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Cornil et Brault, loc. cit., p

PATHOGÉNIE DES NEPHKITES. 03

grosses granulations graisseuses. Les cylindres qu'on trouve dans les urines sont presque entièrement formés de molécules graisseuses. L'endothélium des capillaires glomérulaires et intertubulaires ne tarde pas à être atteint lui-même ; il subit la dégénérescence granulo-graisseuse, et peut alors laisser exsuder le sérum sanguin, qui se montre dans les tubes sous forme de coagulum noirâtre.

D'après MM. Cornil et Brault^, les lésions rénales de l'empoisonnement par l'arsenic sont plus lentes à se produire, plus irrégulières ; mais elles sont semblables aux précédentes. Ces expérimentateurs ont empoisonné des cobayes par l'acide arsénieux (à la dose quotidienne de cinq centigrammes, pendant plusieurs jours de suite); ils ont observé une dégénérescence graisseuse limitée à quelquesuns des tubes urinifères, tandis que d'autres restaient sains^

Cependant, les lésions du rein dans l'intoxication arsenicale paraissent être parfois de nature différente. Avec l'aide de M. Armand Siredey, j'ai fait absorber à un cobaye, en une seule dose, cinq centigrammes d'arsenic porphyrisé, parfaitement pur, mélangé aux aliments. L'animal est mort le jour même, trois heures après l'ingestion de la matière toxique. L'examen histologique du rein^, pratiqué par M. Siredey, nous permit de constater que les lésions présentaient la plus grande analogie avec les alté-

1. Cornil et Ikault, Journal d'anatomie de Robin, t. XVIH, janv-févr. 1882.

2. Voy. pvinnipalement sur les intoxications phospliorée et arsenicale, outre le travail do MM. Cornil et Brault, les ouvrages suivants :

Ranvier, Fritz et Verliac, Arcli. de médecine, 1863. Saikowsky, Arch. de Virchow, 1865, p. 73. SkolosubolT, Arch. de physiologie, 1875, p. 653. Binz et Schulz, Ceniralblalt, 1879, p. 17 etc.

3. Cet examen, comme celui de toutes les autres préparations, a porté sur des iiragments do rein, traités par l'acide osmique.

rations épilliéliales de la néphrite caiitharidienne. 11 est vrai que les glomérules étaient peu atteints, qu'ils étaient seulement congestionués et que leur cavité ne renfermait pas d'exsudat, mais on constatait dans les tubes contournés la tuméfaction trouble des cellules et leur état vacuolaire. Ontrouvait .de nombreuses boules protéiques, fibrineuses ou colloïdes, les unes libres au milieu des tubes, les autres confondues avec des cellules épithéliales tuméfiées et desquamées ou des leucocytes. Ces altérations se rencontraient sur presque tous les tubes contournés et sur les branches ascendantes de Henle. Les branches errêles étaient restées saines^ de môme que la plupart des tubes droits. Quelquesuns de ces derniers présentaient cependant déjà un commencement de desquamation. Dans le tissu interstitiel, il n'y avait pas d'autres lésions qu'une légère infiltration de leucocytes disséminés.

Ces lésions inflammatoires diffèrent notablement de la dégénérescence graisseuse simple, observée par MM. Cornil et Brault. On remarquera que, dans notre expérience, nous nous sommes servis d'arsenic, et d'arsenic chimiquement pur, tandis que MM. Cornil et Brault ont employé l'acide arsénieux. Il est évident que lô sujet nécessite de nouvelles, recherches.

Acides et alcalis. — Ces composés chimiques, caustiques, agissent surlesépithéliums du rein par irritation cellulaire suivie de nécrobiose (Litten) . Les symp tomes de ces néphrites . toxiques sont ceux d'une néphrite hémorrhagique avec • albumine, cylindres, globules blancs et rouges dans l'urine. . V acide sulfurique (Munck et Leyden, in Wirchow's Arch., . 1881, t. XXn p. 37 ; — Berlin, klin. Wochensc/i., 1864, . n" 49 et 50; — A7in. de la Charité de Berlin, 1881, t. VI,

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p ; — Litten, Berlin. Min. Wochensch., 1881 , n»' 42-46 ;

Bamberger, Wien. med. , Halle, 1 863 ; — W Signer, Krank-

heiten der Harnapparates, in Ziemssen's, p. 171), Y acide chlorhydrique, les vapeurs nitreuses eL snlfibreuses (Wagner, loc. cit., p. 171-172), Vacide nitrique (Wundeiiich) peuvent déterminer des néphrites de ce genre. M.Wagner cite un cas de vrai mal de Bright, consécutif à un empoisonnement par l'acide sulfurique.

M. le professeur Potain a rapporté un cas de néphrite à la suite d'un empoisonnement par r«mmom«(/Me. Un homme qui avait réussi à avaler une certaine quantité d'ammoniaque Hquide mourut empoisonné, et, à son autopsie, on trouva dans le rein les lésions de la néphrite parenchymateuse* .

L'intoxication par Vacide chromique et par les chromâtes* amène la nécrose de coagulation (Gergens et Kabierske,

i Die Chromniere, Thèse de Breslau, 1880; — Weigert ;

' R, Lépine; Bernasconi, Thèse de Lyon, 1884).

Dans l'empoisonnement par Vacide oxalique (Kobert et

i Kûssner, Virchow's Arch., 1879, t. LXXVIII, p. 209; — Frânkel, Zeitschr. fur Min. Med., 1881, t. II, p. 664; — Wagner, loc. cit., p. 171), l'urine renferme de l'albumine,

j des cylindres, des globules blancs et rouges et des cristaux d'acide oxalique. On trouve à l'autopsie des traînées d'oxa^ late de chaux et de magnésie dans les canalicules rénaux.

I J'ai essayé de produire expérimentalement une néphrite,

h chez le cobaye, par l'absorption de l'acide oxalique. Le

} 19 janvier à onze heures et demie du matin, j'ai injecte dans le rectum d'un cobaye pesant 430 grammes une solution

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