‹ Pathogénie de l'incontinence d'urine chez les ataxiquesChapitre 11 sur 29 · RES EURE · texte numérisé non relu

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longtemps infranchissable, tandis que le premier se laisse facilement forcer. |

Or, du moment que l’on admet l’incoordination du muscle lisse vésical, n’y a-t-il pas plus de raisons pour que ce soit le second qui, à tous points de vue, ait plutôt des contractions paradoxales ?

La rétention s'explique donc par cela même. Mais elle est rarement absolue. En général, le malade remarque qu’il est obligé à un effort plus considérable qu’autrefois pour évacuer son urine, il doit pousser plus fort.

Ici, les mouvements paradoxaux du sphincter sont atténués et la contraction des musclesabdominaux en vient facilement à bout.

J'ai dit, et cela d’après la plupart des auteurs, que la rétention est rarement absolue. La rétention seule, oui. Car, lorsque la rétention est complète, c’est-à-dire que l’incoordination du sphincter s’oppose absolument à l'issue de l'urine par des mictions successives, alors l'appellation change, et surviennent les phénomènes que nous avons énumérés en décrivant l’incontinence par regorgement.

-C’est alors que l’accumulation d'urine dans la vessie détermine le forcement ultérieur du sphincter volontaire par la distension vésicale, et que l’urine s'écoule goutte à goutte.

La plupart des auteurs, ayant expliqué la rétention par la parésie de la vessie, ont bien expliqué aussi cette incontinence par la même parésie frappant les sphincters.

Mais une incontinence danslaquelle l’urine s'écoule goutte à goutte, et cela alors que la vessie est distendue, ou qu’en sondant le malade on évacue une grande quantité d'urine, cette incontinence peut-elle être produite par une paralysie du sphincter. Une paralysie du sphincter ferait tout le contraire, laisserait la porte libre; l'urine s’écoulerait goutte à goutte, oui, mais à mesure que les uretères la déverseraient. J’admets, surtout dans la position horizontale, que le bas fond de la vessie contiendrait encore de l’urine ; mais hors cette petite quantité, la vessie serait vide, et du rein au méat le chemin serait parcouru tout d’une traite, sans stagnation dans le réservoir intermédiaire qu'est la vessie.

Or la vessie est toujours pleine.

Quant aux mictions involontaires, se produisant non pas goutte à goutte, mais à intervalles très rapprochés, comment la paralysie des sphincters pourraitelle les expliquer, Il faudrait que ce fût alors une paralysie intermittente.

L’incoordination motrice du sphincter uréthral explique au contraire facilement toutes ces variétés. Qu'il y ait rétention, incontinence goutte à goutte, séries intermitentes de mictions involontaires, les mouvements paradoxaux du muscle sphinctérien en sont la seule cause.

Ce n’est pas sur des expériences physiologiques que nous pouvons nous appuyer. Mais étant donné, et nos observations le prouvent, que chez le plus grand nombre d’ataxiques atteints d’'incontinence, en tout cas chez ceux qui ont été sondés, même par hasard,

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la vessie était pleine; que, par conséquent, l’incontinence était causée par un obstacle à l'émission de l'urine ; toute possibilité de lésion, telle qu’un rétrécissement, une hypertrophie de la prostate, etc., étant écartée, il faut bien admettre que cet obstacle réside dans le sphincter uréthral.

C’est bien aussi à l’incoordination de ce sphincter et non à celle de la vessie que l’on peut rapporter les divers cas que nous avons réunis dans l’observation XIV, quoiqu’ils ne paraissent pas rentrer d’une façon vraiment typique dans le cadre classique de l’incontinence.

Certains de ces malades font des efforts pour uriner, empêèchés par les contractions paradoxales de leur sphincter ; ils obtiennent un Jet plus ou moins vigoureux, l'obstacle s'étant laissé forcer ou cessant de se contracter. Tout à coup [a miction s’arrête(les contractions recommençant) pour reprendre après de nouveaux efforts et ainsi de suite (miction en plusieurs actes, de Fournier). ;

D’autres fois, le malade, à la suite d’efforts prolongés, renonce à la miction ; puis, au bout d’un instant l'urine s'écoule malgré lui dans ses vêtements. Le sphincter s’est contracté d’abord trop violemment, puis se laisse facilement forcer. C’est le cas d’un ataxique jetant sa jambe trop loin, lui faisant dépasser le but, la laissant retomber ensuite, inerte, incapable du moindre effort.

L'incoordination vésicale expliquerait peut-être pourquoi la miction involontaire se produit, mais comment rendrait-elle compte de l’obstacle assez puis-

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sant pour que le malade renonce momentanément à la miction.

Tandis que l’incoordination uréthrale explique très bien cet obstacle, Et, comme ces contractions, quelque paradoxales qu'elles soient, ne sont pas éternelles, la pression intra-vésicale reprend vite ses droits.

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