XI. — Lithiase biliaire
Mme G. M... âgée de 48 ans, femme de ménage, entre le 13 novembre 1911 à St-Antoine, salle Moïana, lit n°7, pour une crise de colique hépatique fruste avecictère par rétention.
Antécédents personnels. — Réglée régulièrement depuis l’âge de 14 ans. Mariée à 17 ans. 15 grossesses.
Elle souffre actuellement depuis 25 jours de douleurs dans la région hépatique avec irradiations à l’épigastre. Elle a eu à plusieurs reprises sur cet état douloureux permanent des accès de douleurs violentes accompagnées de vomissements, de sueurs et de petits frissonnements. La première de ces crises aiguës a coïncidé avec le moment où auraient dû apparaître les dernières règles qui ne sont pas encoré manifestées.
L'ictère date d’une quinzaine de jours. C'est un ictère jaune d’or avec décoloration des matières fécales ; urines foncées et prurit.
A l'examen, on détermine une douleur diffuse dans la région hépatique. Pas de point vésiculaire net, mais un point épigastrique et un point pancréatico-cholédocien douloureux.
A l’auscultation, claquement diastolique aortique retentissant.
Artère radiale un peu dure.
Les urines contiennent du pigment biliaire.
Il y a de l’albumine dans les urines, dans les matières. fécales et dans le sang.
XII. — Lithiase biliaire latente. Diagnostic posé : ictère catarrhal. Hypercholestérinémie.
Mme P..., 52 ans cuisinière entre à S'-Antloine, salle Moïana le 20 mars 1912, pour de l’ictère.
Dans ses antécédents, rien à signaler, sauf l'absence de grossesse.
Depuis deux ans, troubles dyspeptiques, mais pas de douleurs vraies.
[l y a six mois, douleurs nettes après les repas, mal caractérisés. Amaigrissement.
Il ÿ a sept jours, malaise, vomissement inuqueux, légèrementacide.Le lendemain apparaïitl’ictère quidemeureintense.
À l'examen, ictère franc, jaune d’or, sans prurit, sans bradycardie. Matières couleur de plâtre sale contenant de la stercobiline. Urines foncées.
Réactions de Gmelin et de Hay positives.
Foie normal, non douloureux.
Température oscillant aux environs de 37° 5.
Le diagnostic porté est celui d'ictère catarrhal.
La malade meurt le 21° jour, après le début de son ictère, par suite de torsion d’un kyste de l'ovaire méconnu.
Aulopsie. — Kyste de l'ovaire droit tordu.
Péricholécystite et cholécystite avec bile purulente. Une dizaine de calculs de cholestérine pure dont deux enchatonnés dans le cystique et comprimant le canal hépatique.
L'examen de la bile au microscope polarisant montre quelques grains bi-réfringents très rares. La coloration au Sudan III et au Nilblau, montre que les cellules altérées qui nagent dans le pus biliaire ne contiennent pour ainsi dire pas d’éthers de la cholestérine.
Dans les parois de la vésicule qui présente l’aspect de cholécystite aiguë, sous l’épithélium, assez nombreuses masses de cholestérine, présentant l’aspect de calculs intra-muraux.
Dosage de cholestérine dans le sang à l'entrée : 4 gr. 30.
XIII. — Lithiase biliaire. Cholécystectomie. Persistance des douleurs et de l’hypercholestérinémie.
Mme Tr..., 58 ans, fille de père lithiasique-biliaire. Règles irrégulières. Un enfant.
Première colique hépatique suivie de nombreuses crises douloureuses, il y a 15 ans.
Cholécystectomie, il y a 5 ans, par M. Quénu. Vésicule rétractée, mais pas de calcul.
Les douleurs se reproduisent pendant un an.
. Cholestérinémie : 2 gr. 50.
L'ictère rétrocède et disparaît un mois environ après l’entrée.
Les règles réapparaissent avec un retard de six semaines. La malade sort le 23 décembre guérie.
Cholestérine au moment de l'entrée . . . . . . 1 gr. 80 — IC MANSOTILE. UE gr. 10