‹ Paternité;Chapitre 70 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

en prie à mains jointes, soyez bon et honnête : faites comme si vous ne saviez rien, et laissez-nous! »

Elle le suppliait avec une effusion où résonnait un peu de la tendresse d'autrefois. Sous le moutonnement de son abondante chevelure grise, ses traits réguliers, ses yeux mouillés prenaient une expression douloureuse qui y mettait un reflet de son ancienne beauté.

•• Oui, — répétait-elle, — partez et oubliez-nous!... Laissez -nous tranquilles tous les trois dans notre trou. A vous, qui avez une belle position, qui vivez à Paris dans les distractions et le bruit, qu'est-ce que ça peut vous faire l'existence de petites gens comme nous? En quoi vous intéressent nos affaires et celles de mon garçon r

— Mais c'est mon lîls! — protesta Delaberge avec un accent violemment ému et qui sortait vibrant de l'intime fond de son cœur; — je l'ai vu, je

suis fier de lui... Ne comprenez-vous pas que je voudrais lui prouver mon attachement, contribuer pour quelque chose à son bonheur et à son avenir > • — Vous ne pouvez rien pour lui, — s'exclama-t-elle avec emportement; — tout ce que vous essaieriez tournerait à son désavantage. Pensez donc que, s'il se doutait des motifs de votre intérêt, s'il avait le moindre soupçon, ce serait la fin de notre tranquillité, la honte et la misère de sa vie... Ah!

c'est bien pour ça que je vous suppliais de ne plus le voir! Oui, je tremblais qu'en se trouvant près de vous il ne s'aperçût de cette malheureuse ressemblance et que ça ne le mit sur la trace de ce qu'il ne doit jamais savoir!... Il faut, entendez-vous, qu'il reste toujours pour vous un étranger...

C'est le châtiment de notre péché, et il est juste que vous en ayez votre part... Tout ce que vous pouvez faire de mieux, c'est de vous taire et de vous en aller.

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