‹ Pathogénie de la lithiasie biliaireChapitre 11 sur 59 · CHAPITRE III , . CLINIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III , . CLINIQUE

Nous ne ferons pas ici la description clinique de la lithiase biliaire. Rappelons seulement combien nous sommes loin aujourd’hui des descriptions anciennes où la colique hépatique et ses accidents semblaient résumer toute la symptomatologie de la lithiase biliaire. Certes, il existe encore des cas de lithiase ignorés ou méconnus et il n'est pas rare de découvrir à l’autopsie, dans la vésicule, des calculs qui n'avaient pas été soupçconnés pendant la vie. Mais nous pouvons maintenant rapporter à leur véritable cause des signes qu'on attribuait jadis à d’autres organes que les voies biliaires. C’est surtout dans les Congrès de chirurgie et à la suite des opérations précoces et nombreuses, souvent exploratrices, qui furent faites en Amérique par les frères Mayo, en Allemagne par Kexr, que la lithiase biliaire a élé mieux connue et qu’on la diagnostique plus facilement.

Il est probable qu'aujourd'hui on n'écrirait plus, comme Kexr il y a une dizaine d'année, que la lithiase biliaire est une maladie à tel point muette en symptômes que sur 100 porteurs de calculs, 5 seulement ont

nr

des symptômes cliniques suffisants pour permettre le diagnostic.

Pourtant, en 1910, CHAsE enseigne encore que la plupart des lithiases biliaires sont méconnues et qu'il n’y a pas dans la pathologie de maladie dont les symptômes soient plus fréquemment rapportés à une autre cause, à des troubles gastriques surtout.

Le syndrome colique hépatique est devenu de plus en plus précis et les cas frustes de plus en plus nombreux.

La douleur de lithiase biliaire n'est plus seulement la grande crise avec sueurs froides, bradycardie, vomissements, point de côté terrible dans l’hypochondre droit, irradiations à l'épaule droite et à l'épigastre. Lorsqu'un malade vient nous trouver en se plaignant de souffrir à intervalles plus ou moins éloignés à droite, d’avoir un endolorissement du côté, d’être gêné pour respirer après un exercice violent, nous savons l’examiner à fond et rechercher, grâce à des repères précis, le siège de sa douleur.

Il faut le faire coucher, lui faire légèrement fléchir les genoux, l'habituer à respirer doucement la bouche mi-ouverte de façon à ce que sa paroi soit en complète révolution musculaire.

Alors seulement nous pouvons le palper, étant assis à sa droite en face de sa région hépatique. Nous le palpons d’abord superficiellement et il n’est pas rare de rencontrer un peu de défense musculaire dans l'hypochondre droit.

La douleur des voies biliaires est provoquée par la

pression en quatre points comme l'enseigne M. CHaur-

FARD : un point vésiculaire, à l'union du bord externe du grand droit avec le bord inférieur des côtes; un point épigastrique au voisinage de l’appendice xiphoïde ; un point pancréatico-cholédocien, situé à deux ou trois travers de doigt de l’ombilic sur une ligne allant de l'ombilic à l'épaule droite, enfin un point correspondant à l’extrémilé de la douzième côte. On ne manquera pas de déterminer soigneusement le volume du foie et de chercher si on trouve la vésicule. M. CHAurFFARD montre qu'on aide beaucoup cette palpation en fixant le foie avec la main gauche; on la place en arrière dans la fosse lombaire; on soulève ainsi le foie à travers la paroi et on l’amène au contact de la main droite antérieure qui palpe. Grâce à cet artifice, on trouve soit une vésicule douloureuse dure ou déformée, soit l’encoche hépatique qui en marque le siège profond. Il est parfois possible par pression profonde d'éveiller une douleur sourde.

Carz BECK a donné une technique précise pour la recherche radiologique des calculs dans la vésicule. Ce moyen d'investigalion ne peut s'appliquer qu’aux calculs contenant beaucoup de sels de chaux, car la cholestérine est traversée par les rayons X.

Les troubles gastriques sont dans la colique hépatique franche au maximum : des vomissements alimentaires, bilieux accompagnent la crise.

En l'absence d’autressymptômes,ona maintenant décrit une dyspepsie lithiasique avec douleur épigastrique plus ou moins violente : dégoût de certains aliments surtout des graisses, goût amer de bile dans la bouche. De loin en

Page 1