PREMIERE PARTIE
sces aux siennes. Cet homme réservé, discret, boutonné, s'intéressait à ce caractère enjoué et prime -sautier.
Aussi, lorsqu'on sortit de table et qu'on rentra dans le salon, manœuvrat-il pour se retrouver prés de la jeune femuie.
Jus'.cmeiit elle •>en:iit à lui, tenant eu main la cafetière et une tasse qu'elle lui offrit. Quand elle eut achevé son service d'échanson, elle retourna s'asseoir sur le canapé, non loin de Delaberge, qui. debout, achevait de boire son café.
« Monsieur. — dit-elle, — vous seriez beaucoup plus à l'aise si vous vous asseyiez. •■
En même temps elle se reculait pour lui ménager une place sur le canapé. L'inspecteur général ne demandait qu'à obéir à cette engageante invitation; mais, comme sa tasse l'embarrassait, il fit d'abord le geste d'aller la déposer sur un guéridon. Mme Liénard le prévint, s'empara de la tasse et courut vers le domestique qui passait avec un plateau. Cette bonne grâce familière, cette prévenante déférence, donnèrent le change à Delaberge.
Bien qu'il fût peu enclin à la fatuité, il s'imagina que la jeune femme se mettait en frais pour lui plaire, et il éprouva un chatouillement de satisfaction, — sans réfléchir qu'un homme de cinquante ans parait déjà un peu un vieillard à une femme qui en a vingt-six. Mais Delaberge. ainsi que la plupart d'entre nous, ne se voyait pas vieillir.