‹ Pathogénie et Traitement du Doigt à RessortChapitre 17 sur 31 · A "ER · texte numérisé non relu

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menté d'intensité. Le médecin qui lui donnait des soins à cette époque lui .appliqua des sangsues sur le dos de la main gauche, puis le long du bord externe du premier métacarpien et du pouce, à deux reprises différentes (40 sangsues en trois fois). Elle vint à la consultation de l'hôpital St-Louis, où on lui prescrivit. des cataplasmes sur les mains; elle en mit pendant six semaines, éprouva de l'amélioration; les mains désenflérent, mais la douleur sur le trajet de la gaine du fléchisseur des pouces persista. Cette douleur a toujours été en augmentant, et aujourd’hui la malade est dans l'impossibilité de’se servir de ses mains. Elle ne s’est point fait de piqüres, n'a jamais eu de panaris ni de mal aux mains avant le début de la maladie actuelle. Elle est domestique et son service est pénible; elle a néanmoins continué à le faire depuis le début de l'affection.

État actuel, — L'aspect des deux mains est normal : elles me présentent nirougeur, nituméfaction. Si on dit à la malade de fléchir le pouce gauche, elle le porte d’abord dans l’adduction, puis elle fait un effort très violent, une sorte de ressaut a lieu, la dernière phalange se fléchit brusquement sur

- la première : la malade dit alors que son doigt tombe. Si, pendant le mouvement, on applique le doigt sur la face palmaire du pouce, on à la sensation d'un ressaut, et au niveau du pli de l'articulation métacarpienne, on sent sur le tendon fléchisseur une petite nodosité qui semble passer sous une bride fibreuse. Ce passage, qui est très douloureux, et la résistance que la malade éprouve, ne lui permettent d'exécuter le mouvement de flexion qu'un très petif nombre de fois. Quand elle veut redresser la dernière phalange fléchie, le mouvément d'extension commence, bientôt il s'arrête brusquement, elle contracte alors énérgiquement l’extenseur du pouce, une sorte (le détente a lieu, un obstacle a été franchi, et l'extension s'achève : en même temps on a senti la nodosité dont j'ai parlé passer au-dessus de la bride

fibreuse, Sur tout le trajet de la face palmaire du pouce, il y a de la douleur

à la pression, mais celle-ci est beaucoup plus vive sur la nodosité au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne ; le reste de la gaine sur l'éminence thénar n'est pas douloureux à la pression. Pour le pouce droit, le même phénomène a liéu exactement de la même manière, seulement à un degré uu peu moindre; ainsi le temps d'arrêt est moins marqué, la nodosité moins volumineuse et la douleur à son niveau, dans les mouvements, moins vives ; néanmoins on sent très bien la nodosité exactement dans le même point

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qu’au pouce gauche, la pression détermine la même douleur que du côté opposé. | Tous les autres doigts de chaque main se fléchissent bien et sans douleur, les avant-bras ne sont pas douloureux. (Vésicatoire volant sur l'éminence thénar et sur la face palmaire de chaque pouce.)

Le 9 février. Même état. (Nouveaux vésicatoires volants.)

Le 18. Les vésicatoires n’ont amené aucun soulagement. La malade se décide à entrer à l'hôpital. On lui applique de nouveaux vésicatoires volants.

Le 28. Les vésicatoires sont secs. La malade n’a éprouvé aucune amélioration, la douleur a même augmenté dans les mouvements et elle ne peut plus fléchir ses pouces ; elle se plaint de souffrir dans l'épaule gauche lorsqu’elle fait des mouvements. (Julep avec 30 gouttes de teinture de colchique.)

Le 4 mars. Depuis hier, clle se plaint de souffrir davantage à la face palmaire des pouces : douleur très vive à la pression, au niveau de la nodosité. Par la même pression, on ne développe aucune douleur sur la face dorsale des pouces, les mouvements de flexion sont très douloureux et presque impossibles. (6 sangsues à la face palmaire de chaque pouce.)

Le 9. Même état. (Lotions laudanisées, cataplasmes.)

Le 16. Elle est à peu près dans le même état que lors de son’entrée, cependant les mouvements des pouces sont un peu plus difficiles. Elle quitte J’hôpital.

:O8s. III. — Doigt à ressort. Nodosités dans les gaines des tendons fléchisseurs | des doigts. (NÉLATON. In Gazette des hôpitaux, 17 mars 1855 et in Pathologie externe de Nélaton, 1859,t. V, p. 953.)

Mne X..., piqueuse, âgée de 45 ans, d'un tempérament lymphatique, jouissant d’une assez bonne santé, et mère de cinq enfants, entre le 6 mars à la Clinique pour se faire traiter d'une gène dans les mouvements des doigts de la main droite. Elle raconte qu'il y a huit ans elle s’est aperçue . pour la première fois que par moments les mouvements du doigt annulaire .de la main droite n'étaient pas complètement libres, mais elle n'y a pas fait attention. IT y à six semaines environ cette gène a augmenté, elle s'est étendue au pouce du même côté ; les mouvements de ce doigt étaient un peu douloureux. La malade consulta un médecin, qui, croyant à une affec-

tion rhumatismale, conseilla des moyens appropriés ; mais ceux-ci restèrent sans résultat, et le mal ayant fait des progrès, elle entra à l’hôpital des Cliniques, et on constata l’état suivant :

La main ne présente aucune altération appréciable à la vue, mais lorsque les doigts de la main droite sont fléchis, si la malade veut les étendre, le mouvement d'extension se fait bien et facilement pour tous les doigts, excepté pour l'annulaire et le pouce. Pour ces derniers, le mouvement d'extension commence d'abord à se faire jusqu'à un certain degré, puis s'arrête tout à coup; si la malade persiste à contracter les extenseurs, ou si avec l’autre main, ou avec le doigt voisin elle vient en aide au doigt malade, il se fait un mouvement brusque comme s’il y avait un ressort et comme si un obstacle venait d'être franchi ; l'extension devient alors complète. On observe le même phénomène pendant la flexion. Après un exercice un peu prolongé d’extension et de flexion, les mouvements brusques diminuent d'intensité et même disparaissent pour reparaître après un instant de repos.

L’exploration attentive de la main fait constater la présence d’un corps du volume d’un petit pois situé à la base de chacun de ces deux doigts, au niveau de Particulation métacarpo-phalangienne, et sur le trajet des tendons fléchisseurs.

Ces corps sont lisses et présentent la consistance d’un cartilage ; ils sont roulants sous le doigt qui les presse. Pendant les mouvements d'extension et de flexion, on sent ces corps s'arrêter brusquement ; puis, si l'effort continue, exécuter un mouvement brusque et rapide comme s'ils venaient de franchir un obstacle.

Ces corps paraissent siéger dans la gaine des fléchisseurs. Nous pensons qu'ils sont analogues aux corps flottants des articulations et le résultat d'une inflammation et d’un épaississement du tissu cellulaire sous-synovial, qui se rétrécit sur un point et s'isole. L'obstacle que ces corps rencontrent pendant les mouvements des doigts est constitué par les arcades fibreuses qui siègent sur la face palmaire des doigts. |

Traitement. — Vésicatoires. Eau-de-vie camphrée. Alcool. Ces moyens n'ayant amené ancune amélioration, Nélaton propose à la malade une opération, consistant dans l’incision sous-cutanée de l’arcade fibreuse palmaire, mais la malade refuse, préférant garder son infirmité.

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OBs. IV. — Pouce droit. Fatigue prafessionnelle. Traitée par des révulsifs. Guérison. — (Menzelt, Schnellender Finger, in Centralblatt für Chirurgie, 29 août 1874, p. 337.)

Marie F..., 42 ans, brodeuse, originaire de Trieste, a souffert l'hiver dernier de douleurs rhumatismales des extrémités inférieures. >

Il y a deux mois, en brodant, elle ressentit brusquement au niveau de l'articulation métacarpo-phalangiennne du pouce droit, une douleur telle qu'elle crut s’être piquée, et si violente que la malade se mit à crier. Un examen minutieux ne permit cependant pas de découvrir aucune trace de piqûre. À partir de ce jour la douleur ne rétrocéda plus. Jour et nuit cette sensation de piqûre persistait à un degré d’acuité variable. Quatorze jours après se développa le ressaut du pouce pendant la flexion, laquelle n'était pas toujours possible. |

État actuel. — La flexion de la dernière phalange du pouce s'exécute aisément jusqu'à un angle de 1500. Elle rencontre alors un obstacle, et si l’on veut augmenter le degré de flexion, soit passivement, soit activement, la derniére phalange du pouce s'échappe, se fléchit alors brusquement en produisant un bruit de craquement, et s'arrête à un angle de 90°, Si, le pouce une fois fléchi, on essaie de le redresser, on obtient le même phénomène de ressaut, le pouce se redresse partiellement et brusquement. Eà modalité du phénomène est toujours identique à elle-même, qu'on le produise par des mouvements soit actifs, soit passifs.

La malade, de même d’ailleurs que tous ceux qui l'avaient exaninée, plaçait le siège du ressaut et du craquement dans l'articulation interphalangienne; mais on ne découvre rien d'anormal à ce niveau : pas de tuméfaction et indolence absolue, même avec une forte pression. En revanche, on constate au niveau de l'articulation métacarpo-phälangienne l'existence d'un point extrêmement douloureux situé sur le trajet du tendon fléchisseur. On y trouve une nodosité allongée, dure, immobile, de la grosseur d'une lentille, et qui semble être la cause. des douleurs ressenties par la malade. On trouve au pouce gauche une nodosité semblable, siégeant exactement au même niveau, mais cette nodosité n’est pas douloureuse.

Le traitement à consisté en manuluves et badigeonnages iodés. Le

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