité;Chapitre 61 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

sur cette femme qui le connaissait par son nom et dont les traits ne réveillaient en lui aucune souvenance.

JMince, décharnée et déguenillée, clic paraissait plus que quinquagénaire. Ses cheveux mal peignés tombaient en mèches grises sur son cou ridé; sa maigre ligure de chèvre, où luisaient deux yeux perçants, avait une maligne expression d'effronterie.

« Vous ne me remettez pas? — reprit-elle : — ah! dame, c'est qu'il a coulé de l'eau sous le pont depuis le temps où je vous rapportais votre linge au Soleil d'Or... Je suis la Fleuriotte. »

Alors seulement il se souvint : cette Zélie Fleuriot blanchissait jadis le linge des pensionnaires de l'auberge.

Elle était en ce temps-là déjà un peu montée en graine, mais fraîche encore, coquette, délurée et n'ayant pas froid aux yeux. Ses façons provocantes, ses paroles égrillardes et ses flambantes prunelles aguichaient les hommes. Elle

P A T E R N' IT i;

avait la réputation d'une fille légère, et l'inspecteur général se rappelait que pendant deux ou trois mois elle avait tourné autour ^ de lui, prise

d'un caprice et disposée à lui octroyer ses bonnes grâces. Déjà féru de Mme Micheline, il était resté de glace à ces agaceries et avait dédaigné cette trop facile conquête.

fxM Dans l'état

■m I d'esprit où il était

• ce soir, cette rencon-

tre lui agréait peu; néanmoins il ne voulut pas humilier la Fleuriotte, et lui répondit hâtivement :

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