‹ Paternité;Chapitre 62 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

■< En effet, je me nippcUc... Comment allez-vous, Zélie?

— Comme vous voyez, tout à la douce, trimant comme un nègre pour les autres et ayant de la misère plus qu'à ma suffisance.

— Vous êtes toujours blanciiisseuse ?

— Faut bien gagner son pain... ;\Iais c'est un méchant métier; je suis nouée de rhumatismes qui me coupent les jambes... Enfin on n'a pas eu de veine , quoi ! . . . On n'est pas née coiffée comme le Prince et sa femme...

Ceux-là ont fait leur pelote et peuvent se croiser les bras.

— • Avez-vous conservé, au moins, la clientèle du Soleil d'Or}

— Ah ! ouais ! Le Soleil d'Or, il y a longtemps qu'il ne luit plus pour moi!... On y est bien trop fier... Et puis faut croire que ma frimousse déplaisait à Mme Micheline; elle lui rappelait des choses qu'elle aime autant oublier. Maintenant qu'elle se

confesse toutes les semaines et communie tous les dimanches, ça lui fait dépit de rencontrer les gens qui l'ont connue dans un temps où elle était plus pressée de courir à un rendezvous qu'à la messe. >•

Delaberge, peu désireux de soutenir une conversation qui débutait de la sorte, faisait mine de poursuivre sa route, quand la Fleuriotte, se redressant sur ses genoux, ajouta avec un mauvais sourire :

« Le père Princetot, pour sur qu'il a eu de la chance!... Il a commencé sans un sou, et aufSlieu il remue l'argent à la pelle ; il n'avait pas d'enfants, et il lui en est tombé un du ciel au moment où il y pensait le moins...

Vous le connaissez, monsieur Delaberge, le fils à madame Micheline >

— Oui, — répondit-il brièvement — c'est un charmant garçon. •■

La bouche édentée de la laveuse laissa passer un ricanement, et son

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