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d’un diagnostic de myocardite chronique. Aux deux bases pulmonaires, on constatait une légère stase. Le malade fut mis au lait, au repos au lit, et on lui administra de faibles doses de digitale. Sous l'influence de ce traitement, la stase pulmonaire disparut, et l’œdème se résorba, au moins en grande partie.
OBservaTION VIII
Résumée (Hémiædème cardiaque Deumié. — Thèse de Paris, 1907
N..., 93 ans, tailleur, salle Saint-Christophe, numéro 2,
est entré à l'hôpital le lundi 17 septembre 1906. A son entrée à l’hôpital, on constate l’effacement du sillon nasogénien droit. La bonche est déviée vers la gauche ; la pointe de la langue est légèrement déviée vers la droite.
Le malade ferme les yeux simultanément d’une facon
parfaite, mais l’occlusion isolée de l’œil droit est impossible, à l’encontre de ce qui se produisait avant la maladie. Au bras droit, impotence fonctionnelle à peu près complète. À Ja main, les doigts sont contracturés ; leur flexion et leur extension sont impossibles. De plus, la main est gonflée, la peau en est lisse et vernissée, et la pression y détermine un godet persistant. Cet œdème ne dépasse pastla main ; l’avant-bras est normal.
La motilité de la jambe droite est moins atteinte ; le malade peut la soulever ; mais les mouvements de flexion de la jambe sur la cuisse sont impossibles ; le membre est en extension et présente un léger degré de contracture. Le malade marche en fauchant. Le réflexe rotulien est exagéré à droite, et sa recherche provoque des contractions épileptoïdes des extenseurs. Au pied, le phénomène du
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clonus existe. La recherche du réflexe plantaire donne, à droite, l’extension des orteils, et leur disposition en éventail. À son entrée à l’hôpital, le malade présentait à la jambe droite un léger œdème, qui a disparu au bout de quelques jours. Les réflexes crémastérien et abdominal sont abolis. La sensibilité est intacte. Il n’existe ni aphasie, ni hémianopsie.
La tension artérielle est égale des deux côtés du corps. Le cœur est normal, le pouls rapide (112 pulsations), mais régulier.
À noter la présence d’une cyphoscoliose assez accentuée. Le thorax est globuleux et dejeté en avant. Ces déformations paraissent devoir être rattachées au rachitisme.
En résumé, le malade est atteint d’une hémiplégie droite avec contractures par ramollissement central, à la suite d’une oblitération spécifique ou athéromateuse. Le malade nie la syphilis.
Reste à expliquer l’œdème. Rien dans les antécédents
.du malade ne permet de soupeonner une insuffisance ré-
nale. Mais la eyphoscoliose doit attirer l’attention du côté des poumons. La déformation du thorax a rendu la respiration difficile et le malade est emphysémateux. Il n’est pas impossible que chez lui, comme cela à été signalé chez certains cyphotiques, la déformation rachidienne par l’intermédiaire des lésions pulmonaires, ait déterminé une insuffisance fonctionnelle du cœur. L'hypothèse d’un œdème d’origine cardiaque est done vraisemblable, et la facon dont ül s’est comporté plaide. en faveur de cette or1. gine, Sous l’influence du repos au lit, il s’est résorbé peu à peu, et deux mois après il avait complètement disparu. Ayant reparu quelque temps après, il avait cédé rapidement au traitement par le vin de Trousseau.