‹ Paternité;Chapitre 71 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

l'Aie s'était levée et s'effaçait pour le laisser sortir.

— Bonsoir, monsieur Delaberge, — murniura-t-ellc très bas. — SI vraiment vous avez un peu d'amitié pour lui... et pour mol... partez, oublieznous! "

Il sentait si bien l'Implacable logique de cette injonction, qu'il baissa la tête et sortit sans ajouter un mot.

Ainsi que Simon l'avait dit à sa more, le lendemain était le jour fixé pour la réunion du syndicat formé en vue de résister aux prétentions de l'administration forestière. Il se composait de plusieurs conseillers municipaux.

de quelques propriétaires des communes voisines et de Simon Princetot, représentant plus spécialement Mme Liénard.

Déjà la plupart des intéressés se trouvaient groupés devant la mairie, sur la petite place de l'Abbatiale, quand Delaberge y arriva. Il avait, comme on le pense bien, assez mal dormi, et son visage pâli gardait la trace des agitations de la nuit. Dans la lucidité d'esprit qui se produit au réveil, la situation lui apparaissait plus cruelle encore. A l'heure où il regrettait de ne s'être pas créé une famille et où il songeait à se marier, la destinée lui ménageant cette ironique surprise! Tandis qu'il traînait avec ennui sa solitude et ses rêves nostalgiques de paternité, il y avait au fond des bois, dans un village perdu, un garçon robuste, intelligent, remarquablement doué, qui lui devait la vie.

Et aujourd'hui qu'il avait pu apprécier ce garçon, aujourd'hui qu'il eût

Page 1