‹ Pathogénie des hémidèmes chez les hémiplégiquesChapitre 5 sur 20 · LL —— PATHOGÉNIE DES HÉMIŒDÈMES NERVEUX PURS · texte numérisé non relu

LL —— PATHOGÉNIE DES HÉMIŒDÈMES NERVEUX PURS

a) Phénomènes vaso-moteurs chez les hémiplégiques. — Cliniquement, l’œdème nerveux est le gonflement produit par l’infiltration de sérosité dans le tissu cellulaire souscutané ; pathogéniquement, eette infiltration est subordonnée à la dilatation des capillaires des tissus — phénomène toujours constant — subordonné aussi au ralentissement du cours du sang, aux variations de pression, aux modifications de la composition même du sang. C’est ce qu'ont montré de nombreuses observations cliniques.

L’abaissement de la pression sanguine dans les membres du côté paralysé est nettement établi par les recherches de Féré. Chez 14 hémiplégiques, il a noté comparativement le volume des membres des deux côtés et de leurs prinei- PDaUux segments, la température locale de ces divers segments de membres et enfin la pression artérielle prise à Ja radiale avec le sphygmomètre de M. Bloch. Il a constaté qu'il existe constamment, du côté hémiplégique, un abaissement de la température et une diminution de la pression sphygmométrique. Après Féré, Villard, Sicarl et Guillain, leur élève Tixier, Parhon et Goldstein ont-fait les mêmes constatations. Sur 22 hémiplégiques examinés, Sicard et Guillain ont observé cet abaissement de la pression 19 fois. Chez leurs malades, cette dimimution est gé-

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néralement de 2 à 4 centimètres de mercure par rapport aux membres du côté sain, mesurée avec le sphygmomanomètre de Potain. La majorité des auteurs attribue ce nhénomène à des troubles vaso-moteurs d’origine cérébrale.

M. Rimbaud, dans un article intitulé & Hémiplégie et tension artérielle » paru dans le Montpellier Médical 1909, constate que dans les hémiplégies récentes, il y a un abaïissemient de la tension sanguine du côté hémiplégique, une augmentation dans les hémiplégies anciennes.

L’abaissement de température locale constaté par Féré, Farhon et Goldstein était de 0°05 à 0°5 chez presque tous les hémiplégiques. Rarement la température était égale des deux côtés ; exceptionnellement, plus élevée du côté paralysé. Un semblable abaissement de température a : été observé par M. Anglada chez un hémiplégique du service de M. le professeur agrégé Vires. Laignel-Lavastine a vu qu’en même temps que la tension sanguine est abaissée, le pouls capillaire est plus petit, et la tache blanche produite sur la peau par la compression persiste plus longtemps du côté de l’hémiplégie que du côté sain, dénotant ainsi un ralentissement de l’activité locale de la circulation. Ceci n’est vrai que pour les hémiplégies anciennes, car chez les hémiplégiques récents, au lendemain même de l'ictus, il est de règle d'observer au contraire la circulation exagérée dans les membres paralysés. Parhon et Papinian ont constaté parfois l’augmentation de la tension dans l’hémiplégie récente.

A côté de ces troubles de la pression sanguine et de la circulation locale, il convient de parler des modifications de la composition du sang dans les vaisseaux des membres paralysés, Penzoldt avait déjà constaté que chez les vieux hémiplégiques, on trouve dans le côté paralysé un plus grand nombre de globules rouges que du côté sain, proba-

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blement, pensait-il, parce qu’il existe chez ces malades une difficulté dans l’écoulement du sang veineux du côté paralvsé et aussi de ce côté une plus forte t'anspiration cutanée. Féré, dans une série de notes publiées à la Société de Biologie, a étudié l’activité de réduction de l’oxvhémoglobine chez les hémiplégiques. Chez 9 hémiplégiques qu'il à examinés, il a trouvé du côté de la paralysie un ralentissement de l’activité de réduction. Comme Penzoldt, comme Toenissen, Féré à, aussi observé un plus grand nombre de globules rouges du côté hémiplégique. Malassez a montré que les vaso-moteurs, en amenant la dilatation ou la constriction des vaisseaux, tenaient sous leur dépendance le nombre plus ou moins élevé des globules dans les capillaires. Sicard et Guillain ont publié, au Congrès de Lille, les recherches faites par eux dans le service de M. le professeur Raymond. Les examens ont porté sur six hémiplégiques : deux hommes et quatre femmes. L’une des malades, une femme de 65 ans, hémiplégique depuis 10 ans, présentait de la contracture du côté hémiplégié, ainsi qu’un léger œdème. Deux examens du sang, pris à des endroits symétriques de la main droite et de la main gauche, donnèrent les résultats suivants

1er Examen: Côté hémiplégié, .. 6.250.000 hématies. 5) Cotéénin at. 0080 000 2

9 Examen. Colé hémiplégié... 5 600.000 —

(Sapres) Coté Sans... .-4.800,000": —

Les autres observations leur montrent qu'il y a une hyperglobulie chez les hémiplégiques du côté de l’hémiplévie, Cette hyperglobulie, qui existe aussi bien pour les hématies que pour les leucocytes, n’est d’ailleurs pas une hyperglobulie réelle. IT y a certainement des phénomènes de vasomotricité pervertie, vasomotricité différente de celle

existant du côté sain, qui fait que les globules sont plus

nombreux là où le membre est paralysé. C’est dans ce sens, disent Sicard et Guillain, dans le sens des modifications de vaso-motricité, ainsi que l’ont déjà dit Malassez et Féré, qu'il faut interpréter l’hyperglobulie des hémiplégiques. Et, ajoutent-ils : (Ilest même probable que si l’on pouvait poursuivre l’examen hématologique du même malade pendant plusieurs mois, pendant plusieurs années après l’ietus apopleetique, après le début de l’hémiplégie, si l’on pouvait parallèlement faire l’examen du pouls capillaire et de la quantité des globules, on trouverait la relation de cause à effet entre les variations globulaires et les variations vaso-motrices. »

Poussant l’examen hématologique plus avant, Sicard et Guillain ont constaté que les hémiplégiques ne présentaient pas de leucocytose et qu'il n’y avait pas de changements dans les rapports réciproques des différentes formes leucocytaires entre elles.

Mais ils ont été frappés par l’existence dans les liquides de dilution, d’un nombre considérable de petites granulations incolores ressemblant à de petits coccus, très réfringents, animés du mouvement brownien, et même tendant à se réunir entre elles pour former de larges amas. Ces granulations sont distinctes des hématoblastes. On peut les observer dans le sang d’autres malades ; mais on les a surtout trouvées chez des sujets atteints de troubles trophiques cutanés où de troubles vaso-moteurs traphiques.

Ces granulations ne sont peut-être pas autre chose que ce que Müller décrivait sons le nom d’hémoconies. Peutêtre aussi que ces granulations, si nombreuses dans le sang des hémiplégiques, sont tout simplement des globules altérés fragiles. Il est possible que dans les membres paralysés, ilexiste des stases sanguines, un ralentissement

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du cours du sang, qui favorise la destruction des globules sanguins. ;

À M. le professeur Grasset, qui demandait quelle était l'interprétation pathogénique de l’hyperglobulie constatée du côté hémiplégique, M. Sicard répondait qu'il s'agissait vraisemblablement de troubles vaso-moteurs avec vasodilatation des capillaires périphériques et stagnation san- guine plus ou moins marquée, qui permet aux globules rouges de se ramasser en plus grand nombre en un même point. l

La dilatation des capillaires se produit par l’action des nerfs vaso-moteurs, dont les centres existeraïent à la fois dans l’encéphale et dans la moelle. Consécutivement à cette vaso-dilatation, se produisent les variations de la tension sanguine et le ralentissement circulatoire, ainsi que les variations de la température locale. C’est donc à la lésion des nerfs vaso-moteurs ou de leurs centres, ou bien encore à la lésion des filets nerveux qui relient entre eux les différents centres, que l’on doit attribuer l’œdème chez les hémiplégiques.

Dans la pathogénie des œdèmes nerveux, la lésion cérébrale joue le principal rôle et suffit, à elle seule, à produire l’infiltration. Dans ce cas, le système nerveux règle non seulement le calibre des capillaires et l’activité de la cireulation sanguine, mais il exerce sur les cellules endothéliales des capillaires, sur les cellules nobles des organes, une action véritablement trophique. Les troubles de l’influx nerveux retentissent à la fois sur la perméabilité des cellales filtrantes et sur l’équilibre moléculaire des tissus, et l’œdème nerveux n’est pas seulement un œdème vaso-moteur ; c’est ‘encore un ædème trophique. C’est ce qu’enseignait déjà Vulpian, dans ses leçons de l’appareil vaso-moteur. i 4,

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