DEUXIEME PARTIE
liant ù l'appartement particulier du maître d'hôtel et l'introduisit dans une pièce servant de bureau et de salle ù manq-cr; d'une main tremblante elle alluma une bougie qui éclaira vaguement les murs, décorés d'images de piété , de deux médiocres portraits du Prince et de sa femme , et des brevets de Simon luxueusement encadrés. Puis elle enleva son chapeau, et, pour la première fois, il la revit nu-tête avec ses épais cheveux gris crépelés.
■< Parlez! — dit-elle en s'asscyant, car l'angoisse la faisait frissonner comme une feuille, et ses jambes se dérobaient.
— Micheline, — commença-t-il, — pardonnez-moi de revenir sur un sujet douloureux, mais un intérêt majeur l'exige... Vos craintes n'étaient pas vaines, mon retour au Val-CIavin a réveillé la médisance, et tout à l'heure j'ai rencontré sur la route une femme que vous connaissez bien, laFleuriotte.
Micheline tressaillit, ses traits s'altérèrent, et d'une voix alarmée :
— Ah ! mon Dieu, — s'écria-t-elle, — qu'y a-t-il encore?
— La Fleuriotte m'a rappelé malignement le temps passé; elle a une langue de vipère, mais elle sait beaucoup de choses, et rien ne prouve qu'elle ait voulu me tromper... Elle prétend que Simon est mon fils et non celui de...
Micheline l'interrompit avec violence:
— Taisez-vous ! — protesta-t-elle ; — ne dites pas ces choses-là, ce sont des menteries !
— Vous seule pouvez m'en donner la certitude et je vous supplie d'être franche... Quelle est la date exacte de la naissance de Simon >
— Je... je ne sais plus au juste, — balbutia-t-elle troublée.
Il devina à l'expression de son visage qu'elle se livrait mentalement à un calcul destiné à l'égarer, et il reprit sévèrement ;