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mer une barrière longtemps infranchissable à l’urine. Si on retient le besoin d’uriner, déjà impérieux, à la constriction réflexe vient se joindre l'effort volontaire qui en augmente puissamment l'effet ; tout ce système musculaire peut donc, si on le veut, se resserrer sur la colonne d'urine qui tend à l’ouvrir, et la volition entre en jeu et commande l’occlusion forcée du sphincter de la région membraneuse de l’urèthre, déjà contracté par réflexe spinal. Si, au contraire, on cède au besoin, les parois vésicales peuvent produire une contraction énergique soutenue et renforcée puissam-
ment par celle des muscles de l’abdomen.
Il s’y ajoute un autre phénomène, et même dans le
cas où la tonicité du sphincter pourrait être difficilement vaincue mécaniquement, la volition intervient sur le sphincter lui-même; « l'incitation venue du cerveau fait alors cesser la contraction réflexe par un de ces phénomènes d’inhibition décrits par Brown- Séquard, qui agit à distance sur le centre spinal de Kupressow, » (1)
A la fin de la miction, la contraction des fibres de l’urèthre et du bulbo-caverneux assure l’expulsion des dernières gouttes d'urine.
Que se passe-t-il chez un ataxique ?
Supposons un obstacle quelconque empêchant la vessie de pouvoir évacuer son contenu. Nous verrons tout à l'heure que cet obstacle ne peut être dù qu’à lincoordination motrice des muscles volontaires qui constituent le sphincter uréthral.
(1) GerFrier. Thèse de Paris, déjà cité,
La vessie laisse s’accumuler l’urine ; ses parois résistent passivement, se laissent distendre, mais leur élasticité agit sur la masse liquide et la comprime. L’urine arrive toujours goutte à goutte dans la vessie, la pression du liquide augmente. Mais si, au début, cette pression était annulée par la résistance du sphincter, il arrivera forcément un moment où elle lui sera supérieure. L’obstacle sera vaincu, et une miction aura lieu.
Cette miction sera très légère, car, tout aussitôt, l'issue même d’une petite quantité d’urine renversera le rapport qui existait entre la pression intra-vésicale et la résistance du sphincter. Celui-ci, un moment vaincu, redeviendra vainqueur, jusqu’au moment où une nouvelle quantité d'urine déversée dans la vessie par les uretères augmentant la pression intérieure, celle-ci redeviendra la plus forte. Et ainsi de suite, une sorte d’intermittence se créant entre la puissance de rétention et la puissance d’expulsion. De cette façon, il y aura toujours beaucoup d’urine dans la vessie, et la quantité expulsée ne variera pas dans de grandes proportions.
Telle est l’incontinence par regorgement.
La cause de cette incontinence est donc un obstacle amenant la rétention.
Dans toutes les observations que nous citons, la rétention est de toute évidence. Toujours, quand on sonde le malade, on trouve la vessie pleine ; quand on ne songe pas à le sonder, on constate que l’incontinence ne survient que lorsque le malade est resté longtemps sans uriner.
Cette rétention, à quoi est-elle due ? |
Si nous voulions suivre les divisions qui ont été faites des rétentions, nous la classerions parmi les rétentions incomplètes, puisque l'effet est tout le contraire de la rétention absolue. Nous la classerions ainsi — dans un autre ordre d'idées — non pas dans les rétentions causées par la paralysie de la couche musculeuse de la vessie, mais dans celles causées par un obstacle d’origine nerveuse,
M. Geffrier (1) a; en partie, reconnu cette classe spéciale, puisqu'il mentionne, dans un chapitre consacré à la rétention en général, celle qui résulte « du spasme du sphincter, c’est-à-dire de cet anneau musculaire qui va du col vésical au bulbe de l’urèthre ». Mais, selon lui, « la vessie non paralysée luttant et résistant à la distension, H-arrive un moment où la limite d’extensibilité des fibres musculaires lisses étant atteinte, il en résulte une sorte de paralysie mécanique ».
Nous ne le croyons pas absolument, et nous pensons plutôt que c’est à ce moment où la tension intra-vési-
cale a atteint son maximum qu’'intervient la miction par regorgement. -
M. le professeur Guyon (2) note aussi les rétentions
qui surviennent par spasme sphinctérien.
« L'état spasmodique, dit-il, dont le rôle estsouvent
incontestable dans l’empêchement ou la difficulté de la miction, de même que dans l’empêchement ou la dif-
(1) Gerrriue. Thèse de Paris, déjà cité.
(2) Guyon, déjà cité.
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ficulté du catéthérisme, se surajoute à une lésion temporaire ou ‘permanente, mais se montre bien rarement à l’état d'indépendance... Ce que Civiale a dési- ‘gné en parlant de la « partie de l’urèthre située sous « l’arcade du pubis » est évidemment la portion membraneuse, ce que nous appelons le sphincter antérieur. C'est, en effet dans ce point, c'est-à-dire dans la partie musculeuse de l’urèthre que s’établit et se rencontre ce qu’on a pleinement le droit de qualifier de spasme. »
Eh bien, c’est précisément dans ce sphincter antérieur que réside l’obstacle à l’émission de l’urine.
Seulement il ne s’agit point ici de spasme.
Chez les ataxiques, il est tout naturel qu’il s'agisse d'incoordination.
Ce qui caractérise ces malades, c’est en effet la perte du sens musculaire et l'abolition progressive de la coordination des mouvements.
Quelques lignes du récent traité de M. le professeur Collet (1) ont attiré notre attention :
« Avant Duchenne, les ataxiques étaient considérés comme des paraplégiques ; en réalité, il n'y a là qu’une apparence; les paralysies sontrares chez les ataxiques. Ce qui caractérise leur affection, c’est l’incoordination. »
Sans vouloir rapporter exactement le sens de cette phrase au sphincter uréthral, nous pouvons cependant y voir une analogie avec ce qui se passe à propos de ce dernier, et nous demander pourquoi on chercherait à expliquer la rétention des ataxiques par exemple
(1) Couzxr. Patholugie interne, Collection Testut.
par des paralysies de la vessie, alors que l’incoordina-
tion motrice de ce sphincter explique clairement tous
les cas.
Déjà M. Geffrier, dans son remarquable travail, s’avance sur cette voie, lorsqu'il signale divers troubles urinaires, « sorte de combinaison de rétention et d’incontinence » qui semble résulter de la perte du sens musculaire et qu’il met sur le compte de l'incoordination vésicale.
Comparant ce qui se passe, chez les ataxiques, dans les autres organes avec les symptômes spéciaux aux organes génito-urinaires, il écrit (1):
« Bien qu’ils soient multiples et de nature très diverse, ces troubles urinaires peuvent se mettre en parallèle avec les autres symptômes tabétiques, et se rangent absolument dans le même cadre.
« C’est ainsi que si on prend les troubles de la sensibilité on sait qu’on trouve chez les ataxiques : 1° des douleurs fulgurantes ; 2° de l’anesthésie.
« Du côté des organes génito-urinaires,même chose : 1° des douleurs fulgurantes (crises vésicales ou !uréthrales) ; 2° de l’anesthésie, soit de la muqueuse vési-
- cale, soit de l’urèthre, soit les deux ensemble.
« Si on considère les troubles moteurs,on constate des phénomènes d'ordre paralytiqueet d'in coordination motrice.ll en est de même du côté des voies urinaires, où l’on rencontre des symptômes dus à la paralvsie ou mieux à la parésie des muscles de la vessie et de l’urèthre et des symptômes qu’il est impossible
(1) Gerrrier, Thèse de Paris, déjà cité.
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d'expliquer à moins d'admettre une véritable incoordination motrice de ces mêmes parties musculaires, à laquelle peut se joindre l’incoordination des muscles abdominaux adjuvants de la miction.
« Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi on se refuserait à admettre l’incoordination motrice de la vessie, sous prétexte que c’est un muscle lisse, alôrs qu’on voit un fait de même ordre s'’accomplir lors des crises gastriques de l’ataxie. Les vomissements qui se produisent fréquemment pendant ces crises ne peuvent pas s'expliquer uniquement par des contractions du diaphragme et des muscles abdominaux qui n’ont jamais été signalées dans ces cas, que je sache. Force est bien d'admettre les contractures anormales antipéristaltiques de la tunique musculeuse del’estomac.J’admets la même explication pour le muscle vésical,et les symptômes que je décrirai dans un instant (ce sont ceux réunis dans l’observation XIV) me semblent ne pouvoir se rapporter qu’à une véritable ataxie vésicale, à laquelle s'ajoute probablement l’incoordination du Sphincter strié de la région membraneuse de l'urèthre. »
.…. À Jaquelle s'ajoute probablement l’incoordination du sphincter strié de la région membraneuse de l’urèthre ? mais alors pourquoi aller chercher autre part une explication ?
Pourquoi la vessie, muscle lisse, serait-elle le siège d’une incoordination motrice et non le sphincter uréthral, muscle strié ?
Et cette incoordination des muscles qui constituent ce sphincter, au lieu d’expliqner ces cas spéciaux, bizarres, cités par Fournier, et que M. Geffrier met