‹ Paternité;Chapitre 82 sur 89 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

— Et maintenant, chère madame, — ajouta-t-il en se levant, — je vais prendre congé de vous... pour longtemps.

— Pas encore ! — s'écria-t-elle — :

avant que vous partiez, je veux que vous visitiez une dernière fois les jardins de la Roselière. ■■

Elle l'entraîna vers la terrasse, et ils gagnèrent les allées où les fleurs vivaces foisonnaient, où les chèvrefeuilles en boule répandaient leur parfum de vanille.

Comme au premier jour, elle s'appuya doucement sur son bras et lui lit admirer ses parterres. Ils visitèrent la charmille où ils avaient ensemble arrangé leurs bouquets et d'où on avait une si merveilleuse vue sur les terrasses bordées d'orangers ; ils longèrent l'Aubette, où les viornes obiers penchaient leurs blanches ombelles. Ils ne s'arrêtèrent qu'au pavillon où Delaberge avait eu la révélation de l'amour de Camille pour Simon Princctot.

Ce pèlerinage rappelait à Francisque ses trop courts rêves de tendresse et ses soudaines désillusions. Il avait pour lui la mélancolie des crépuscules d'automne et aussi le tiède parfum d'un bouquet de violettes à demi fané.

Quand ils revinrent par l'allée principale, aboutissant aux massifs de rosiers, Mme Liénard cueillit une rose pourpre, et, l'offrant à Delaberge avec un long regard reconnaissant :

" Laissez-moi vous ileurir... Vous respirerez cette rose en route, et en la sentant vous penserez mieux à votre petite amie de la Roselière...

Merci encore, monsieur : vous avez été bon pour moi... bon comme un père.

— Oui, comme un père ! » murmura-t-il en songeant, navré, à ce que ces mots renfermaient de cruelles ironies.

Il attira Mme Liénard plus près de lui. mit un baiser sur son front d'enfant, et partit.

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