Lépine. Additions à Barlels, p
92 PATHOGÉNIE DIÎS NÉPHRITES.
boissons frelatées*. Si les matières toxiques, ingérées de la sorte, ne sont pas assez abondantes pour produire l'empoisonnement proprement dit, elles le sont assez pour vicier néanmoins la composition du sang. Ce poison à doses minimes est éliminé incessamment par le rein; il n'est pas invraisemblable de supposer que cette élimination peut à la longue irriter les éléments de l'organe, et que la persistance indéfinie de la même altération du plasma sanguin peut provoquer une néphrite chronique, comparable, au point de vue pathogénique, aux véritables néphrite? toxiques; avec cette différence cependant que, ici, le processus anatomique est silencieux et latent, comme la cause qui lui donne naissance. C'est peut-être de celte façon qu'agit l'alcool, et la stéatose ou les autres lésions qu'il provoque sont sans doute imputables à la falsification de l'alcool, aussi bien qu'à l'alcool lui-même.
Il n'est même pas besoin de chercher en dehors de notre organisme les causes d'une intoxication journalière. Sans parler des ptomaïnes, produites par les fermentations du tube digestif, et dont j'ai déjà signalé l'action possible sur le rein, à propos des néphriles toxiques, les récents travaux de M. le professeur A. Gautier'-^ nous ont appris que la cellule animale vivante pouvait donner naissance à des alcaloïdes toxiques, analogues aux ptomaïnes de la putréfaction, et auxquels il a donné le nom de leucomaïnes. Or, ces leucomaïnes sont des poisons comme les autres; nous ne connaissons pas les circonstances qui favorisent leur genèse, les états parlicuhers de l'organisme dans les-