‹ Pathogénie et Traitement du Doigt à RessortChapitre 14 sur 31 · PAT ER · texte numérisé non relu

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Il s'agissait en effet, dans ce cas, d’un fibrome du volume d’un petit haricot, développé « aux dépens de la partie externe de la gaine » qu'il avait refoulée et envahie jusqu’à comprimer le tendon fléchisseur. La tumeur enlevée, le phénomène du ressort disparut pour ne plus reparaïitre.

C'étaient des fongosités synoviales, situées dans la gaine en dehors du tendon qui, dans le deuxième cas de Stcherbatchef (v. obs. XXIIT) diminuait le calibre de la gaine. M. Blum les enlève, le ressort disparaît et ne s’est pas reproduit depuis, au moins pendant deux ans. ; :

Enfin, dans le cas qui fait le sujet de notre observation, nous n'avons pas trouvé de lésion apparente ni en dedans ni en dehors. Pourtant le rebord central de la gaine enserrait fortement le tendon qui passait à frottement; la gaine était manifestement trop étroite, c'est pourquoi nous avons employé le mot d’altération interstitielle. Le débridement de la gaine suivi d’une guérison rapide se chargea du reste de

démontrer la réalité de l'obstacle apporté au mouvement du tendon. !

Le seul rétrécissement de la gaine suflit done à déterminer le phénomène du ressort, le fait est incontestable ; mais par quel mécanisme ? Prenez une aiguille garnie d’un fil trop gros relativement à la grandeur du chas, et tirez sur le fil; vous voyez alors se former peu à peu un épaississement du fil en arrière du chas. Pourquoi les tendons fléchisseurs ne. pourraient-ils pas subir une altération analogue pendant les mouvements de flexion et d'extension, qué ce soit la partie char-

nue qui tire sur le tendon ou que ce soit le doigt actionné par

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les extenseurs ? Le tendon étant chose très résistante, on conçoit que, sous l'influence d’une contraction plus énergique des muscles fléchisseurs ou extenseurs, suivant les cas, cette partie hypertrophiée passagèrement, puisse forcer l’orifice de la gaine, et disparaître ensuite sans laisser de trace appréciable.

- Autre particularité clinique cheznotre malade, obs. XXVII, si l’on maintenait les autres doigts dans l'extension, si l’on

tendait par conséquent le ligament transverse inférieur du carpe, le patient ne pouvaitacheverlemouvement de flexion avec

le seul doigt malade, ni déterminer le mouvement de ressort, Il faut croire que, dans ce cas, la pression produite par le ligament transverse tendu sur les tendons fléchisseurs, ajouté au rétrécissement de la gaine, suffisait à triompher de leur puissance contractile.

Il est fort possible que, dans les trois observations négatives de Quénu et de Carlier, il se fût agi aussi d’une cause interstitielle, d’un rétrécissement de la gaine. Malheureusement ces observations sont muettes à cet égard.

On conçoit néanmoins que, dans ces conditions, elles per= dent beaucoup de leur importance.

Arrivons maintenant aux six cas de nodosité ou du moins d'augmentation de volume du tendon bien constatée. Ici encore, si l’effet est le même, la cause est différente.

Dans le cas de Leisrinck (observ. XXI), le premier en date, c’est un repli du tendon fléchisseur profond, qui semble trop long, repli dont les deux parties ont fini par s’accoler et former ainsi une petite tumeur tendineuse, L’excision est suivie de la disparition définitive du ressort.

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Le cas de Carlier (observ. XXII) a rapport à un fibrome pédiculé du fléchisseur profond : excision, disparition du phénomène de ressort. :

Celui de Sick (observ. XX VII) est plus curieux encore : ici c’est le pelotonnement du bout périphérique du chef cubital du fléchisseur sublime sectionné qui forme tumeur. Intervention : on déroule ce tendon, on le suture; le ressort disparait. Enfin nous voyons trois cas authentiques (observ. XXIV, XXV, XX VI) d’épaississement simple du tendon, de nodosité vraie analogue: à celles décrites dans l'épaisseur du tendon d'Achille par Kirmisson et Blum. Excision partielle dans un cas, débridement de la gaine seulement dans les deux autres, tout ressort a disparu. La guérison est complète et se

maintient à l’heure actuelle depuis déjà plus de deux ans. Les

mouvements du doigt opéré sont libres, non douloureux et

n’ont plus jamais présenté de phénomène de ressort. On ne peut guère souhaiter d'observations plus concluantes et plus en faveur des expériences de Blum et Marcano, sur le mouvement deressort par hypertrophie tendineuse sans rétrécissement concomitant de la gaine.

Nous n’avons plus maintenant à redouter l'argument de Carlier, à savoir l’extrême rareté des tumeurs tendineuses et il reste fort à penser que, plus les interventions pour doigts à ressort se multiplieront, plus les exemples en deviendront fréquents; ce sera du mênte coup une nouvelle phase pour l’étude de la pathologie tendineuse.

Quant à la nature intime des lésions du doigt à ressort et

de la nodosité tendineuse en particulier, elle n’est point encore

nettement établie; il reste à l’histologie de trancher le débat à la faveur d’autres opérations.

Il se tire pourtant une conclusion bien nette de toutes ces , observations : c'est que les altérations vagino-tendineuses, suffisantes pour déterminer le phénomène du ressort, sont essentiellement variées; depuis la nodosité vraie jusqu’à la petite pelote par enroulement d’un tendon coupé, sans compter les replis du tendon, les tumeurs fibreuses du même tendon et les rétrécissements variés de la gaine avec ou sans tumeur de cette gaine.

Le siège de la lésion peut ainsi être varié : nous n’en voulons pour preuve que l'observation de Lannelongue et de Carlier, où la tumeur siégeait dans le premier cas au-dessus, dans le troisième cas, au-dessous du pli interphalangien supérieur; que celle de Leisrink où elle siégeait à l'union des deux chefs du fléchisseur superficiel, enfin que le cas de M. Blum et les notres propres où elle existait au lieu d'élection, très près du rebord central de la gaine tendineuse. C’est encore la confirmation précise des belles expériences de Blum et Marcano.

Comment envisagerons-nous maintenant la pathogénie du doigt à ressort? Elle nous paraît simple et claire à établir et tenir tout entière en ces quelques mots : tout rétrécissement de la gaine tendineuse, et de cause quelconque, toute tumeur de la synoviale ou du tendon, placée à distance convenable d’un rebord de la gaîne normale ou anormale peut produire

le phénomène du doigt à ressort.

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