DEUXIEME PARTIE
sieur, nous n'avons plus rien à vous dire... Dans vingt-quatre lieures, vous recevrez notre réponse par huissier. ■<
Il s'était levé et se dirigeait vers la porte, suivi du groupe des usagers.
Le maire lui-même battait en retraite et abandonnait l'inspecteur général.
Interdit et le cœur meurtri, Francisque resta un moment seul dans la salle nue et vide, écoutant dans l'escalier les pas lourds et les gros rires des paysans, et saisissant au milieu du brouhaha ces mots jetés par une voix goguenarde :
« Ah bé! Simon lui a tout de même crânement rivé son clou, à ce Parisien ! ■>
Emporte par le dépit et aussi par un véhément désir de connaître la raison de cette inconcevable inimitié, Dclaberge à son tour s'élança dehors.-
Du haut du perron, il aperçut Simon Princeldt qui prenait congé de ses
collègues et traversait lentement la place. L'inspecteur général descendit précipitamment les marches et le rejoignit sous les tilleuls de la promenade.
Le jeune homme marchait, les mains enfoncées dans ses poches et la tête penchée méditativement. Maintenant qu'il avait quitté ses amis du syndicat, la griserie du réel succès qu'il venait d'obtenir s'évaporait déjà. La fougue et l'irritation de tout à l'heure faisaient place à des réflexions mieux pondérées. Simon se reprochait d'avoir introduit ses rancunes personnelles dans une discussion d'affaires, et d'avoir compromis peut-être les intérêts qui lui étaient confiés. — Il était bien avancé d'avoir agi comme un enfant qui frappe l'obstacle qui l'a fait choir! Cet emportement ne changeait rien, en somme, aux fâcheux événements qui l'avaient motivé. Après comme avant, ses désillusions restaient les mêmes. Ce qu'il avait ob-