Leichtonstcrn, cité par Lépine, loc. cil
chez les malades qui sont entourés des soins les plus empressés (Trousseau).
On a cru alors que la néphrite, faisant partie intégrante de la maladie, était due à une sorte d'énanthème, à la répercussion de l'exanthème sur les épithéliums du rein. L'apparition tardive de la néphrite enlève toute valeur à cette opinion (Labadie-Lagrave).
D'autres ont mis en cause la fluxion collatérale sur les reins, déterminée par les altérations de la peau recouverte d'épiderme desquamé. Mais Fiirbringer a fait observer avec raison que, dans les dermatoses, quand on constate l'existence d'une néphrite, ce n'est pas pendant la desquamation, mais au moment de l'éruption et quand celle-ci est à son summum. On a voulu aussi comparer la néphrite de la scarlatine à celle qui survient quelquefois dans les brûlures étendues des téguments; mais, suivant la remarque de Bartels, dans les brûlures, la néphrite est un phénomène du début, tandis que, au contraire, la néphrite scarlatineuse apparaît le plus souvent au déclin de la maladie ^
Litten s'approche plus de la vérité, quand il dit que les lésions épithéliales pourraient s'expliquer par des lésions vasculaires, am^-nant une nécrose de coagulation, ou par V élimination d'une substance nocive par les reins.
C'est en effet dans l'infection elle-même qu'il faut chercher la pathogénie de la néphrite scarlatineuse, Mais, là encore, plusieurs interprétations ont été mises en avant. Todd* pensait déjà que la néphrite pouvait être due à un arrêt d'élimination du poison de la scarlatine à travers la peau «t au passage de ce poison par les reins. Suivant Leichten-
I. Labadie-Lagrave, Art. cité, p. 756-757, 3. Todd, Loc. sup. cit., p. 1G2.
[PATllOGÉNIE DES NÉPHIUTES. 37
stern, c'est aussi le poison morbide, situé dans la peau pendant l'éruption, qui est résorbé par les lymphatiques et qui, se portant sur les reins, provoque la néphrite. Fûrbringer admet la même explication, mais pense, de plus, que ce poison doit subir une modification analogue à celle que subit le virus syphylitique en passant d'une période à l'autre de la maladie.
Pour Fûrbringer, d'ailleurs, ce poison est un ferment soluble. Est-il possible d'admettre cette opinion? J'ai eu l'occasion, en 1881, d'observer à l'hôpital Cochin un cas de scarlatine maligne, à forme comateuse, rapidement terminée par la mort. Pendant la vie j'avais pu constater la présence de micrococcus dans le sang et dans l'urine, qui renfermait déplus une grande quantité d'albumine rétractile. J'avais vu aussi dans le sang des leucocytes très volumineux, de 0'°",012 à 0°"',014, remplis de granulations brillantes resspmblant aux micrococcus libres du sang et de l'urine. Or, après l'autopsie, l'examen microscopique du rein, traité par l'acide osmique,me permit de reconnaître, outre les lésions glomérulaires et interstitielles classiques, des altérations épithéliales de la plus grande importance. Les cellules de revêtement des tubes contournés étaient tuméfiées, troubles, à bords mal déUmités, remplies de granulations protéiques et graisseuses, colorées en noir par l'acide osmique. Ces cellules, desquamées par places, obstruaient la lumière des tubes. D'autres tubes renfermaient des boules ou des cylindres de matière grenue ou de substance colloïde. Un certain nombre de capsules glomérulaires étaient remplies par un exsudât hyalin, probablement de même nature que les cylindres colloïdes des tubes urinifères.
On voit que ces lésions sont celles des néphrites infec-
lieuses, et la constatation des microbes dans le sang et dans l'urine vient démontrer que c'est bien aux agents figurés eux-mêmes qu'il faut attribuer la néphrite scarlatineuse.
L'hypothèse de Fiirbringer relative à un iërment soluble n'est pas admissible; la néphrite scarlatineuse est bien une néphrite infectieuse, dans la production de laquelle le rôle pathogénique appartient aux micro-organismes.
Rougeole. — En dehors de l'albuminurie transitoire (Parkes, Brown, Gubler), on a signalé exceptionnellement dans la rougeole une albuminurie tardive persistante, survenant particulièrement dans la convalescence (Rilliet et Barthez, Kassowitz (de Vienne*), L. Monod, Wagner) et liée vraisemblablement à une néphrite, car quelques sujets ont succombé à la suite d'accidents convulsifs et dans le coma urémique. Dans un cas de Wagner, l'examen histologique montra la tuméfaction trouble et la dégénérescence graisseuse des épithéliums du rein. Cette observation vient à l'appui de l'opinion de M. leprofesseur Bouchard qui, d'après la constatation des microbes dans le sang et dans l'urine, admet la nature infectieuse de la néphrite delà rougeole.
Henoch a signalé récemment une néphrite analogue dans la varicelle.
L'existence d'une néphrite infectieuse semblable, avec les mêmes caractères cliniques et anatomiques et la même pathogénie, a été constatée dans Vérysipèle (Bouchard, Hiller, cité par Lépine), dans V ostéomyélite- (Bouchard, Babès), dans la septicémie de Charrin \ dans la fièvre puerpérale.