‹ Pathogénie des néphritesChapitre 23 sur 58 · Voy. la Thèse d'agrégation do M. Cornil · texte numérisé non relu

Voy. la Thèse d'agrégation do M. Cornil

PATIIOGÉNIE DES NiilPllRITES. 59

déterminée par la cantharidine apportée par le courant •sanguin. Une expérience de M. Galippe' semble, en effet, avoir bien montré la présence de la cantharidine dans le sang. Après avoir intoxiqué un chien avec la cantharide, M. Galippe a fait communiquer les vaisseaux de l'animal avec ceux d'un second chien, qui, lui-même, présenta bientôt les symptômes caractéristiques de l'empoisonnement, et notamment la dysurie. Comment se fait-il alors que la cantharide, qui agit si énergiquement sur le rein, ne produise pas de lésions de la membrane interne des vaisseaux? Oji a essayé d'expliquer cette innocuité par la combinaison de la cantharide avec les alcalis du sang (Morel-Lavallée, Martin-Damourette) ; on pensait que cette combinaison sahne était détruite par les acides de l'urine, avec mise en liberté delà cantharidine : d'où l'action spéciale de la cantharide sur le rein. Mais on sait aujourd'hui que les cantharidates alcalins sont presque aussi irritants que la cantharide elle-même. On a invoqué aussi, comme explication des accidents rénaux, la concentration de la cantharidine dans la sécrétion urinaire, alors que cette substance est, au contraire, relativement très diluée dans la masse sanguine. Enfin Gubler pensait que l'albumine du sang, combinée à la cantharidine, la rend inoffensive, de sorte que la puissance de celle-ci, demeurée latente tant que le principe toxique circule dans le sang, ne se manifeste que dans le rein, où la cantharidine, sécrétée par la glande, retrouve dans un liquide non albumineux toute son activité \

Quoi qu'il en soit de ces explications, qui ne sont, à vrai dire, que des hypothèses, la cantharide, éliminée par le

1. Compte rendu de la Société de biologie, 1875, t. II, 6° série, p. 5.

2. Gubler, Art. Albuminukie du Dict. encijclop., t. II, p. 501.

rein, porte son action sur les éléments sécréteurs. Les expériences de M. Browicz', de. M. Cornil', de M. Aufrecht', de M. Germont% peuvent nous éclairer sur ce point.

Browicz a vu que, sous l'influence de l'intoxication cantharidienne, le rein présentait des lésions analogues à celles de la néphrite parenchymateuse : la congestion du paquet glomérulaire, la production d'un exsudât hyalin dans la cavité du gloraérule, la présence, dans les canalicules, de la même substance hyaline sous forme de cylindres, la tuméfaction trouble des épithéliums des tubes contournés; Browicz ne signale aucune lésion interstitielle, si ce n'est la présence dequelques leucocytesdanslatrameintertubulaire.

D'après les recherches de M. Cornil, les lésions initiales de la néphrite cantharidienne, provoquée par un empoisonnement suraigu, chez le lapin, sont limitées auxglomérules; €6 fait n'a rien que de très naturel, puisque c'est par le glomérule que s'opère la filtration urinaire. Les cellules endothéliales du glomérule sont tuméfiées et décollées par places; la cavité glomérulaire est pleine de liquide formé par la sortie en nature du sérum sanguin, et de leucocytes. Bientôt après, les cellules des tubes contournés se tuméfient également et deviennent granuleuses. Puis les lésions s'étendent aux tubes de Henle et aux tubes collecteurs, dont les cellules prolifèrent, au point de remplir toute la lumière des tubes. En somme, dans cette intoxication suraiguë, l'inflammation s'étend peu à peu des glomérules aux voies

1. Browicz, Centralblalt f'àr die med. Wissench., 1879 (Recherches expérimentales sur l'Histologie des néplii-iles aiguës.)

2. Cornil, Journal de VAnatomie, 1880, p. 566 {Action toxique de la cantharidine).

3. Aufrecht, Schrumfniere durch Cantharidin-lnjectionen, in Cenlralblatl, 1882, n'il.

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