DEUXIEME PARTIE
mal assurée, — c'était vous qui m'espionniez !
— Oui, c'était moi ! » affirma Simon avec un ardent regard de colore et de défi.
II y eut un instant de silence; puis Delaberge posa sa main sur le bras du jeune homme, et reprit :
■■ Mon enfant — et il éprouvait une amère douceur à prononcer ce mot, — la passion vous aveugle... Vos soupçons ne sont fondés que sur des apparences ; mais du moment que ces apparences ont pu vous tromper et vous faire souffrir, il y a assurément de ma faute... Si ma conduite irréfléchie a pu vous induire en erreur, je le regrette profondément. •■
Simon semblait déconcerté par l'humilité de cet aveu et regardait moins hostilement son interlocuteur ; toutefois un reste de méfiance persistait dans ses yeux et sur ses lèvres.
'< Je vous déclare, — continua Francisque, — que j'ai pour la personne
dont nous parlons une très affectueuse estime, mais que je ne son.iïe •nullement ni à lui faire la cour ni à l'épouser... Vous voyez, je m'explique franchement; ayez à votre tour un peu plus de confiance et répondez-moi :
vous êtes amoureux ? »
Simon se troubla, et une rougeur lui monta au.x joues, — pudeur de jeune garçon sérieusement épris et qui se scandalise de voir exposé au grand jour l'amour timide qu'il tenait religieusement caché.
« Moi, — balbutia-t-il : — pourquoi supposez-vous >...
— Parce que, — interrompit Delaberge, — sans cela l'espionnage auquel vous vous êtes livré serait impardonnable... La passion seule peut excuser ces emportements... Vous aimez madame Liénard. ••
Le jeune homme, confus, baissa la tête et répondit farouchement :
•' De quel droit m'interrogez-vous >
■ — Du droit que vous m'avez donné