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II. Les vésicules et les voies biliaires lithiasiques

L'étude morphologique et chimique des calculs biliaires nous a montré des types divers de lithiase. Nous avons pu supposer que ces calculs d'apparence, de structure, de composition différentes répondaient à des processus de formation différents.

Voyons si la vésicule dans laquelle on trouve ces calculs reste toujours la même.

L'étude anatomo-pathologique et histologique de la vésicule et des canaux biliaires a été très minutieusement faite dans ces dernières années. C'est surtout depuis que la lithiase est entrée dans le cadre chirurgical que les examens des parois de la vésicule se sont multiphiés.

Le travail le plus complet fait sur cette question est celui d’Ascnorr et BAcMEISTER; ils ont en 1909 publié une monographie sur la cholélithiase à laquelle nous avons puisé de précieux renseignements.

Pour bien comprendre les altérations pathologiques observées au cours de la lithiase biliaire, il faut connaître la structure normale de la vésicule.

Histologie normale de la vésicule biliaire.

Sur une coupe de vésicule biliaire normale, on touve

quatre couches bien différenciées.

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Muqueuse, musculeuse, fibreuse, séreuse.

Certains auteurs ont différencié une cinquième couche qu'ils décrivent sous le nom de sous-séreuse. On arrive mal à la séparer de la couche fibreuse. Pour bien la voir, il faut examiner des coupes de vésicule provenant de fœtus de 8 et 9 mois ou de nouveau-nés. Nous nous occuperons uniquement de la structure de la couche muqueuse. Les autres présentent peu d'intérêt pour la pathogénie de la lithiase biliaire. Nous dirons seulement plus loin un mot de leurs altérations pathologiques.

Chez le fœtus à terme et le nouveau-né, si on prélève la vésicule avec soin et qu’on la fixe sans la vider de son liquide, au formol salé à 5 p. 100 par exemple, qui ne contracte pas trop les éléments, on peut constater, après ouverture et évacuation, que la muqueuse est plissée, surtout vers le fond. Une coupe histologique, passant dans celte région, montre une série de petites dépressions.

L’épithélium est constitué par des cellules cylindriques à noyau ovale situé à la base de la cellule. Ce noyau présente un fin réseau chromatique avec des points nodaux bien différenciés. Le protoplasma est clair, très légèrement granuleux. A l'extrémité libre de certaines cellules, on voit un petit amas foncé, ressemblant à des cils agglutinés.

Par endroits se voient des figures de karyokinèse.

De place en place, surtout au niveau du col, grosses cellules caliciformes, en tout point semblables à celles de la muqueuse intestinale. A un faible grossissement,

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elles forment comme des lacunes dans la rangée des cellules épithéliales. |

Avec un objectif fort, on distingue un protoplasma homogène, très clair.

Sur les coupes colorées au carmin, ces cellules caliciformes sont presque entièrement colorée en rouge, ainsi que la paroi externe des cellules cylindriques. Cela indique que ces cellules caliciformes contiennent surtout de la mucine.

L'’épithélium n’a pas de membrane basale distincte. Dans la couche sous-épithéliale on trouve de nombreux lymphocytes; parfois des amas ayant un aspect Iymphoïde peuvent se développer sous l'influence de l'infection. On ne trouve pas de glandes chez le fœtus.

Chez l'adulte, il est impossible de distinguer la limite entre la fibreuse et la sous-séreuse. Il y a épaississement de ces deux tuniques dans la cholélithiase inflammatoire.

La muqueuse est caractérisée par son plissement marqué surtout vers le fond. Pour bien voir cette disposition, 1l faut fixer les vésicules sans les vider; sinon la muqueuse s'étale et cela explique que la plupart des classiques aient pu la décrire comme lisse.

Sur les coupes histologiques, on voit que la surface de la muqueuse présente non seulement des dépressions, mais qu'il y a de véritables lacunes limitées de toutes parts par la muqueuse. Au fond de la vésicule surtout, on trouve de petites niches assez profondément enfouies dans la muqueuse et recouvertes par de véritables villo-

sités épithéliales.

Les replis muqueux qui y pénètrent, peuvent simuler de véritables glandes.

L'épithélium est formé de hautes et minces cellules cylindriques; le noyau en forme d’ovale allongé est situé profondément.

Ces cellules contiennent à leur partie libre de petits nodules colorés en rouge par le carmin et qui s’éliminent comme un bouchon muqueux.

SmkiNAMI à décrit une fine striation semblable à des cils agglutinés. Jamais on n’a vu de véritables cils.

On trouve chez l'adulte beaucoup moins de cellules caliciformes que chez le fœtus. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la présence de figures de karyokinèse dans les cellules de l’épithélium vésiculaire. 11 n’y a pas de membrane basale proprement dite, mais il n’est pas rare d'observer un épaississement de la paroi du pied de la cellule.

Dans la sous-muqueuse, il n’y a que de très discrets amas lymphatiques en dehors des cas d’inflammation. On voit quelques mastzellen.

La tunique musculeuse est formée de faisceaux de fibres lisses séparés par des bandes de tissu conjonctif qui se continuent dans la tunique fibreuse.

L'épithélium de la vésicule est très fragile. Sur les pièces provenant d’autopsies, il est presque toujours altéré et les cellules détachées flottent dans la bile. Quand on peut fixer tout de suite aprèsla mort, on prend sur le fait, par l'examen histologique, un double travail : excrétion d'un bouchon muqueux, absorption de

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