‹ Paternité;Chapitre 79 sur 89 · DEUXIEME PARTIE ihl · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE ihl

— Eh bien ! cette nuit, j'ai beaucoup rélléchi à tout cela, et j'ai lu très clairement au fond de votre cœur.

— Par exemple ! — murmura-t-ellc en affectant de plaisanter : — , en ce cas vous êtes bien plus habile que moi... Et que se passe-t-il dans mon cœur ?

— Je vais essayer de vous l'expliquer... Vous avez rencontré quelqu'un vers lequel vous vous sentez secrètement attirée et que vous croyez digne de vous.. Si vous n'écoutiez que votre goût, vous iriez spontanément à lui...

^lais ce jeune homme, — car il est jeune, ajouta-t-il avec une pointe de tristesse, — ce jeune homme, bien qu'il soit votre égal par l'intelligence et le cœur, ne sort pas de la même couche sociale que vous, et vous êtes arrêtée par des scrupules conventionnels ; vous craignez que vos amis, que les gens de votre monde ne blâment votre choix et ne le considèrent comme une mésalliance... ■>

Pendant qu'il parlait, Camille Liénard avait détourné son visage, et sa main fourrageait activement dans un vase de ileurs à sa portée. Elle en avait arraché une tige de chèvreleuille, qu'elle déchiquetait brin à brin et

qu'elle tortillait nen'cuseraent dans ses doigts.

•< Soyez franche, — acheva Delaberge : — ai-je bien lu >

— Je crois... que oui. — murmura-telle sans le regarder.

— Et maintenant désirez-vous que je vous dise le nom de ce jeune homme >

— Non ! — supplia-t-elle en levant vers lui ses yeux humides. Puis elle ajouta étourdiment. avec une animation où il y avait de la joie et de l'anxiété tout ensemble ! — Vous l'avez vu... C'est lui qui vous a parlé de moi }

— Non, // est bien trop lier pour se confier à un étranger.

— Mais alors, — s'exclama-t-elle impétueusement, — comment avez-vous pu deviner?-...

Il sourit : — Ne connaissez-vous pas ce dicton de votre pays : ■■ Les amoureux <• portent sur eux une plante dont " l'odeur embaume les chemins dû ils

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