Théorie tendineuse ou vagino-tendineuse
: Nous savons déjà que Notta avait eu recours accidentellement à l'hypothèse de Paugmentation de volume du tendon par dépôt'ancien et dur de fausses membranes à sa surface, pour expliquer deux cas de doigt à ressort du pouce (voir obs. If): c'était ouvrir une voie qui devait être féconde en résultats.
Cette théorie, en effet, créée presque de toute pièce par Menzel (1874), modifiée et mise au point par notre excellent. maître, M. Blum ([1882),-et Marcano (1884), fut le point de départ d'expériences très intéressantes, et adoptée presque universellement jusqu'en 1889. Nous verrons même par la suite de ce travail, qu'elle est très satisfaisante pour l'esprit, ét qu'avec quelques modifications indispensables, elle est la seule qui soit acceptable et conforme à la réalité.
. Mais exposons-la d’abord avec toutes les variantes, que lui firent subir ses principaux défenseurs, et les arguments nus en avant par ces auteurs.
Nous avons vu plus haut que pour Notta, elle peut se résumer en deux mots : la nodosité n’est qu'un dépôt ancien et dur de fausses membranes épaisses à la surface du tendon; Pobstacle est formé par une bride fibreuse située en avant de Parüculation métocarpo-phalangienne du pouce.
Hvyrtl, déjà dans son traité d'anatomie topographique, avait émis l’idée que le phénomène du ressort était dû «€ à un épaississement circonscrit d’un point quelconque du tendon fléchis-
seur avec rétrécissement concomitant de la gaine ».
Mais c’est Menzel à qui revient l’incontestable mérite d’avoir essayé par des expériences variées d’étayer cette théorie sur une base scientifique. Ces expériences, consignées dans un mémoire paru dans le Centralblait für Chirurgie, 1884, p. 327, se divisent en deux séries.
Dans la première série, il simulait la nodosité en entourant le tendon fléchisseur d’une ficelle, et le rétrécissement de la gaine en encerelant le doigt en un point quelconque de son étendue par un lien constricteur. Dans la seconde série d’expériences, le tendon était toujours muni d’une ficelle, et Menzel se contentait d’exciser une petite portion de la gaine de manière à constituer ainsi deux rebords artificiels. Dans les deux cas, l’auteur réalisait toujours facilement le phénomène du ressort, mais il eut le grand tort de s’en tenir là, et d’en tirer trop vite les conclusions suivantes :
1° Le doigt à ressort est presque toujours déterminé par une affection des gaines tendineuses. L’observateur à cependant toujours l'impression que le mouvement anormal se passe dans une articulation. « |
2° Il faut, pour produire le doigt à ressort, la réunion des deux conditions suivantes : une tumeur tendineuse circonscrite et un rétrécissement de la gaine. L'une de ces conditions seule est insuffisante. |
3° Une solution de continuité de la gaine correspondant au champ d'évolution de la tumeur tendineuse amène également le ressort.
4° Des corps flottants libres ne déterminent pas le doigt à ressort, alors même que la gaine est rétrécie; il faut
nécessairement que le corpuseule soit entièrement uni au