‹ Paternité;Chapitre 80 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

■< passent)» J:;ii bien ! lors de ma première visite cette odeur embaumait la Rosclicre, et quand je suis revenu au Yal-Clavin avec M. Princclot, j'ai senti aussi qu'il portait la plante sur lui et qu'elle fleurissait pour vous. >• Elle rougissait, souriait; ses yeux brillaient d'un éclat mouillé, mais elle ne pouvait articuler un mot. Pour toute réponse, elle tendit avec un gentil mouvement de gratitude ses deux mains à Delaberge, qui les garda un moment dans les siennes.

« Non, — répéta-t-il, — Simon Princetot ne m'a fait aucune confidence...

Ma démarche n'est motivée que par le vif intérêt, par la sympathie que j'ai pour vous, chère madame... I\laintenant revenons à vos scrupules. En réalité, si vous hésitez à suivre votre inclination, c'est par crainte de l'opinion du monde, n'est-ce pas? >• Elle en convint franchement.

Bien qu'elle vécût fort indépendante, elle a\ait des parents et des amis

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très collet-monté, qui se scandaliseraient. En province, les barrières qui séparent les différentes classes semblent encore infranchissables à certaines gens ; les préjugés, les préventions y persistent plus tenaces qu'à Paris ; on se connaît trop pour ne pas être esclave du qu'en-dira-t-on.

Le jour où ses relations apprendraient son mariage avec le fils d'un aubergiste, elle serait disqualifiée et mise en quarantaine...

L'éducation première et l'inlluence des milieux avaient rendu Delaberge lui-même trop formaliste, il avait trop le culte de la respectabilité et l'esprit de hiérarchie pour ne pas comprendre les scrupules de MmeLiénard. Autrefois il les eût exagérés au besoin.

Mais quand on juge dans sa propre cause, on devient moins rigide, et nos désirs nous font changer de personnage.

L'intérêt que l'inspecteur général portait maintenant a Simon le poussait

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