‹ Pathogénie de l'incontinence d'urine chez les ataxiquesChapitre 6 sur 29 · LAB · texte numérisé non relu

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Voici le tableau que donne cet aüteur (if, e°

Symptômes rangés suivant leur fréquence :

Douleurs. sep 2er state nd el des à de 98 °, Réfiexes rotuliens abolis ou diminués...,......... 05 Troubles de la station.........., RS nt Hi Fe 100 ne OM IOCOMOUON: 0%. à à ve vec ee ee nee TO Anomalies de la réaction des pupilles.............. . 84 — dela largeur dés pupilles. :......: sos 76 PAT TN NT OO ENRRSRRPOREEEEe 60€ Diminution de la force musculaire........,.......... 98 Anomalies de la sensibilité ..:.........,....... ee. 58 Analgésie du cubital et du péroné............:...., 58 Réflexes crémastériens abolis ou diminués........., 58 Notion de la position des membres perdue ou diminuée. 58 PTS IGN IDOMIDIOS ne corse 00 vie ation e 206 019 oioiee.o no DA Abaissement de la vue ou cécité..........,.....,..., 50 PO emanecios sn... TR eee se 46 Préhemsiomtronblée.. 5... .......,%,.1 SENS 42 Strabisme et ptosis.......,.: Er OMR LAC 2 à NE Atrophie des museles ...... ARR TT PERS 22 roubies de PONTS LS rer se NRC SE Ho RSA “Arthropathies-et fractures. : :: 4... 16 PFroublés efiaques.. 5.2. ue ere LS 16 ; OU IE COMORES Poe à een sde ee 9 0 ner no)ote be e 12 Crises gastriques. ............. Haies: SORA RO PANNE 10 Troubles trophiques de la peau .......... M nn 8 Diarrhées rebelles ....... retiens TD ie SCT PO ot” Crises larçpugées.s....7: Sata Ve dep cer FL 6)

-On voit que, d'après ce tableau, les troubles de la

miction sont assez nombreux, 60 °/,, à la période con-

(4) Contribution à la symptomatologie du tabes. — Archives de

neurologie, 1896, t. Il, p. 466.

firmée du tabes. Et encore, apparaissant indistinctement à diverses périodes de la maladie, ils ne sont pas toujours notés.

Nous croyons, après avoir compulsé les divers travaux écrits à ce sujet, et que nous ne citerons pas particulièrement, ce serait inutile, nous croyons que M. Geffrier est dans le vrai, quand il prétend que {out tabétique a, a eu, ou aura des troubles du côté de la miction. à

Ces troubles ont été notés de façons diverses :

M. le professeur Grasset (1) accuse:la parésie vésicale qui se manifeste soit par de l’incontinence (Vulpian), soit par de la rétention (Erb). Nous nous proposons de donner dans le chapitre consacré à la pathogénie, l'explication de cette incontinence et de cette rétention ensemble, Erb et Vulpian ayant, croyons-nous, raison tous les deux, la rétention produisant l'incontinence.

M. Grasset insiste aussi, ainsi que Fournier, sur certains phénomènes curieux que présentent très souvent les ataxiques, et qui dénotent des difficultés intermittentes de la miction « les malades n’urinant qu’en plusieurs actes » (Fournier), et,« comme le fait remarquer spirituellement Marie, les entr’actes sont si longs quesouvent les spectacteurs, quand il yen a, netardent pas à se lever ». Ce sont là les « faux urinaires » de Guyon, et c’est presque toujours dans les cas de ce genre un chirurgien qui porte le diagnostic de tabes.

(1) Grasser. Traité pratique des maladies du système nerveux.

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D'autres fois, dit M. le professeur Grasset, les tabétiques ont une moindre aptitude à retenir leurs urines, ils perdent ainsi facilement quelques gouttes quand le besoin n’est pas immédiatement satisfait, ou à la suite d’une émotion subite, d’une distraction. Le malade, dit Fournier, n’a la conscience de la chose que quand elle est faite.

D’après M. Fournier (1), l’incontinence (à l’époque prœæœataxique) ne devrait pas être comparée à l’incontinence ordinaire, permanente, celle où l’urine s'écoule incessamment, goutte à goutte, sans que le malade ait la faculté d’en suspendre le cours. Celle de la période prœataxique du tabes serait « essentiellement intermittente, ne se produirait que par instants, à certains moments donnés, c’est-à-dire à quelques reprises seulement en l’espace de 24 heures, voire une seule fois et par hasard ; elle se produirait uniquement à propos du besoin d’uriner, quand la vessie est plus ou moins distendue. »

Cette incontinence peut être fréquente à la période prœataxique, mais ce n’est pas le cas général chez les tabétiques dont nous avons pu voir les observations. D'ailleurs, cette incontinence, même intermittente, ne ressemblant pas au « goutte à goutte » des exemples classiques du regorgement, convient très bien à l’interprétation que nous donnons de l’incontinence des ataxiques, la vessie étant pleine, lurine y étant retenue par un obstacle. Nous y reviendrons à propos de la pathogénie qui s'applique très bien à cette variété,

(1) Fournier, déjà cité.

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les contractions paradoxales du sphincter uréthral l’expliquant très bien.

« Souvent même, dit M. Fournier, c’est une incontinence exclusivement nocturne; dans le jour, les malades retiennent convenablement leurs urines, mais la nuit, pendant le sommeil, ils en perdent une quantité variable, le plus souvent minime, très inférieure en tout cas à celle qui résulterait d’une évacuation réelle et complète de la vessie.» C’est bien là, croyons-nous, de l’incontinence par rétention.

D'après M. Fournier, cette Incontinence est presque toujours partielle, incomplète, les malades ne perdant pas involontairement toute l'urine contenue dans la vessie.

Ceciest toujours à l’appui de notre thèse. Nous y reviendrons tout à l’heure,

Si nous citons ces auteurs, c’est simplement pour indiquer, dès à présent, diverses sortes de troubles de la miction chez les ataxiques, qui présentent tous le double phénomène de la rétention etde l’incontinence. Nous les avons cités parce qu’ils se rattachent à notre sujet, et que leur pathogénie peut être expliquée par celle que nous voulons indiquer.

En tous cas, il est un fait sur lequel tous les auteurs sont d'accord, c’estque,chez lesataxiques, les troubles moteurs de l’appareil génito-urinaire sont fréquents, et que si l’on va au fond des choses, ils se manifestent tous de deux façons, par de l’incontinence et par de la rétention.

Mais dans la grande majorité des cas, dans la plupart des observations que nous avons examinées ou

qui ont été citées, on reconnaît, chez les ataxiques, non pas toujours ces cas bizarres, cités un peu à cause de cela, mais de la rétention classique, ou de l’incontinence vraie, la plupart du temps les deux à la fois, la seconde ayant été amenée par la première.

La rétention se présente à des degrés très divers. Certains malades sont obligés de faire degrands efforts, et ne peuvent qu’au bout d'un certain temps émettre quelques gouttes d’urine ; d’autres doivent y renoncer momentanément ou prendre les positions les plus diverses, pour permettre aux muscles de la paroi abdominale de s’employer plus utilement. Malgré cela, le jet est sans vigueur, et la vessie ne se vide pas complètement.

Pour ce qui est del ’incontinence, elle a pour unique cause la rétention. Que cette incontinence se manifeste brusquement, par périodes, ou bien que l'urine s'écoule goutte à goutte, c’est de l'incontinence par regorgement. C’est, en tout cas, de l’incontinence par trop grande réplétion de la vessie, chez certains le réservoir ne se vidant chaque fois qu’'incomplètement, l’incontinence est continuelle, et le malade se sent mouillé aussi bien dans la journée que pendant son sommeil. Chez d’autres, c’est au réveil, alors que la vessie est distendue, que l'urine s'écoule malgré la volonté du sujet.

Souvent aussi, c’est à l’occasion d’un effort quelconque, d’un changement d’attitude, que quelques gouttes s’échappent.

Nous avons trouvé aussi, surtout dans les observations de M. Geffrier, que nous avons jugé inutile de

RO Ve,

citer in extenso, et que nous avons réunies dans l’obsservation XIV, quelques uns des cas qu’il attribue à « l'incoordination vésicale », et qui rentrent aussi dans le cadre que nous nous sommes tracé.

Ce sont des cas analogues à ceux que cite Fournier sous le nom de« miction en plusieurs actes». Certains malades, après avoir fait de longs efforts pour uriner, obtiennent enfin un jet plus ou moins vigoureux, mais tout à coup, la miction s’arrête, pour reprendre après de nouveaux efforts, et ainsi de suite. Quelquefois, le malade, après avoir uriné une quantité suffisante, croit avoir fini, mais à peine s’est-il rajusté que quelques gouttes s’écoulent de nouveau.

En résumé, dans la plupart des observations où l’on voit mentionnée l'incontinence, on remarque, quelques lignes plus loin, que le malade avant été sondé, on évacue une quantité considérable d'urine. Dans les cas où cette manœuvre n’a pas été faite, on peut toujours trouver un détail indiquant que la vessie était pleine ou à peu près. [i s’agit donc, presque toujours, d'incontinence par regorgement. On peut d’ailleurs dire, d'après la thèse de M. Geffrier surles troubles urinaires dans les diverses maladies du système nerveux, que « presque toute rétention d’urine due à une lésion nerveuse, vis-à-vis de laquelle on n’interviendra pas par le catéthérisme, donnera lieu, tôt ou tard, au phénomène du regorgement, car la fonction rénale n’est pas abolie; la distension de la vessie, voire même des uretères et des bassinets à ses limites, et l’on ne connaît pas d'observation. de rupture de la vessie dans le cas de rétention de cause nerveuse ».

- D'ailleurs, M. le professeur Guyon (1)le dit très bien: CSi vous prenez le mot incontinence d'urine dans son sens étymologique précis de in, négatif et continere, contenir, vous vous ferez une idée fausse du sujet que nous abordons (2).

« L’incontinence avec vacuité absolue du réservoir urinaire ne se rencontre que dans quelques cas rares et bien définis. Bien plus souvent elle n’est, selon la remarque de Dessault, qu’un symptôme de la rétention et qu’une miction par regorgement. Bien loin de ne pas contenir d'urine, la vessie d’un incontinent en retient presque toujours ; bien loin d’être vide, elle est souvent distendue. Le symptôme incontinence ne permet donc pas par lui-même de préjuger de l’état de plénitude ou de vacuité du réservoir urinaire. »

M. le Professeur Guyon donne le tableau ci-après des incontinences vraies :

Sans lésion - :

Incontinence par lésion nerveuse.

matérielle | à < Incontinence dans les affections nerveuses. des voies :

ss, Incontinence des enfants.

urinaires.

Incontinence mécanique.

Incontinence des tuberculeux.

/ | : Sansrétention ; ; Avec lésion | Incontinence traumatique.

Te urine. à :

matérielle Incontinence par insuffisance des voies uréthrale, urinaires, |

Fo Incontinence des rétrécis.

d'urine. Incontinence des prostatiques

(1) Guyon. Leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires. (2) Nous admettrions plus volontiers l'explication suivante : 1n, privatif ; continere, contenir, mais dans le sens de retenir. Et terme dyscontinence serait peut-être plus exact.

Si nous voulions classer dans ce tableau l'incontinence des ataxiques, nous nous verrions obligé de la classer à côté de celles des rélrécis ou des prostatiques puisqu'elle s'accompagne de rétention; mais alors ce serait en intervertissant la première division. C'est-à-dire qu’en ce qui concerne le phénomène en lui-mème nous la classerions parmi celles qui coïncident avec la rétention ; mais que si nous considérions la présence ou l’absence de lésion matérielle des voies urinaires, nous serions obligé de faire une classe mixte, Chez les ataxiques, il n’y a pas de lésion matérielle des voies urinaires ; mais il se produit un symptôme qui peui remplacer cette lésion ; ce symptôme, d’origine nerveuse, consistant en l’incoordination du sphincter uréthral, produit un obstacle mécanique à l'émission de l'urine et agit de la même façon qu’un rétrécissement, un calcul, une prostate hypertrophiée.

En résumé, si nous prenonsles diverses observations citées, nous voyons que l’incontinence a lieu soit d’une façon continuelle, soit lorsque le malade est resté longtemps sans uriner. Que chaque fois que l’on sonde le malade (I, If, I, VI, VID) ou qu’il urine par raison (IV), l'incontinence s’atténue et finit par. cesser, Que dans les autres cas, on s’aperçoit que la vessie est pleine (V, IX, XI, XIT, XIII) et que le malade n’a pas uriné depuis longtemps. Si nous voyons d'autres cas où le regorgement n’est pas aussi franc, par exemple dans les morceaux réunis dans l'observation XIV des cas que M. Geffrier réunit

sous l’appellation « incoordination vésicale »,il est bien évident que, pour être moins démonstratifs, ces phénomènes peuvent tout aussi bien être appelés miction par regorgement, puisque la cause de cette incontinence, si légère soit celle-ci et si bizarre, se: trouve dans le trop grand degré de réplétion de la vessie,

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