‹ Pathogénie des hémidèmes chez les hémiplégiquesChapitre 17 sur 20 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Hémiædème cardiaque) Lœper et Crouzon

M. C.., 67 ans, salle Ste-Jeanne, numéro 13, entre le 10 février 1904. Elle est incapable de fournir elle-même aucun renseignement. Lies parents racontent qu'ils l’ont trouvée, le 10 février, au réveil, dans l’état où elle est actuellement, incapable de dire une parole et paralysée du côté droit. k

On constate à la face l’abaissement de la commissure labiale droite, l’effacement du pli naso-génien droit. Il est impossible de rechercher chez elle l’hémianopsie. On constate le signe du peaucier. à

Son membre. supérieur droit est incomplètement paralysé ; la main droite amène encore 5 au dynamomètre ; la main gauche amène 10.

La démarche est possible, mais hésitante ; le pied droit frotte contre le plancher.

Le réflexe rotulien est exagéré des deux côtés. Il n’existe pas de trépidation épileptoïde. On constate à droite le SI-

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one de Babinski et l’abduction des orteils en éventail ; on constate également le signe de Strumpell.

La sensibilité à la piqûre est diminuée à droite, mais la sensibilité au pincement est conservée.

La malade est aphasique. Pour résumer brièvement l’étude de cette aphasie, elle est atteinte d’une grosse aphasie motrice ; elle n’a pas de surdité verbale ; il a été 1mpossible de lui faire lire ou écrire quoi que ce soit.

Le 20 avril, nous avons constaté l’apparition à la main

droite d’un œdème très marqué, blanc, mou, gonflant et dis-.

tendant le dos de la main, et remontant jusqu’au tiers inférieur du bras. Il n’existait tout d’abord aucun œdème des membres inférieurs, mais, le 28 avril, est apparu un léger æœdème de la malléole droite. {’œdème de la main avait diminué. L’œdème de l’avant-bras persistait., Les mensurations ont donné les résultats suivants

Droite Gauche

Mains. 49,5 18,5 Conde gs 20 Cheville . . .. 20 19

L'examen du cœur qui,. à l'entrée, n’avait révélé aucune lésion, nous faisait entendre une arythmie considérable, sans souffle. De plus, l’examen des urines décelait 0 centig. 25 d’albumine par litre.

OBSERvATION VII

(Hémiædème cardiaque) Due à l’obligeance du Dr Euzière, chef de clinique

C. est un malade âgé de 50 ans, déjà depuis longtemps à l’asile.-[1 y est entré 6 à la suite d’une expertise médicolégale, faite par notre maître, M. le doyen Mairet, qui le

RAT es

reconnut pour un inverti moral avec perversions pathologiques. Il y a vécu et vieilli ; c’est aujourd’hui un seléreux, dont les artères en tuyaux de pipe expliquent, semble-t-il, la lésion cérébrale. Au mois d'octobre dernier (octobre 1908), il se sentit fatigué ; on l’amena à l’infirmerie ; progressivement, dans l’espace de deux jours, sans ictus, une hémiplégie gauche s'installa qui, ayant débuté par le membre inférieur, se compléta ensuite en envahissant le membre supérieur et la face du même côté. D’abord flasaue, l’hémiplégie devint bientôt spasmodique et, au mois de décembre dernier, le tableau clinique était le tableau elassique de l’hémiplégie avec contracture. C’est en janvier 1909 qu’apparut, pour la premième fois, l’œdème. Il débuta au niveau du membre supérieur, puis envahit lé membre inférieur. [1 est resté rigoureusement localisé du côté paralysé, avec ane prédominance marquée à la main et au pied. C'était un œdème blanc, non douloureux, mais se laissant facilement déprimer en godet. Son intensité ne fut pas depuis son début rigoureusement constante, et fut sujette à quelques petites variations. À un des moments où il paraïssait le plus marqué, nous avons fait quelques mensurations, et nous püûmes constater que le diamètre de la main gauche malade avait deux centimètres et demi de plus que celui du côté sain, et que la cheville gauche l’emportait de 4 centimètres et demi sur la cheville droite. | | La tension artérielle était sensiblement égale ‘des deux côtés. À gauche, la température était un peu inférieure ; il n’y à jamais eu de troubles trophiques caractérisés. Jamais nous n’avons trouvé d’albumine dans les urines. | | È | Mais, à l’auscultation du cœur, on percevait une aryth-

mie considérable, sans souffle, parfaitement justificatrice

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