‹ Paternité;Chapitre 66 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

que ces coïncidences ne l'eussent pas frappé dès le début, pour qu'il n'eût pas eu un intime pressentiment de cette paternité possible, il fallait qu'il fût aveugle ou occupé ailleurs. Occupé, il l'avait été en effet par ses chimères matrimoniales, par cette égoïste infatuation qui lui avait fait croire à la possibilité d'épouser la propriétaire de la Roselière. Mais de ce côté-là c'était bien fini, et la veuve tout à l'heure avait pris soin de le désabuser. Maintenant que les écailles étaient tombées de ses yeux, maintenant que sa perspicacité ne risquait plus de s'égarer, la situation s'éclairait crûment :

■• Simon devait être son fils. •>

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D'abord un mouveniLMit de joyeuse fierté secoua Delaberge :

« Quoi! ce garçon beau comme un jeune chêne, ce Simon à l'àme haute, à la volonté énergique, était vraiment son fils!... » Puis toute son allégresse

se dissipa à la pensée que ce fils portait le nom d'un autre et resterait toujours un étranger pour son père naturel. C'était l'aubergiste Princetot qui, l'ayant nourri, élevé, soutenu dans la vie. pouvait seul s'enorgueillir de sa paternité légale ; c'était cet homme que Simon aimait comme son vrai père...

Alors, sous une nouvelle forme, le doute recommençait à travailler l'esprit de Francisque. « Après tout, — songeait-il, — que sait-on? Dès qu'on pénètre dans ces mystères de la filiation, peut-on jamais posséder une certitude? L'adultère a cela de fatal qu'il laisse toujours planer une ombre sur la véritable origine de l'enfant...

Dans ce ménage à trois, lequel de l'amant ou du mari a réellcmcntdes droits à la paternité ? » Delaberge pouvait, à la vérité, invoquer cette singulière ressemblance qui l'avait frappé.

Mais ne sait-on pas que, pendant l'obscur travail de la conception, la

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