‹ Pathogénie et Traitement du Doigt à RessortChapitre 15 sur 31 · A AS · texte numérisé non relu

A AS

” Le traitement du doigt à ressort est des plus faciles, et donne des résultats très satisfaisants.

On doit l’envisager à deux périodes différentes. Au début, on se contentera de ce que l’on est convenu en thérapeutique chirurgicale d'appeler les moyens doux : nous avons nommé le repos et la révulsion, les frictions, le massage, et même l'électricité ; dans quelques cas les bains de mains ont donné de bons résultats; on pourra donc aussi les essayer, soit seuls, soit combinés au massage.

Les cas d'amélioration, et même de guérison durable, avec disparition de la nodosité, par l’un quelconque de ces procédés, ou mieux par leur association bien comprise, sont assez nombreux pour que l’on soit autorisé, pour que l’on doive même y avoir recours pendant un temps suflisamment loñg, avant de prendre le bistouri. Guériront ainsi en effet, sans trop de difficulté, nombre de cas moyens, avec gêne fonctionnelle, douleur et ressort peu marqués ; beaucoup de cas plus sérieux bénéficieront aussi de cette thérapeutique anodine souvent dans d’assez larges proportions pour que le patient se contente de cette amélioration. et préfère le statu quo : conserver encore même longtemps son infirmité plutôt que de courir les risques, si légers soient-ils, d’une intervention essentiellement bénigne.

On voit donc qu’en définitive dans la classe aisée, chez les

A IRC ER gens qui peuvent se soigner et se contenter quelque temps d’une main malhabile, la période chirurgicale fera défaut le plus souvent: l'intervention ne serait justifiée que dans une affection particulièrement rebelle et douloureuse, et chez un malade peu endurant.

Dans la elasse ouvrière, on aura beaucoup plus souvent. au contraire la main forcée: le malade aura hâte de guérir, paree que pour lui l'intégrité parfaite des mouvements de ses doigts est d’une importance capitale, et qu'il ne peut faire les frais d’un long traitement. C'était le cas de nos opérés, et le résultat nous a donné pleine satisfaction.

Quant à l'intervention, rien de plus simple, de plus facile, de moins dangereux : elle est à la portée du plus timide des praticiens, à la seule condition expresse qu'il soit rigoureuses ment antiseptique. Cette dernière condition, banale à force d’être répétée, est en effet d’une telle importance, que nous ne craignons pas de la répéter encore ici.

Ainsi donc, nettoyage parfait à la brosse et au savon du champ ô6pératoire ; lavage à l’éther, et à la solution de sublimé au 1/1000 ou à la solution phéniquée forte. Asepsie parfaite des instruments et des mains de l'opérateur; et de son acide s'il en a un, car il n’est pas du tout nécessaire.

Anesthésie à la cocaïne : l’éther et le chloroforme sont : tout à fait inutiles; mais vu la susceptibilité particulière de certains malades, on peut être obligé d'y avoir recours.

L'opération proprement dite comprendra quatre temps :

1°" rEMps. — Jncision de la peau dans une étendue de

hote

3 à 4 centim., dont le milieu corresponde à la nodosité, et qui soit parallèle au tendon, puis mise à nu de la gaine et du

tendon.

2° rEMPs. — Æxploration du tendon de la gaine. — Pour ce faire, on mettra le doigt dans la flexion, et l’on fera exécuter au malade ou l’on exécutera soi-même des mouve-

ments de flexion et d'extension du doigt malade.

3° rEMPs. — Deux partis sont à choisir, selon les résultats de l'opération. Si l’on à trouvé une nodosité où une tumeur tendineuse que l’on ne puisse exciser sans réséquer le tendon ; si l’on n’a trouvé qu'une gaine rétrécie, serrant fortement ce même tendon, 1l faut se contenter de débrider dans l'étendue de 2 à 3 millim. le rebord central de la gaine. A-t-on lieu au contraire de supposer, d’après le toucher, une tumeur intratendineuse énueléable sans dégâts, ou une lésion mal définie, il faut fendre la gaine, exciser la tumeur, traiter selon le cas, la lésion trouvée (suture d’un tendon coupé, v. obs. XXXIIT), puis refermer la gaine. Si l'intervention était inefficace contre la lésion vagino-tendineuse, on pourrait quel-

quefois se trouver bien de laisser la gaine ouverte.

4° rEeMps. — Suture en masse aux crins de Florence de la peau et du tissu sous-cutané. Pas de drain.

Pansement sec à l’iodoforme ou au salol, légèrement compressif : il est mieux d'immobiliser pendant quelques jours le doigt opéré au moyen d’une gouttière plâtrée ou en gutta-

percha toute prête, et appliquée sur le pansement .

Au bout de huit jours on pourra enlever les fils et faire un petit pansement au collodion, et commencer prudemment les mouvements passifs, puis les mouvements actifs du doigt.

Tel est, à notre avis, le traitement rationnel du doigt à ressort: mais nous répéterons encore que le traitement chirurgical a ses indications bien posées, et que c’est plutôt un

traitement d'exception.

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