‹ Pathogénie de l'incontinence d'urine chez les ataxiquesChapitre 7 sur 29 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Que se produit-il dans les cas les plus évidents d’incontinence chez un ataxique, dans ceux, par exemple, où le malade étant sondé, on trouve la vessie pleine, où l'évacuation systématique de ce réservoir par le catéthérisme répété à intervalles réguliers, produit l’atténuation de ce symptôme, où il s’agit enfin d’une façon irréfutable d’incontinence par regorgement ? (Obs. I, LÉ LUS à)

Nous allons essayer de l’expliquer.

Mais tout d’abord quelques lignes sont nécessaires pour indiquer ce qui se passe à l’état normal. |

L'acte physiologique normal comprend trois périodes : dans la première, ou préparatoire, la vessie se remplit; dans la seconde, ou intermédiaire, s’accuse le besoin d’uriner; dans la troisième, ou active, s’accomplit l'expulsion du contenu.

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1°° période. — Elle n’appartient pas pour ainsi dire à la miction proprement dite, mais il convient de la noter. La vessie se remplit peu à peu, l’urine s’écoulant goutte à goutte des uretères.

2° période. — L’urine s'estaccumulée dans la vessie ; elle ne peut refluer ni par les uretères ni par l’urèthre, le sphincter interne par sa tonicité fermant ce canal, et l’occlusion des uretères se faisant par un phénomène purement mécanique, la pression de dedans au dehors de la vessie distendue appliquant l’une contre l’autre leurs parois, dans leur court trajet à travers celles de la vessie.

Il vient un moment où la distension graduelle de cet organe excite ses nerfs sensibles

Cette excitation produit une sensation particulière qui nous avertit de la réplétion de la vessie, et qui paraît avoir son siège au niveau de la muqueuse du col vésical.

Cette sensation est perçue par le cerveau, mais la volonté peut se montrer sourde à cette invitation, la moelle seule répond en faisant contracter le sphincter vésical. .

Alors, c’est-à-dire si l’on essaie de résister, la sensation s’accentue de plus en plus, et l’on ne tarde pas à éprouver un sentiment de gène au périnée ainsi qu'une légère démangeaison au méat.

Cette sensation provoque au bout d’un certain temps, par une action réflexe, une contraction des fibres lisses de la vessie. Cette contraction est ,assez faible. Bientôt quelques gouttes d'urine, tombées des uretères, viennent augmenter à la pression intérieure

du réservoir urinaire ; les contractions se répètent, augmentent d'intensité.

Enfin, la résistance du sphincter vésical finit par être vaincue et quelques gouttes d'urine sont chassées dans la portion prostatique de l’urèthre.

Une sensation plus vive arrive alors aux hémisphères cérébraux; elle vient, cette fois-ci, de la muqueuse prostatique irritée. Le contact des quelques gouttes d'urine sur la muqueuse très sensible de cette portion de l’urèthre provoque le besoin d'uriner proprement dit, « une sensation brusque, nette, et bientôt pénible si on lui résiste ». Elles rencontrent ici une muqueuse très sensible, qui n’est en contact avec l'urine qu’au moment de la miction, et il est alors tout naturel qu’elle réagisse en donnant lieu à un réflexe sous l'influence de ce contact.

On connaît, dans un ordre d’idées analogue, l'action de l’inflammation qui, dans l'uréthrite postérieure, autrefois appelée improprement ceystite blennorragique, force à chaque instant ies malades à la miction, ce pendant que la vessie ne contient, le plus souvent, que quelques gouttes d'urine.

Mais un autre muscle, strié cette fois-ci, arrête l'urine dans son cours. C’est ce sphincter de la région membraneuse de l’urèthre que, par un nouvel are réflexe, la sensation du besoin d’uriner va mettre en jeu. |

Formé de fibres striées, soumises à l’action de la volonté, au moins dans une certaine mesure, il est plus puissant que le sphincter vésical et prostatique qui se laisse facilement forcer. Il va donc se contracter et for-

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