‹ Pathogénie des atrophies musculairesChapitre 3 sur 8 · PLAN DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

PLAN DU TRAVAIL

Étudier les causes diverses qui président au développement des amyotrophies implique l'idée de l'établissement d'une classification, œuvre toujours dé-

licate, et tout particulièrement difficile dans le sujet qui nous concerne. Faire une division pathogénique des amyotrophies, tel est le but que nous devons nous proposer à priori ; mais dans l'état actuel de la science, est-il possible de l'atteindre ? Pouvions-nous, par exemple, faire rentrer les amyotrophies qui apparaissent au cours de la variole dans le groupe des atrophies musculaires d'origine névritique? On aurait pu nous objecter qu'il existe des cas oii, dans l'espèce, le système nerveux central est seul responsable des désordres musculaires. Le mécanisme des amyotrophies survenant dans les fractures, par exemple, est discuté et discutable. Plusieurs hypothèses sont capables d'être invoquées suivant les cas. Sur bien des points, la lumière est loin d'être faite et si nos connaissances physiologiques nous ont permis depuis quelques années d'approfondir ja genèse de certains processus morbides, il en est encore, et l'amyotrophie est. de ce nombre, dont le mécanisme de production maintes fois nous échappe.

Faire une classification pathogénique, c'est-à-dire définitive, serait tenter une œuvre bien artificielle et rasseoir sur des bases bien instables. Force nous est d'adopter une classification mixte, à la Fois pathogénique etétiologique, se rapprochant autant que possible du desideratum que nous ne pouvons atteindre.

Dans une première catég'orie, nous rang-erons les amyotrophies dues à une lésion du système nerveux central, ou plus exactement de la cellule trophique de la moelle ; dans une deuxième classe, trouveront

place les .'imyotrophies liées à des altérations da système nerveux périphérique ; puis, prenant toujours pour guides les connexions orpi-aniques qui donnent lieu au système neuro-musculaire, nous étudierons dans un troisième chapitre les amyotrophies d'origine myopathique. Quittant ensuite le terrain de la pathogonie, pour nous placer sur celui de l'étiologie pure, nous envisagerons les amyotrophies consécutives aux altérations soit osseuses, soit articulaires. Enfin un dernier groupe sera consacré aux amyotrophies dans les maladies infectieuses, les intoxications, les dyscrasies et les cachexies ; leur étude pathogénique, qui est peutêtre la plus complexe, emprunte des données à tout ce que nous aurons appris sur l'influence que moelle, nerfs, lésion musculaire exercent sur la production de l'amyotrophie.

Avant d'entrer dans le cœur du sujet, nous tenons à remercier M. le professeur Charcot des conseils qu'il nous a donnés, et des renseignements qu'il a bien voulu nous fournir.

L'usage ne nous permet pas d'exprimer ici notre gratitude aux amis dévoués dont la collaboration nous a été si précieuse; pour ne pas être affirmée nominativement, notre reconnaissance n'en est pas moins des plus vives ; nous avons la ferme espérance qu'ils n'en sauraient douter.

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