LAURE
favorables à la précipitation du carbonate de chaux et de la cholestérine, Comme à l’opération il n’y avait aucun caleul dans la vésicule qui fut examinée, on voit que des calculs biliaires peuvent se développer chez l'homme dans l’espace de 7 mois.
IX. — Obs. de DRUMMOND. — Femme de 48 ans souffrant de colique hépatique depuis 29 ans. Opérée le 7 décembre 1901. La vésicule adhérente et dilatée contient de la bile et 6 calculs. La vésicule est suturée au catgut. On fait un surjet de soie. Elle sort guérie le 7 janvier 1902.
Le 25 septembre 1907, elle revient souffrant depuis #4 jours dans la région de sa cicatrice. Réopérée, grosse vésicule adhérente. On trouve dans la vésicule du mucus clair et un gros calcul rond au niveau du col. Ce calcul avait une structure stratifiée. Au centre, on trouva un brin de catgut formant double nœud. Le calcul était composé de cholestérine et de bilirubinate de chaux.
Dans tous ces cas se trouvent réalisées les conditions favorables à la lithiase : stase biliaire, infection, corps étranger. Les fils forment comme des canaux de Luschka artificiels.
P. Mocouor, au cours d'expériences, sur l’obstruction des voies biliaires, a observé deux petits calculs dans la vésicule d’un lapin à qui il avait broyé et lié 10 jours auparavant le canal cystique. Le plus gros, cylindroïde, avait 5 millimètres de long sur ? de large; l’autre avait environ la moitié de la taille du premier.
L'analyse chimique a montré que ces deux calculs ne contenaient aucun élément biliaire et en particulier pas de cholestérine. Ils contenaient une matière colorante facilement soluble dans l’eau et semblaient d’origine
hématique. Peut-être doit-on rapprocher ces calculs
des calculs pigmentaires observés dans les ictères
hémolyliques.
Expériences personnelles. — Nous avons cherché à reproduire expérimentalement chez le chien des calculs biliaires. Pour cela, nous avons injecté d’une facon répétée tous les six Jours à six chiens bien portants du bacille d’Eberth pur dans la veine fémorale. Ces chiens supportaient fort bien l'infection éberthienne pendant le premier mois, puis se cachectisaient lentement. Nous n'avons jamais trouvé de calculs à l’autopsie qui a été faite respectivement 5 mois, » mois et demi, 6 mois, 6 mois et demi, 7 et 8 mois après la première injection. D'ailleurs Pinfection éberthienne prolongée n'a pas amené d’augmentalion du taux de la cholestérine dans le sang de ces chiens (1,50 gr.).
Nous nous sommes dans un cas rapproché des conditions d'expérience de KziNkerr el nous avons obtenu un résultat positif.
Voici cette expérience :
30 juin. — Chien de 9 kilogr. 500 endormi par injection intra-péritonéale de chloral-morphine.
Laparotomie. Vésicule cachée sous le foie. A la palpation, on ne sent pas de calculs dans la vésicule. Le fond est pincé en deux endroits par une pince à forcipressure.
2 juillet. — Injection intraveineuse de 1 centimètre cube de vieille culture de bacille d'Éberth sur bouillon chauffée deux heures à 65°. Le chien est un peu maussade pendant deux ou trois jours, mais se remet très vite.
2 r nopembre, soit4 mois 1/2 après l'opération. — L'animal est sacrifié.
La vésicule a le même aspect que lors de l'opération. Pas
St RE
d’adhérences, pas de modification apparente de volume. À la palpation, on sent des corps étrangers. A l'ouverture de la vésicule on trouve trois calculs ; deux filent avec la bile, un adhère légèrement à la muqueuse du fond de la vésicule au niveau probable du traumatisme. En outre on trouve quelques grains noirâtres comme du sable biliaire. Les trois calculs retirés ont un volume comparable à celui d’un -grain de blé ou d'une lentille.
L'analyse chimique de ces calculs a montré qu'ils étaient formés presque uniquement de bilirubine et d’une très petite quantité de sels de chaux. Ils ne contiennent pas trace de cholestérine.
La cholestérine a été dosée trois fois dans le sang de ces chiens.
ANANTOPÉTATONE NERO 1 gr. 60 p. 1.000 3 jours après l'injection d'Eberth 1 gr. 55 — ANADPMAMMOLT PE TEE 1e cf)
Le taux de la cholestérine dans la bile retirée à l’autopsie est de 0 gr. 60.
De l’ensemble de ces expériences in vivo, nous pouvons conclure que l'infection seule, soit localisée aux voies biliaires, soit généralisée, même quand elle est très atténuée ne suffit pas à produire des calculs. L'infection atténuée par le coli-bacille ou le bacille d'Eberth plus un appel local, un traumatisme, même sans stase amènent la formation de calculs. Ces calculs sont formés de pigments purs de bilirubinate de chaux où plus rarement de pigments et de cholestérine.
Dans une série d'expériences non encore terminées nous verrons si en augmentant artificiellement le taux de la cholestérine dans le sang et en produisant la stase biliaire, nous obtiendrons des calculs. Nous n'avons pas
encore obtenu de résultat positif. Cela s'explique, car tout porte à croire, comme l'ont montré Ascnorr et Bacmeister, que le développement du calcul de cholestérine radiaire pure est extrêmement lent.
Quoi qu'il en soit, l’expérimentation sur l'animal nous montre qu'on n’oblient artificiellement qu’une catégorie de calculs et que jusqu'ici on n'a pas pu réaliser la production expérimentale des calculs biliaires absolument identiques à ceux qu'on trouve dans la lithiase biliaire naturelle de l'homme. C'est qu'il est très difficile de se mettre dans les conditions du mécanisme local qui semble avoir été élucidé par l'anatomie pathologique et par l'expérience in vitro.
Si même on réalisait très exactement toutes ces conditions et si on avait la patience d'attendre le temps nécessaire pour la formation d’un véritable calcul de cholestérine pure, calcul qui semble très lent à se former, il est possible qu'on n’arrive pas à un bon résultat.
En effet, si le mécanisme de précipitation des éléments du calcul biliaire dans la bile naturelle ou dans la bile artificielle est bien connu par Îles analyses chimiques el par les expériences dont nous avons rapporté les plus probantes avec détails. 1l faudrait encore tenir compte d'un facteur d'ordre général qui doit exister dans la lithiase biliaire. Il faudrait arriver à modifier l’état physiologique tout entier de l’animal sur lequel on fait ces expériences.
Pour cela, il est indispensable d’avoir des données biologiques plus précises sur le terrain favorable à la
lithiase biliaire.