‹ Pathogénie des hémidèmes chez les hémiplégiquesChapitre 14 sur 20 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Résumée) OEdème unilatéral traumatique post-hémiplégique k Klippel et P. Weil

Gén... Louis, âgé de 55 ans, rentre dans le service, salle Bichat, numéro 8, à la suite d’un traumatisme ayant porté sur la colonne vertébrale. Pendant plus de huit jours, il est incapable de faire le moindre mouvement de ses quatre membres ; 1l ne peut se remuer spontanément dans son lit. [l n’a aucun trouble des sphincters. Peu à peu, il peut à nouveau mouvoir ses membres, mais il est infiniment plus faible du côté gauche que du droit.

Il ne peut, pour ainsi dire, pas se servir de son mem-

bre inférieur gauche ; dans la marche, il soulève difficilement le pied gauche du plan du sol ; la pointe du pied est traînée sur le plancher.

Tous les réflexes sont diminués du côté gauche ; le réflexe rotulien plus particulièrement.

Le malade présentait des’ phénomènes d’œdème du côté gauche seulement ; l’œdème est mou, prenant le godet, et est extrêmement prononcé sur les membres. Cet œdème unilatéral ne s'accompagne d’aucun état variqueux, ni inflammatoire des téguments. La face est indemne. Depuis deux mois, œdème et paralysie ont rétrocédé, Actuellement, l'ædème ‘est encore manifeste. L’œdème est, certes, beaucoup plus prononcé au niveau du membre supérieur gauche, et son maximum est à la main. La saillie des métacarpiens et les dépressions intermétacarpiennes ont disparu, masquées par l’infiltration œdémateuse. La mensuration rend compte de cet œdème.

Droite. Gauche Circontérence dela mainis. mL 0e 19,5 cent. 21 cent. — Avant-bras (au-dessous pli du coude). 24 » 25 » — BPASEeR RMS EN ES RME RENE 4 24° » D »

= Cuisse es ae ee ne Daniel ele 49 » 50 °»

A EDR D EVE PR PRE en } LORS PES 29 » ‘30,5 »

La différence au niveau du cou-de-pied ne peut pas être mesurée, car du côté droit, le malade présente un gros cal à l’extrémité inférieure du péroné, suite de fracture.

L'examen de la motricité fournit la constatation sui-. vante : le membre inférieur gauche fait mal les mouvements ; sa force est notablement diminuée. Le malade s’oppose à la flexion de la jambe sur la cuisse, mais 1l ne peut empêcher son extension. Les mouvements de flexion et d’extension du pied sont diminués de force à gauche. |

…— ÀG —

Du côté du membre supérieur, le malade ne peut pas soulever le bras gauche au-delà d’un angle de 30 à 45

centimètres. Cette diminution de l’amplitude du mouve-

ment tient, d’une part, à la parésie musculaire et, d’autre part, à des phénomènes arthralgiques.

Lies mouvements du poignet sont presque complètement abolis. Le malade ne peut, de la main gauche, presser sur le dynamomètre. D'ailleurs, il n’amène que 16 de la main droite, avec cet appareïl. La marche est difficile ; le ma- Jade traîne le pied gauche.

Du côté de la sensibilité, il n’existe aucun trouble de la perception du contact et de la piqûre.

Le sens des attitudes est conservé ; le sens stéréognostique est aboli au niveau de la main gauche.

Les réflexes rotuliens existent des deux côtés, plus vifs à droite. Pas de elonus, ni d’un côté, m de l’autre. Pas de Babinski. Pas de réflexe centro-latéral plantaire. Pas de réflexe crémastérien. Les trois réflexes cutanés abdominaux manquent.

Au membre supérieur, les réflexes tendineux (triceps, extenseurs, fléchisseurs, radiaux) sont plus vifs à gauche qu’à droite. |

Les réflexes oculaires sont normaux à la lumière et à l’accommodation. Pas de trouble de la vision. Pas de troubles auditifs.

Le pouls est à 60. La température normale.

La trophicité est très atteinte du côté gauche du corps. Il'existe un léger état cyanotique des extrémités digitales gauches, état cyanotique qui envahit presque toute la surface dorsale de la main. Il existe encore un certain état de glossy-skin net à la face dorsale des phalanges, où la peau est lisse, glissante, et ne présente plus les petits sillons transversaux que l’on voit du côté droit,

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