Viron, Thèse de Paris, 1885, p
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contenant 50 centigrammes d'acide oxalique ; l'animal a rejeté environ le tiers du liquide, et le reste paraît avoir été absorbé par l'intestin. Du 20 au 24 janvier, l'urine renferme de l'albumine. L'animal meurt le 24 janvier : à l'autopsie, je trouve les reins congestionnés, aucune autre altération viscérale appréciable à l'œil nu, et notamment pas de lésions de l'intestin. Sur des coupes de fragments du rein, traités par l'acide osmique, on voit des altérations épithéliales profondes. Les cellules des tubes contournés sont granuleuses, en partie désagrégées; la cavité des tubes renferme des masses granuleuses ou d'aspect colloïde. Les vaisseaux intertubulaires sont distendus par le sang, et on trouve, dans l'intervalle des tubes, des globules rouges extravasés.
Diurétiques et balsamiques. — Les diurétiques et les balsamiques, qui exercent une action spéciale sur la sécrétion urinaire, peuvent aussi provoquer des néphrites aiguës. La scille, la térébenthine, la copahu, d'après Wagner, peuvent produire une néphrite passagère. Reinhardt [Charité Ann., I, p. 229) cite un cas de néphrite mortelle et un autre d'albuminurie persistante, à la suite de l'administration du copahu. Todd soupçonnait déjà que la térébenthine pouvait amener une irritation des reins*. Osborne accusait les diurétiques d'être une des causes du mal de Bright^
J'ai cherché si véritablement l'absorption des balsamiques et leur élimination par le rein pouvaient produire une néphrite, et, dans cette expérience, j'ai employé Vessence de santal. Le 20 janvier, à onze heures du matin, j'ai injecté
1. Todd, Clinical Lectures on certain Diseases of the urinarij Organ, London 1857, p. 25, obs. V.
2. Cité par Frcrichs, Die Brightiche Nierenkranklieit, 1851, p. 157.
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avec une sonde dans l'œsophage d'un cobaye, pesant 495 grammes, 0°'",50 d'essence de santal, émulsionnée avec de la gomme. L'absorption de cette substance détermine d'aborddelapolyurie ; le lendemain, l'urine des vingt-quatre heures, rendue en beaucoup plus grande abondance que d'ordinaire, répand une odeur caractéristique de santal ; elle renferme une petite quantité d'albumine. L'animal meurt dans la journée du 22 janvier. A l'autopsie, on trouve les reins très congestionnés; mais l'examen microscopique esta peu près négatif ; l'épithélium des canaliculesn'est pas notablement altéré. De sorte que, dans ce cas au moins, il paraît y avoir eu polyurie et albuminurie, sans lésion rénale appréciable. Cette expérience aurait besoin d'être répétée plusieurs fois.
Parmi \es autres produits végétaux, ]'dX expérimenté, avec M. Siredey, V essence de citron et la colombine (alcaloïde du Colombo).
L'injection sous-cutanée, à un cobaye, de un centimètre cube d'essence de citron, fait mourir l'animal en deux jours ; mais, à l'examen microscopique des reins, on ne • trouve aucune lésion épithéliale ou interstitielle. Il est bien évident, d'ailleurs, qu'on ne peut tirer aucune conclusioii d'un seul cas; mais ce cas négatif prouve au moins que la néphrite n'est pas constante à la suite de l'absorption de certames substances toxiques.
Chez des poules intoxiquées avec la colombine, à la dose deO% 10 (expériences de MM. A. Siredey et Roux), on a trouvé, comme unique lésion rénale, une abondante infiltration de leucocytes dans le tissu intertubulaire. Ces poules étaient mortes avec les symptômes de l'ictère grave.
On sait bien peu de chose sur la pathogénie des néphrites produites par l'acide salicylique et les salicylates (Lurman et Millier, Berl. klin. Wochensck,iS7Q, p. 477, — 1877. p. 29), par le chlorure de potassium (Wagner), par l'acide phénique (Lucke, Wagner, Edwards), par l'iodoforme (Henry, Deiistch. med. Wochensch., 1881, n° 34; — Hampeln, Zeitch. fur klin. Medic, Bd. 10, Heft 4, p. 389) par l'alcool amylique, etc.
L'iode, d'après les expériences de Masius sur des chiens ^Thèse de Breslau, 1882), donne surtout de l'hémoglobinurie. L'alcool, d'après ïe même expérimentateur, produirait, chez le chien, de petits foyers d'inflammation insterstitielle dans le rein. On sait que, chez l'homme, l'alcoolisme peut donner naissance à une néphrite diffuse subaiguë ^
J'ai expérimenté la/i^c/wme, avecle concours de M. A. Siredey. Une injection hyperdermique de 2 centimètres cubes d'une solution alcoolique saturée de fuchsine fait mourir un cobaye en douze heures environ. Sur les coupes du rein, on trouve des lésions épithéliales des tubes contournés, caractérisées par un commencement d'altération vacuolaire. Les glomérules et le tissu interstitiel sont intacts. Sur aucun point de la préparation, on ne constate de cellules colorées par la fuchsine.
Les médicaments appliqués sur la peau, peuvent provoquer une néphrite; mais, dans la pathogénie de ces néphrites, il est difficile souvent de faire la part de l'absorption du toxique et de l'irritation cutanée. Les apphcations de goudron, de styrax, de baume du Pérou, de pétrole, de naphthol, etc., ont été incriminées. D'après Virchow-, les